Les vœux, en janvier seulement?
Par Thierry Rocher

Thierry ROCHER renvoie la censure

Après avoir assisté aux vœux télévisuels de Macron le 31 décembre, 17 minutes d’émotion (facilement ) contenue, je savais que, sur la lancée, nous aurions droit à quelques grands moments de cérémonies inutiles mais incontournables. Le changement, cette année, avec ce nouveau président, c’est qu’il a décidé d’alléger considérablement ces rendez-vous d’une tradition d’un autre âge. On ne peut pas tout supprimer non plus puisqu’on me dit que le public attend ça. Pour en revenir aux vœux du 31, à la télé, j’ai appris qu’ils réunissent à chaque fois 10 millions de personnes, ce qui est amusant puisque personne ne regarde. Les bonnes intentions débitées pour les voeux, s’il y a quelque chose de rassurant, de quasi divin, avec la projection des désirs dans l’avenir, il y a aussi un peu de pathétique à penser que les auditeurs croient à ses fadaises.

Les semaines de janvier passent avec son lot de rendez-vous prout-prout (et certains finissent par se faire chier) sont finalement un bon galop d’entrainement pour d’autres événements. On vient d’avoir droit à l’indécent rassemblement de Davos où les décideurs viennent, chacun leur tour, présenter leurs cartes de vœux, en n’oubliant pas de garder une petite phrase pour le peuple qui ne risque pas d’être invité à s’aventurer dans le luxe de la station.  Là aussi, pour une dépense hallucinante, un rendez-vous qui ne sert à rien et qui donne bonne conscience à des dirigeants totalement déconnectés des préoccupations quotidiennes des neuf dixièmes de l’humanité.  Et comme le ridicule ne tue pas, on donne la parole au plus incompétent des présidents incompétents, Trump, qui vient donner une leçon d’économie; cette excellence économique qu’il maitrise grâce à ses multiples faillites et malversations. Vous en reprendrez bien une louche, ça se mange sans faim, c’est l’Amérique qui gagne !

J’avais un espoir, cette année, pour Davos, c’était la météo avec ces abondantes chutes de neige, et une avalanche salvatrice pour nous débarrasser de ces tristes pantins. Malheureusement, la clémence climatique a eu raison de mes espoirs.

Et les voeux, assimilables aux promesses qui n’engagent que ceux qui …etc ..nous permettent de donner un coup de projecteur sur un petit gars bien de chez nous, qui parle arabe et qui depuis longtemps est monté dans la Vierge du Puy en Velay, le fameux Laurent Wauquiez qui a dû oublier le théoricien, Patrick Buisson puisqu’il ne le cite plus. Il essaie de se faire une place au soleil dans un parti où l’on part plus vite qu’on arrive. Le pauvre n’arrive pas à être aimé et à devenir populaire, et pourtant, lui, c’est le roi des voeux, du grand écart aussi, ce qui, à ses yeux, doit être une qualité en politique. Je pense que son voeu le plus cher doit être de trouver une idée, une ligne qui le différencie des autres, et question sincérité, on trouvera le moyen de s’arranger et de se justifier.

Alors, après cet alignement de conneries et de cons manipulateurs, ou ce début d’alignement, parce qu’après janvier, rien ne s’arrêtera dans le processus, il était logique, que le prolo de base étant pris pour un con réagisse comme tel; et ce fut donc ce que j’appellerai: la réponse Nutella. Les émeutes pour des réductions sur des pots de Nutella sont assez réjouissantes sur l’état mental des populations et devraient donner des idées à des stratèges markétings de grandes marques, pas forcément alimentaires.

Je suis rassuré: la logique est respectée, on a raison de prendre les cons pour ce qu’ils sont.

Et pour en revenir aux voeux, une pensée pour les évoquer, grâce au célèbre philosophe Qi Shi Tsu (dont le nouveau livre « Les réponses de Qi Shi Tsu » arrive dans un mois), « les voeux sont souvent des voeux pieux, et pour les voeux pieux, il vaut mieux rester coucher. »

Par Thierry Rocher

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