L’extrême droite est en marche
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

On s’échine à convaincre que la politique est l’affaire de tous, qu’il ne faut pas voter pour celui qui vous caresse le mieux dans le sens de la démagogie, mais au final on se retrouve avec plus de 10 millions de personnes qui ont voté pour l’extrême droite au second tour des présidentielles.

Quand on parle de l’extrême droite à la Française, on a tous en tête la vision d’un franchouillard vêtu comme le Superdupont de Gotlib: Béret, charentaises, baguette, moustache, et drapeau tricolore jusque sur son slip. Cette caricature fut longtemps le reflet à peine exagéré de la première garde de Jean-Marie Le Pen. Sa fille, Marine, en préparant le changement de nom du FN après avoir lancé le Rassemblement Bleu Marine prend en compte deux changements dans la société: La mort du communisme et la mondialisation (sociale et financière) qui poussent les pays à devoir composer avec leurs voisins.

Cet état des lieux amène l’extrême droite à cibler deux nouveaux blocs: les souverainistes contre les cosmopolites. Pour elle, la distinction «gauche droite» est dépassée, et il faut rassembler tous ceux qui veulent que «la France reste la France». La différence entre «la France reste la France» et «la France aux Français», c’est de se servir de l’ouverture des frontières pour prendre sous son aile tous ceux qui haïssent l’Europe et les étrangers.

Si le fond ne change pas trop, les nuances sémantiques permettent de créer de nouveaux ponts servant à favoriser l’adhésion d’anciens «ennemis». Le FN ne souhaite plus avoir l’armée à nos frontières de peur qu’un barbare ne les franchisse mais pour empêcher Bruxelles d’être décisionnaire à notre place. Le FN n’est plus antisémite mais se bat pour qu’on laisse en paix tous les pays qui veulent la destruction d’Israël. Le FN n’est plus raciste mais lutte pour que les cultures étrangères ne viennent pas manger l’hostie des Français.

Cette nouvelle extrême droite se révèle derrière la détestation des Femen, du mariage pour tous, de la religion musulmane et non de l’islamisme, d’Israël via l’antisionisme, et du politiquement incorrect qui est la bannière hype des idées réactionnaires.

Alors c’est à nous d’être vigilants car Ils ont beau dire qu’ils connaissent la gauche et la droite dont les idées n’appartiennent qu’aux bobos ou aux notables, que les problématiques se jouent ailleurs, que les démocraties sont des dictatures masquées, qu’ils existent des gens qui gouvernent le monde en secret, qu’on ne nous dit pas tout, ou que les médias nous mentent… ils ne trompent que ceux qui veulent bien l’être.

L’enjeu idéologique de ces prochaines années est ici: le combat contre la nouvelle extrême droite. Cette extrême droite qui voit des complots partout et qui se sent intouchable. A nous de lui rentrer dans le lard sans faillir, parce que la résistance est joyeuse, le défit palpitant, et que nous devons retrouver la fierté d’être pour l’humanisme et le féminisme, contre la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, tout en luttant contre la religiosité d’où qu’elle vienne.

Le débat risque d’être usant, on va se faire de nombreux ennemis à dénicher la merde un peu partout, à fustiger les uns et les autres… mais sans cela, nous perdrons… et là, mes amis, nous allons regretter amèrement de ne pas avoir été de ceux qui savent que la bête peut aussi bien avoir sur le cou une croix gammée qu’un foulard Hermès, qu’elle peut aussi bien se vêtir d’un blouson de cuir que d’un jogging Nike.

L’extrême droite a le vent en poupe, à nous de ne pas être dupes des girouettes qui l’accompagnent.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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