L’indépendance dans l’arène espagnole
Par Thierry Rocher , le 29 septembre 2015

Thierry ROCHER renvoie la censure

La Catalogne votait dimanche 27 septembre pour entamer un processus d’indépendance ou non. On fait la différence entre le nombre de sièges et celui des voix mais à l’arrivée se trame l’aventure de l’indépendance même si notre petit Nicolas national est venu quelques jours plus prononcer des mots d’encouragement en espagnol (enfin, nous, Français, on a cru que c’était de l’espagnol !). Alors, deux camps s’affrontent sur place, et en dehors de l’Espagne, il y en a trois : les alarmistes du catastrophisme de l’indépendance, les Pour et ceux qui s’en foutent. Alors, même en faisant partie du camp de ceux qui s’en foutent, on peut tenter de constater quelques avantages et inconvénients de l’indépendance pour les pays voisins.

Il faut d’abord reconnaitre qu’avec une Catalogne indépendante, les habitants de Madrid ou de Valence pourront plus facilement aller à l’étranger. C’est toujours un avantage d’être dépaysé sans avoir besoin de longs déplacements. On le sait, nous Français, en allant en Corse !

Pour quelqu’un de Séville, savoir qu’on va dans un autre pays avec d’autres traditions et l’absence de corrida (puisque la Catalogne et les Canaries sont les deux régions à avoir banni ce folklore sanguinolent), ce sera un voyage insoupçonné.

Il faut regarder de plus près le poids économique des 7,5 millions de personnes qui y vivent avec les emblèmes qu’on connait. En premier lieu, le Barça, le club de Foot cher à Manuel Valls qui aime l’entreprise. Ce club, énorme outil commercial qui devrait désormais aligner facilement les titres de champion de Catalogne. Un championnat d’Espagne sans doute moins palpitant par la suite avec le Réal Madrid dans la même position qu’un PSG en France.

Par contre gros avantage pour les pays voisins, l’équipe national d’Espagne largement amputée sera plus facile à affronter, même pour l’équipe de France.

Avantage aussi pour les taureaux qui pourront s’installer sur le territoire en toute sécurité, protégé par une frontière capable de séparer les gens civilisés des autres.

Bien sûr, inconvénient pour se faire entendre à l’étranger. Dans le concert européen, la musique sera plus faible, mais bon, tout le monde n’est pas mélomane.

Inconvénient de devenir petit en se resserrant autour de son clocher, de ses traditions, de ceux qui se ressemblent.

Inconvénient de l’étroitesse d’esprit qui fait que le mélange est source de danger, avec des peurs au coin de la rue chassées par des certitudes qui rassurent.

Et la liberté dans tout ça ma bonne dame ? Elle est là, elle est ailleurs. Enfin, en gardant un peu d’optimisme dans le tumulte, on dirait plutôt que la libération est en marche.

Et pour terminer, une petite phrase, sous forme de question de mon philosophe préféré (et célèbre) Qi Shi Tsu qui disait : « Comment  avoir la faiblesse de croire qu’on est le plus fort ? »

 

Par Thierry Rocher

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