L’indignité de la droite
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

A la différence de la pomme de Newton, l’Homme arrive toujours à tomber plus bas. Ainsi, François Fillon, s’acharne depuis le 24 janvier à jouer au spéléologue de l’indécence. Peut-être pense-t-il que c’est la meilleure manière de trouver du pétrole alors qu’en prenant le temps de humer les environs, il s’apercevrait qu’il n’est pas prêt de ne plus sentir la merde.

Si au départ de cette affaire, nous pouvions nous amuser de ce coup de théâtre, à quelques semaines du premier tour les sourires se changent en grimace. Au final, le «tout pour ma gueule» qui émanait des emplois fictifs de la famille Fillon se change en un «après moi le déluge» envers l’ensemble de la classe politique. Sans parler de l’image médiocre qu’il donne de la politique française à l’international, son appel initial à un rassemblement contre la justice au Trocadéro est le point d’orgue d’une démarche de gourou amenant ses fidèles au suicide collectif.

En comparaison de Benoît Hamon qui martèle qu’il ne peut y avoir d’homme providentiel, Fillon agit comme s’il était le messie. C’est honteux et indigne. Certes, nous pouvons admettre que son équipe de campagne refuse un «plan B» mais quelles raisons empêchent Fillon, outre sa mégalomanie, de désigner un suppléant, un remplaçant?
Que des électeurs aient envie de voter pour un programme conservateur et réactionnaire qui nous présente l’austérité comme une fatalité, nous pouvons le comprendre mais il doit bien y avoir un homme ou une femme près de lui qui puisse mener cette campagne, non? Il devait bien penser à nommer un 1er Ministre ou avait-il le souhait de gouverner tout seul?

Le résultat de cette piteuse histoire, c’est de rendre inaudible la campagne présidentielle. Les candidats n’arrivent pas à se faire entendre, à exposer leurs idées, à tenter d’expliquer leur programme tout ça parce que MONSIEUR Fillon ne pense qu’à sa gueule. Le décompte du temps de parole est pollué par Fillon, il oblige à une campagne inégalitaire. Les candidats de gauche sont noyés par cette focalisation sur les affaires de Fillon, aussi est-il de plus en plus difficile de trouver du temps pour dégonfler la baudruche Macron et son programme thatchérien.

Au lieu de chercher en lui une once de hauteur, Fillon choisit de haranguer la foule, de mentir en annonçant qu’une place ne pouvant contenir plus de 50 000 personnes a, par magie, permis à 200 000 personnes de l’applaudir. Il invente l’annonce du suicide de sa femme à la télévision; il compare les juges à des assassins; il tombe dans le marasme des théories du complot… mais où s’arrêtera-t-il?

Les électeurs de droite pensaient avoir voté pour le fils spirituel de Philippe Séguin. On se retrouve avec la chèvre de Donald Trump.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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