L’information: bonne ou mauvaise ?
Par Thierry Rocher , le 5 février 2019

Thierry ROCHER renvoie la censure

La cause et l’effet? C’est toujours la même interrogation quand on regarde de près ou de loin, les informations livrées au poids, tous médias confondus. L’information répandue largement modifie-t-elle réellement des situations problématiques ou conflictuelles? Ou au contraire, devient-elle rapidement, par l’amplification des difficultés collectives, un frein à d’éventuelles solutions? Des faits marquants des derniers jours dans l’hexagone mettent ce dilemme sur la table.
Deux événements récents témoignent de cette prise de conscience, au sein d’une liste de sujets qui se renouvellent sans cesse. Les blessures graves des gilets jaunes modifient le prisme de l’appréciation d’un mouvement qui peine à trouver un second souffle. On détourne la tête des sujets qui pourraient faire consensus. Trop de gens vivent le consensus comme un échec. Ce n’est ni bien, ni mal, juste un constat. Pour être véhiculé largement, un sujet a besoin de spectaculaire comme si les questions majeures n’avaient qu’une durée de vie limitée. La gravité des atteintes physiques élimine les éventualités d’une violence à tiroirs qui pourrait être supprimée si les protagonistes changeaient leurs moyens d’action. La facilité entraîne la facilité et consciemment ou inconsciemment, la notion de martyr est le dénominateur commun d’individus en quête d’idéal, comme si celui-ci avait été effacé de leur quotidien depuis leur premier boulot.

Autre coup de projecteur et, finalement, même questionnement avec l’affaire des 800 kg de viande avariée venant de Pologne. Serait-ce une annonce rassurante ou inquiétante? On peut être rassuré par le contrôle qui a permis de mettre à jour cette grave anomalie et inquiet de penser que cette découverte doit cacher d’autres dérives identiques insoupçonnées. L’aspect anxiogène d’une info a ses deux versants opposés: un déclencheur pour éviter l’inacceptable et le refus de savoir pour évacuer le problème qui fâche. L’arbre qui cache la forêt est l’élément psychologique qui perdure dans l’esprit collectif. L’angoisse que suggère l’information met en relief le besoin de sécurité, la volonté de se rassurer en groupe, de développer la notion que l’injustice n’est pas inéluctable puisque celle-ci est avant tout humaine avant d’être naturelle. La quête de l’harmonie est-elle le fruit de l’information qui dérange ou simplement le refus d’une conscience collective qui n’apparaît que pour justifier un assemblage d’individualismes ?
Juste se dire: «je suis fort parce que je sais et J’attends des autres qu’ils me servent de rempart contre tout ce que je ne maîtrise pas.»
La crédibilité des fakes news est dans cette logique, celle d’aller dans le sens du plaisir que démontrent leurs conclusions.
Alors, dans un clin d’œil du soir, j’oserais juste cette réflexion basique: «je suis fort parce que je ne sais pas».

A bientôt avec Qi Shi Tsu et ses livres toujours disponibles: Les pensées de Qi Shi Tsu et Les réponses de Qi Shi Tsu (voir page Facebook de Qi Shi Tsu)

Par Thierry Rocher

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