Mailhot et Tautou
Par Chraz , le 4 juin 2013

CHRAZnique

Jacques MAILHOT

Bien qu’on ait presque le même âge, Jacques Mailhot est un peu mon parrain national, comme Catherine Jouglet est ma marraine régionale. En 1989, il m’a présenté à Martial Carré, le directeur du Caveau de la République, où j’ai pu jouer pendant quelques mois, partageant le plateau avec des monuments le talent que j’admirais, comme Anne-Marie Carrière, Edmond Meunier, Pierre Douglas, Jacques Ramade… et Laurent Ruquier, inconnu à l’époque, que Jacques avait aussi aidé à « monter à Paris ».

Outre la générosité, Jacques Mailhot a des talents de gestionnaire, de meneur d’équipe, et une qualité d’humour qui n’est pas donnée à tout le monde : la finesse. Il ne prend pas le spectateur pour un imbécile, lui laissant le soin de deviner la chute, qu’il ne fait que suggérer. Après avoir été pensionnaire du Théâtre de Dix heures, il fut l’un des piliers de la mythique « Oreille en coin » sur France Inter, où un invité d’honneur du nom de Giscard est arrivé avec son panier de produits d’Auvergne, sans doute en prévision de ce livre.

Jacques a animé et produit des tas d’émissions de télé, joué dans la Francophonie entière et est devenu en 1994 l’un des pensionnaires des « Grosses Têtes » de Philippe Bouvard, émission indéboulonnable de RTL. En 1995, il s’est offert le théâtre des Deux Anes, à Paris, où il ne cesse de remettre les chansonniers à la mode -j’attends d’ailleurs avec impatience qu’il me relooke-. Par contre, quand son voisin « Le bistrot du curé » a fermé en 2002, il n’a pas jugé bon de faire une offre de rachat.

Audrey TAUTOU

La légende prétend que si la famille Tautou a émigré de Beaumont à Montluçon, c’est parce que le père dentiste trouvait que les Puydômois avaient la dent trop dure. Grâce à des triomphes comme « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » et le « Da Vinci Code », la petite Audrey est aujourd’hui l’une des actrices françaises les plus célèbres et les plus riches, ce qui doit combler son papa et sa maman, actifs soutiens du très à droite maire de Montluçon Daniel Dugléry.

Comme la merveilleuse Carole Bouquet (dont la liaison avec Gérard Depardieu est un mystère plus profond encore que l’engouement de ce dernier pour la démocratie tchétchène, mais ce ne sont… pas nos oignons !), Catherine Deneuve, la botoxée Nicole Kidman ou le bientôt quinquagénaire Brad Pitt, elle est devenue l’ambassadrice de « Chanel N° 5 » qui n’aurait pas vu (ou senti) le jour sans Coco, une autre auvergnate célèbre. Est-ce parce qu’on a bien besoin de parfum pour mettre une grande claque sur les petites mauvaises odeurs de fric qui embaument le cinéma ?

Éclipsant l’image des endives cocaïnées qui se déhanchent sur les podiums, elle nous a montré en tout cas qu’on pouvait être mannequin sans avoir la tête aussi creuse qu’un flacon vide. Depuis qu’elle a été choisie pour présenter les cérémonies d’ouverture et de clôture du 66e Festival de Cannes, sa capacité à monter les marches de la gloire n’est plus discutable, et tant pis si ses parents ne goûtent pas la couleur du tapis qui les recouvre !

 par Chraz

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