Matignon, quel est ton nom ?
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Ok, on n’y revient plus, c’est désormais une affaire qui roule, Emmanuel Macron est Président, fin de la séance élective du chef. Alors ses réussites scolaires, sa femme, sa coupe de cheveux, ses costards à 450 balles ou ses véhémences langagières, on laisse tout ça derrière nous, il va s’occuper de la France éternelle, Une et Indivisible, et nous, nous allons nous occuper de nos petites affaires en commençant par voir comment on va être dirigé par le Premier Ministre, Pierre Louis.

Comment ça, il ne s’appelle pas Pierre Louis ? Ah ben merde, alors ! Marcel Paul, non plus ? Flûte de zut de crotte de bique, mais c’est quoi son blaze, à l’autre barbu, déjà ? Ce n’est pas Guy Georges, ni Émile Louis, ça m’aurait marqué – c’est dingue, cette proportion de psychopathes chez les personnes dont le nom de famille est aussi un prénom –, si c’était François Valéry, ça m’aurait fait marrer et avec Franck Michaël, il y aurait eu émeute de rombières dans les rues et je n’ai pas l’impression que ce soit arrivé. Mais c’est dingue, tout de même, de ne pas se souvenir du nom du Premier Ministre ! Je deviens chèvre, avec cette histoire. Pourtant, je sais plein de trucs sur lui, qu’il aime Muddy Waters et Bruce Springsteen, qu’il a été Rocardien avant d’être Juppéiste, qu’il pratique la boxe, qu’il a écrit deux polars de plutôt bonne qualité et qu’il s’y connait en architecture. Mais alors son patronyme, désolé, macache.

Alors, certes, à ma décharge, il a la présence d’un porte-manteau en pin des Landes de la Foir’fouille de Forbach et le charisme d’un plat de brocolis tièdes de chez Flunch©, mais qu’importe, je dois être capable de retenir son nom. Tiens, par exemple, je me rappelle de celui de Matthias Fekl, le mec qui a remplacé Cazenave place Beauvau quand le ministre de l’intérieur a hérité de Matignon. Fekl, le type le plus insignifiant de la planète, à côté de lui, Frédéric François déborde de magnétisme animal et Tex a du talent, bref, l’archétype du négligeable. Et ben, malgré tout ça, je me rappelle de son nom. Mais pas celui du gars qui a posé ses santiags dans le bureau principal de Matignon.

Et ne t’y trompe pas, lecteur sourcilleux, je ne me moque pas de toi, je ne fais pas le malin, enfin, pas plus qu’à l’habitude, mais je n’imprime vraiment pas la dénomination administrative du premier ministre. Tiens, tu sais quoi ? Je viens d’aller vérifier. Sur Wikipédia. Voilà, c’est réglé, normalement.

Ben non ! C’est complètement délirant, je veux bien l’admettre, mais à peine la page web fermée, paf !, j’oublie le nom aussi sec. C’est ballot, comme truc, non ? Moi qui ramène ma fraise toutes les semaines sur la politique, je n’arrive pas retenir un blaze à la noix ! Jean René ? Non. Hubert Félix ? Non plus. John-Paul Jones ? Ah non, pas du tout… Mais merde, à la fin, comment il s’appelle ce gus, ce n’est pas possible de l’oublier aussi vite. Pour te dire, belle lectrice, je me rappelle encore de Louis Mexendeau, Ministre des PTT sous Mauroy, ce qui n’était pas forcément confortable. Mexendeau, quoi, l’inconnu illustre, le gars que tout le monde a oublié. Ben pas moi. Alors le nom de l’autre fleur de nave, ça ne devrait pas être un problème !

Et pourtant si. Ça ne rentre pas. C’est comme ratatouille. Non, pas le film de Pixar, le plat. J’adore ça, qu’on soit bien clair, mais une fois sur deux, quand je cherche le nom de cette préparation gourmande, je mets un quart d’heure à le retrouver. C’est affolant, c’est inquiétant mais c’est comme ça. Ca finit toujours par revenir, mais dans la douleur.

Tiens, en voilà, une bonne idée. Je vais l’appeler Ratatouille, le Premier Ministre, comme ça je ferai d’une pierre deux coups. Mais c’est quoi, son nom, déjà ?

par Naqdimon Weil

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