Médecines sans frontières
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Savoie, avant-hier: un chasseur tue quatre ânes dans un pré. Point final, posez vos stylos, je ramasse.
Mais ceux qui ont ramassé, en l’occurrence, ce sont Fanfan Ulule, Moustique et Mistral, qui appartenaient à une société de location, dont la fonction était d’accompagner les randonneurs, et de faire la joie des enfants qu’on laissait monter sur leur dos pour les accompagner.
Le crétin absolu, dont j’ai oublié le nom avant d’en prendre connaissance, et qui a confondu les équidés avec des cerfs, en leur tirant dessus avec des balles explosives d’un énorme calibre, n’a même pas pris la peine de contacter un vétérinaire une fois conscience prise de son forfait.
Ni de s’excuser, laissant à son propre (plus que lui, en tous cas), frère le soin de contacter la propriétaire des animaux.
Ce fait divers quoique de fin d’été a quasiment sur moi le même effet qu’un scrutin électoral sur un candidat socialiste, à savoir qu’il me laisse sans voix.
Sans compter que si ce quidam s’était un peu trop approché de l’assemblée nationale, on risquait le génocide.
Nonobstant, je vais quand même arracher l’énergie nécessaire à mon cœur serré pour tenter de traiter le sujet du jour.
De le maltraiter, même, car il me fout bien les cerfs honnis … Les nerfs aussi, pardon.Amie lectrice, le scientiste enragé, qui dégomme du même coup les pratiquants de ce qu’on appelle «les médecines douces», ou «médecines alternatives», et les patients qui y trouvent un bienfait quelconque, (qui sont nombreux), me brise les noix à peu près aussi menu que le naturopatthe biobio et mochemoche à la fois qui vilipende le malheureux migraineux voulant se soulager avec une aspirine, un doliprane, voire un efferalgan. Ou même un optalidon, putain.
Non mais, de quoi je me mêle?
Si j’ai une grave maladie inflammatoire, et que le régime sans gluten et sans lactose du professeur Seignalet soulage mes douleurs de manière absolue quasiment du jour au surlendemain, (comme plusieurs personnes que j’ai rencontrées, et même bien connues), vous savez ce que je lui dit, au fanatisé de l’allopathie qui prétend que je suis simplement soumis à un effet placebo? Oui, ami Naqdimon, vous avez complètement raison, je lui dirai ça ! Que je l’encule par les narines. Absolument. Et encore, c’est parce que je n’ai pas gardé suffisamment d’amour propre pour ne pas hésiter à me salir la bite. Non mais!
Mais n’allez croire, ni que je joue les Molière, (qui avait, lui, d’excellentes raisons de jouer les Molière, le bougre), ni que, tels certains chefs de file de la fronde contre l’allopathie, je me chope à la fois un gros complexe de persécution et un boulard de haute compétiton. En me prenant pour Galileo Galilei disant: «au secours, je brûle», quand les gégocentriques, (admirez au passage le mot valise pas con) s’obstinaient à braire que dieu ne pouvait pas créer de choses inutiles.
Et, croyez-moi si vous voulez, mais Galilée, c’était un sacré bûcher … Euh, bûcheur, pardon, j’ai oublié le deuxième «u» …Tenez, un exemple. L’autre jour, j’écoutais, sur ma station préférée (mais plus pour longtemps si Didier Varrod s’obstine à y jouer les berniques en nous empoisonnant les oreilles à coups de sa playlist vénéneuse), l’excellent François-Régis Gaudry, et son émission: «on va déguster», consacrée à la vigne en biodynamie.
La biodynamie, c’est un peu un condensé des médecines naturelles au service de l’écosystème. Car elle tient justement compte du système, en n’en traitant pas chacun des éléments comme un garagiste quand il vous change le cœur!
Quoi, qu’est-ce que j’ai dit?
Le carburateur, pardon!
Mesdames, et surtout messieurs les intégristes de la non croyance, ne venez pas me gonfler sur twitter en stigmatisant le côté un peu ésotérique de cette technique, (la biodynamie), oubliant du même coup que l’agriculture intensive,elle, massacre du même coup les sols, les bêtes, les consommateurs. Et Jean Passe, mais je ne vois vraiment pas ce qu’il venait foutre là non plus!(Scandé): «On n’est pas des voitures!» Et, hélas on peut quelquefois, même si on ne peut évidemment pas se passer ni des médecins, ni des médicaments, reprocher à certains leur cloisonnement. Même si la différence, de taille, tient en le fait que la sécurité sociale ne nous remboursera jamais le changement de notre anus … De notre pot d’échappement, pardon!
Pour terminer, rappelons quand-même que les initiateurs de certains théories alternatives de santé sont très souvent des médecins eux-mêmes, voulant pallier certains manques dans leur exercice passé en introduisant quelquefois ces dernières dans les hôpitaux eux-mêmes.
Vivent tous ceux qui nous soignent avec générosité et écoute!
Et, surtout, veillons à ne pas trop bouffer.
Mais que du bon!

par Christophe Sibille

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