Mélenchon, Hamon: 2 têtes pour 1 cul
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Depuis 2002, le bipartisme présidentiel n’existe plus, et ce ne sont pas les dernières élections Régionales qui nous diront le contraire. S’il y a toujours eu, au minimum, deux visions de la gauche aux élections, incarnées le plus souvent par les communistes et les socialistes, aujourd’hui, la donne a changé.

Avec la victoire de Benoît Hamon aux primaires de la gauche, le Parti Socialiste se retrouve, pour la première fois de son histoire, avec un candidat dont le programme économique est plus proche des communistes que des centristes. Sachant qu’il faut remonter à 1974 pour voir  le PCF soutenir d’emblée un candidat qui n’est pas communiste, jamais, en 40 ans, les feux n’auront été autant au vert pour réaliser «l’union de la gauche».

La question qui nous est posée est assez simple: que faire pour que la gauche ait une autre ambition que la figuration en mai prochain? Question subsidiaire: Que faire pour que les électeurs de gauche aient une autre alternative que de s’en aller voter «en se bouchant le nez» pour sauver la démocratie face à la famille Le Pen? La solution est simple: Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon doivent faire une candidature commune.

L’affiche coule de source: Hamon à l’Elysée, Mélenchon à Matignon. Pourquoi pas le contraire, me direz-vous? Eh bien, il s’agit bêtement d’une logique démocratique. A l’inverse de Mélenchon, c’est suite à une élection nationale qu’Hamon fut investi candidat. Hamon aura plus de parrainages que Mélenchon, et il y a actuellement 331 députés sur lesquels Hamon peut s’appuyer contre 15 députés pour Mélenchon.

A la manière des syndicats: les équipes de Mélenchon et celles d’Hamon doivent se réunir dans une pièce pour n’en sortir qu’une fois un accord trouvé. Certes, quelques rats de part et d’autre quitteront le navire comme a pu le faire François de Rugy dont la parole a autant d’intérêt que sa particule, mais peu importe les défections! L’enjeu de 2017 est trop important pour se soucier de ces tristes rats qui crèveront bien bas.

Tous ceux qui vantent les mérites de la démocratie à longueur de temps de parole devraient plutôt mettre en pratique leurs beaux discours car c’est indéniable: la très grande majorité des sympathisants d’Hamon et de Mélenchon réclament cette union. Si au soir du 17 mars, deux listes de gauche sont présentées au Conseil constitutionnel ce sera l’échec assuré! Mélenchon qui, après deux défaites successives, a compris qu’il ne pouvait rivaliser face au FN tentera d’arriver -ô la belle ambition- en 4ème position devant le tandem Macron-Bayrou. Hamon, lui, n’aura qu’à compter les voix qui lui ont manqué pour être au 2nd tour.

Le FN a doublé son score (en moyenne) sur toutes les élections pour passer d’un socle de 3 millions d’électeurs sous Jean-Marie à 6 millions d’électeurs sous l’ère de Marine. Sachant que nous n’atteindrons pas les 40 millions de votants au 1er tour, pour être encore en lice après le 23 avril 2017, il faudra qu’un candidat de gauche dépasse les 10 millions de suffrages pour s’assurer une place en finale. Enlevons nos œillères pour éviter de dire «ben, si j’avais su…» en acceptant que les positions d’Hamon et de Mélenchon sont trop proches pour pouvoir coexister.

Le coup de tonnerre du «21 avril» c’est comme pour les attentats: au départ, on se rappelle des dates, et ensuite il y en a tellement qu’on les confond toutes. Alors il en va de la responsabilité de tous les sympathisants de gauche de faire en sorte que le dimanche 7 mai, nous n’allions pas encore aux urnes pour sauver nos libertés.

par Anthony Casanova

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