Merci, Mireille Darc
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Allumer la télé, juste pour avoir une présence refoulant l’angoisse que peut quelquefois provoquer le silence, (même si le silence est, très souvent, beaucoup plus rassurant que la tronche d’Hanouna ou de Christina Cordula, mais moi, vu que je ne sais même pas sur quel canal herzien ils polluent, c’est maguenifaillleque, mon fanzouze chérrrrrri !!)
Oui, désolé, je roule beaucoup mieux les pétards que les « r » !!!
Allumer la télé, pour avoir un point de départ de discussion avec l’élue de ton cœur.C’est vrai, ça peut être sympa, tu commentes machinalement une réplique du troisième épisode consécutif de «desperate housewifes» que tu t’enfiles.
Les épisodes, que tu enfiles, pas les housewifes, espèce de sagouin.
Série que tu connais pourtant évidemment par cœur. Pour débouler, après quelques virages dialectiques dans la conversation, sur une anecdote croustillante concernant la meilleure copine de ta copine qui s’est pris le four sur la tronche en voulant cuisiner des knakis. Après avoir, elle, oublié de ne pas regarder «masterchef» en langage des signes.
C’est reposant, la télé en langage des signes, c’est un peu comme la radio lorsque tu la retournes contre le mur … … Mais qu’est-ce que je raconte!Et puis, allumer la télé, quelquefois, aussi, c’est une émission que tu regardes en étant, au long de son déroulement, partagé entre le réflexe de sangloter à chaudes larmes et le besoin irrépressible d’exploser ton super écran plat deux mètres de large à mille cinq-cents Euros à coups de lattes.
Ce qui fut, pour moi, le cas, avant-hier, peu après vingt-trois heures.
Tout ça pour dire, très chère Mireille Darc, que vous avez failli me coûter deux bons tiers de ma pension de retraite mensuelle. Et que malgré tout je ne saurais jamais assez vous remercier.
Vous ne vous revendiquiez pas «féministe», mais vous l’étiez. Infiniment plus, infiniment mieux, que toutes ces obsédées du matage de mâle, blanc de préférence. Oui, pour ces justicières obsédées par le culte de la différence, entre hommes et femmes, entre blancs et noirs, tout le monde sait que le machisme, c’est beaucoup plus excusable, beaucoup plus acceptable, quand il y a la couleur.Comment ça, des noms? Vous ne m’aurez pas comme ça, monsieur le rédacteur en chef, qu’est ce que vous croyez! Ce n’est vraiment pas mon genre de dénoncer Caroline de Haas. Qui, récemment, à propos de l’écriture inclusive, déclara récemment sur twitter qu’on avait à faire, je cite de mémoire, au «plus bel appeau à trolls de l’année.»
Déclaration à travers laquelle, très chèr.e Cacaroro, vous fîtes une légère erreur d’appréciation. Le plus bel appeau à trolls, sur ce coup-là, c’est France-inter, puisque cette estimable radio vous donne systématiquement la parole dès qu’il y aurait pourtant un avis intelligent à entendre concernant les droits des femmes.
Oui, «des femmes», je précise pour vous, qui adorez essentialiser.

Mireille, chère Mireille, vous en aviez une sacrée paire. Je n’ai pas besoin de préciser de quoi, tout le monde comprend. Oui, surtout Caroline de Haas, ne soyez pas lourd!
Vous étiez une actrice totalement libre, et, en tant que telle, vous n’aviez aucun aucun besoin de brandir une bannière: «non à la virilité dominante» pour le revendiquer, surtout jouant à part égale avec Pierre Richard, Lino Ventura, Francis Blanche, Venantino Venantini, Alain Delon. Tous des hommes, et des sacrés, qui vous respectaient infiniment, et même bien plus pour certains.
Et vous avez, à mes yeux fixés avant-hier sur mon écran, montré tranquillement et sans aucune concession les mêmes qualités artistiques et humaines dans votre documentaire, aussi parfait dans la forme que dans le fond.
«Excision, le plaisir interdit.» Documentaire dont l’entame est le poème de Verlaine, magnifique: «laisse errer mes doigts dans la mousse du bouton de rose brillant.»
S’ils savaient lire, si elles savaient lire, car ce sont surtout des femmes qui se livrent à la sauvagerie sans nom qu’est l’excision, comment imaginer qu’ils-elles pourraient infliger à la moitié de l’humanité cette double peine, de la douleur physique et psychologique incommensurable, et d’une vie sans plaisir sexuel?

Oui, le clitoris est le seul organe humain exclusivement consacré au plaisir. Et la raison officielle invoquée pour son éradication est d’enlever chez la femme ce petit corps érectile qui la fait ressembler à un homme. De même que la circoncision, quoique beaucoup moins grave, pour des raisons comparables. Ou inverses.
Les témoignages de ce documentaire sont poignants dans leur absence totale de pathos. Et là, je vais dire quelque chose de très con, (mais ce n’est pas grave, vous êtes habitués), j’en suis sorti avec la certitude absolue qu’il n’y a pas: «les hommes et les femmes», mais une seule entité d’humanité.
Je vous avais bien dit que c’était concon …

Quoique, après tout, n’est-ce pas dresser les femmes contre les hommes, (souvent au corps défendant des premières), que tentent de faire les Caroline de Haas et autres néo-féministes victimaires, qu’on entend plus attacher de l’importance à vouloir punir tout ce qui est coupable de porter une bite que s’indigner contre le rasoir des exciseuses?

par Christophe Sibille

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