Ta mère en slip dans le Larousse!
Par Naqdimon Weil , le 23 avril 2019

NAQDIMON fait son malin

Tiens, moi qui vous cause hebdomadairement, j’ai depuis toujours des obsessions un peu particulières, comme tenir la porte aux dames, exiger qu’on conserver le genre féminin au mot « espèce » et autres fariboles qui me saisissent le ciboulot, comme vous allez le voir.

J’aurais pu cette semaine vous entretenir des dernières théories de Jupiter Macron, il aurait été sage de vous parler des attentats du Sri Lanka ou même de vous tenir quelques propos bien sentis sur la proximité entre les fêtes de Pessah et celle de Pâques, ou, évidemment, déplorer l’incendie de Notre-Dame ou encore m’interroger sur la générosité de certains. Seulement, voilà comme je vous l’ai dit plus haut, j’ai des obsessions, des habitudes qui me bloquent, je suis l’objet de manies et autres mauvais fonctionnements du cerveau. Bref, tout ça pour vous dire qu’en fait, suite à un sujet que j’ai lancé de manière parfaitement jubilatoire sur le réseau des réseaux afin de mettre un peu mon grand frère vénéré dans son caca par pure vengeance mesquine, et ce, même à l’étranger, car je suis mesquin sans frontières, j’ai reçu un message privé, je sais bien que tout ça ne vous passionne pas, mais je continue tout de même, message privé dans lequel mon fort sympathique et aimable interlocuteur voulait s’enquérir de ma santé et de celle de ma maman.

Ma maman.

La putain de ma race, mais qu’est-ce que ça peut me foutre en rogne ! J’ai 54 ans, donc j’ai l’âge d’être père, voire grand-père, de fait, je suis oncle, grand-oncle et potentiellement arrière grand oncle et quand on me demande « Et qu’est-ce qu’il faisait ton papa ? », « Et comment va ta maman », j’ai envie de prendre une batte de baseball et de massacrer tout ce qui passe à ma portée. Bordel de nom de Dieu de moi-même, pourrait-on un jour parler aux gens de ce pays comme à des adultes ? Il devient impossible de s’exprimer sans que quelqu’un ne me dise ma maman ou Maman ou mon papa ou Papa. Ils n’ont pas un minimum de décence, ces gens là, ils ont tous été éduqué dans une garderie pour enfants débiles, ils ont des minauderies de chiards, c’est agaçant, c’est énervant, c’est infantilisant, c’est insupportable,  vont-ils enfin accepter l’idée qu’ils sont des adultes et que leur Pôpa et leur Môman, pour tout autre qu’eux-mêmes et leurs très proches, ce sont leur père et leur mère, comme tout le monde et merde à la Manif pour Tous !

Alors, certes, je veux bien le reconnaître, je m’emporte pour un rien, une peccadille, une broutille, ce n’est pas très important, il s’agit d’une toute petite chose, mais je trouve que c’est une façon de parler débile, cette habitude de se présenter comme un éternel enfant, cette manière de croire que l’on peut intégrer tout un chacun tout le temps a son intimité. Ne jamais vouloir accepter l’âge adulte ou plutôt tenter de se réfugier dans cette enfance éternelle, immortelle, imaginée et souvent fantasmée, c’est essayer de perdre à tout jamais un sens qui est celui qui devrait nous concerner, nous qui vivons en société et qui est celui de la responsabilité.

Cette infantilisation permanente, cette société du doudou, ce refus de la réalité, je peux en parler à l’aise, je suis un geek avéré. Oui, je joue encore aux jeux de rôle, oui, je connais encore les paroles du Capitaine Flam et celle de Goldorak, oui, je peux discourir des heures sur la présence de références à Tolkien dans Star Wars, oui, j’ai un Cthulhu en peluche sur mon bureau, oui, bien sûr. Mais, mort de mes os, tout cela ne m’oblige en aucune manière à me comporter comme le gamin que j’étais quand j’ai découvert cet univers ! On peut conserver ses passions de jeunesse sans pour autant les singer, tout de même. Je connais des vieux punks en costard bien plus déjantés que certains quinqua qui s’ingénient à vouloir paraître destroy…

Alors, vous êtes bien gentils, mais Papa et Maman, c’est à la maison ou avec la cousine Georgette, en dehors, vous demeurez ou redevenez ce que vous n’auriez jamais dû cesser d’être, des adultes responsables et qui s’expriment comme tels.

Je ne vous embrasse pas, je pique.

par Naqdimon Weil

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