Monopole du cœur
Par Guillaume Meurice

Guillaume MEURICE défraye sa chronique

« L’amour est enfant de bohème. Il n’a jamais, jamais connu de loi ». Celui que porte le président de la République Française à sa « première dame » non plus. En effet, dans la Constitution, il n’existe aucune mention d’un statut particulier de l’élue du cœur de l’élu du peuple.

Qu’il soit gay ou qu’elle soit une femme hétérosexuelle, il n’existe pas non plus de notion de « premier homme ». Qu’elle ou il ne soit pas amoureux mais n’en goûte pas moins les plaisirs de la chair, pas davantage de notion de « courtisane », « amant », ou de « plan cul régulier ». Dès lors, puisqu’il n’existe pas, difficile de déboulonner ce statut.

Pourtant, en réalité, cette personne jouit du confort du palais de l’Élysée, d’une protection policière spécifique, et d’un personnel attitré. Un coût supporté par les finances publiques. Des dépenses intégralement prises en charge par des contribuables dont le pouvoir d’achat en fait les frais.

Une coutume qui a inévitablement du mal à convaincre une opinion publique jalouse et envieuse de tant d’égards exclusifs. Une « tradition républicaine » qui perdure, en toute logique, puisque l’abus de bien social fait partie des habitudes des plus hauts dirigeants de ce pays.

Pour pallier cet embarras, une des solutions consisterait à soumettre au suffrage universel le choix de la personne partageant la vie du chef de l’État. Pourquoi pas, via une émission de télévision, par SMS surtaxés ? Car si l’occasion de renflouer ainsi les caisses de l’État semblerait salutaire, la pratique démontre en outre que l’électorat est souvent moins prompt à participer aux scrutins organisés par l’État que par ceux proposés sur NRJ 12.

Par la suite, il suffirait de déterminer constitutionnellement les fonctions propres à cette nouvelle personnalité ainsi légitime. Simple rôle protocolaire ou véritable implication dans la vie politique de la nation ? Un nouveau cadre législatif assemblerait ainsi les droits et les devoirs conjugaux.

Une autre solution consisterait à considérer que ce qui demeure du domaine privé n’a aucune vocation à impliquer l’ensemble des citoyennes et des citoyens d’un pays. Que la seule histoire d’amour digne d’intérêt au sommet de la Vème République doit concerner, comme le rappelait Charles De Gaulle, la rencontre d’une personnalité et de son peuple.

Et que si ce dernier ne t’aime plus, cher dirigeant, chère dirigeante, à l’inverse de la délicieuse Carmen de l’inspiré Bizet : « Prends garde à toi » !

par Guillaume Meurice

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