Nancy Huston est une conne
Par Anthony Casanova , le 28 avril 2015

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Anthony Casanova par Babouse
Alors que le « PEN American Center », organisme américain défendant la liberté d’expression et les droits des écrivains, remettra le prix de la liberté d’expression et du courage à Charlie-Hebdo le 5 mai prochain à New York, 6 écrivains ont décidé de boycotter la cérémonie. La liste est assez brève pour ne pas la citer : Michael Ondaatje, Francine Prose, Teju Cole, Rachel Kushner, Taiye Selasi et Peter Carey.

Ces braves écrivains étant choqués par le journal satirique, ils ont décidé – plus d’un mois après la nomination – de signaler médiatiquement leur désapprobation. L’un d’eux, Peter Carey, a déclaré ceci : « Un crime horrible a été commis, mais était-ce une question de liberté d’expression ». Non, tu as raison mon con, être assassiné parce qu’on critique une pensée, car oui la religion n’est qu’une pensée comme une autre, n’a rien à voir avec la liberté d’expression, ça doit être en rapport avec le temps de cuisson des nouilles.

Heureusement, des voix, et quelle voix, notamment celle de Salman Rushdie ont pris une position claire et sans détour en faveur du magazine satirique. Ca fait du bien de savoir que le courage et la droiture, ne sont pas que les attributs d’un modeste hebdomadaire francophone. Parce qu’on peut l’ignorer ou ne rien en avoir à foutre mais Charlie-Hebdo est unique. Ce journal est, passez-moi l’expression, un « ovni » dans la presse. Personne ne fait du Charlie, personne n’en a jamais fait. Il y a une raison à cela : comme il n’y a eu qu’un Rabelais, qu’un Molière, qu’un Jonathan Swift, il n’y eut qu’un seul François Cavanna.

François Cavanna n’était pas qu’un écrivain, qu’un chroniqueur, qu’un humoriste, non, c’était avant tout un inventeur ! Attention, il n’a pas inventé une arme capable de faire exploser 8 fois la planète en appuyant sur un gros bouton rouge, il n’a pas inventé un téléphone qui vous permet de savoir le temps qu’il fait là où vous n’irez jamais, oh non, lui ce fut un de ces inventeurs merveilleux comme il y en a dans les livres de Jules Verne. Un inventeur de l’impalpable, de l’inattendu, car François Cavanna a inventé un rire. Avant Cavanna on riait d’une manière, après lui on riait autrement. C’était un rire qui sortait tout droit de cette boule de révolte qui ronflait depuis trop longtemps.
Un rire d’après les ravages d’une guerre mondiale, un rire d’après l’horreur, un rire qui voulait vivre pleinement, librement, et qui pour cela se devait de dézinguer les bondieuseries, l’ordre, les faux culs et les vrais cons. A l’instar du Romantisme, du Naturalisme, du Surréalisme, du Cubisme, Cavanna inventa l’esthétique « Hara Kiri/ Charlie Hebdo ». Et dans son sillage viendront s’épanouir Gébé, Cabu, Wolinski, Fred, Willem, Topor, Georges Bernier, Val, Charb, Tignous, Luz… ou encore Reiser. Ah Reiser ! Oui on dit : « Ah Reiser ! » et n’oubliez pas le point d’exclamation, Ah Reiser ! Le jeune, le gamin, le fils de pauvre, qui, sous la critique inflexible de Cavanna deviendra « Reiser ! » le plus grand, le plus féroce, le plus pertinent, le génie tout simplement.

Nous pourrions excuser la couardise de ces scribouillards anglo-saxons si elle n’était que la conséquence d’une inculture crasse mais voilà, elle est dans cette lignée que Charb nommait « la condescendance des élites ». J’en arrive au titre, pour le moins définitif j’en conviens, de ma chronique. La gribouilleuse Nancy Huston est une Franco-Canadienne qui réside en France depuis plus de 40 ans. Fin janvier, lors d’une interview pour une radio suisse elle déclarait ceci : « j’ai détesté le fait qu’il publie les caricatures islamiques (…) c’est un humour qui trivialise, agresse, banalise, blesse et je n’ai sincèrement jamais vu l’utilité d’être bête et méchant ».
je vous passe les déclarations compatissantes de cette gourde envers les auteurs des attentats parce que, voyez-vous, ces derniers avaient fait de la prison après leurs « premières bêtises ».

Pour résumer, pour cette conne, on ne caricature pas l’islamisme, et surtout pas dans le style « bête et méchant », parce que ce n’est pas gentil d’être agressif ou de blesser ceux qui veulent nous terroriser. Mais pauvre conne, oui je ne m’en lasse pas de dire que Nancy Huston est une conne, l’humour « bête et méchant » c’est tout le contraire d’être bête et méchant, c’est justement l’envie de se foutre de la gueule de ce qui est « bête et méchant » !
En 1970, Jacques Chancel lors de sa « radioscopie » avec François Cavanna lui posa cette question : « peut-on s’attaquer à Dieu dans Charlie ? » Cavanna, rigolard, répondit ainsi : « mais pourquoi Dieu serait-il à l’abri ? » Chancel précisa sa question en lui demandant : « peut-on s’attaquer à une croyance ? » Instantanément Cavanna rétorqua : « c’est d’abord à ça qu’il faut s’attaquer, c’est de ça qu’on crève ».
Chez Charlie, ça ne fait que 45 ans qu’ils ont raison.

par Anthony Casanova

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