Nancy Huston est toujours aussi conne!
Par Agathe André

On the road with Agathe ANDRÉ

Agathe Andre by Espe
En 2015 déjà, alors que la rédaction de Charlie venait d’être massacrée au cri de paix «Allah Akbar», l’essayiste et romancière avait fait preuve de force jugeote, déclarant qu’elle avait «toujours détesté l’humour de Charlie Hebdo, comme elle avait détesté le fait qu’il publie les caricatures islamiques et qu’elle avait toujours trouvé que c’était un «humour qui trivialise, agresse, banalise, blesse» : dans le fond, ces salopards de dessinateurs de presse l’avaient bien cherché. Au moins autant que les jeunes rockeurs swinguant au Bataclan, que les gais lurons attablés en terrasse dans le 11ème arrondissement de Paris, que les familles -un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants- suçant leur cornet de glace à Nice devant un feu d’artifice…

Mais à l’époque, m’avait échappée la conclusion de l’auteure: «les dessinateurs de Charlie Hebdo ont un problème avec leur virilité.»

Une réflexion qui résonne désormais avec un écho tout particulier: ce n’est pas avec l’humour que la Edwy Plantu en jupon a un problème. Mais bien avec la virilité. Concept, qui de toute évidence, la dépasse. Preuve en est la tribune signée fin août dans Libération intitulée «Quand les virilités partent en vrille», qui commençait pas trop mal, l’auteure s’interrogeant d’abord sur le lien entre corps, sexualité, pulsions et Jihadisme: «Et si les jeunes hommes qui se tournent vers Daech ne toléraient pas leurs propres faiblesses? Et transformaient leur terreur intime en une terreur politique? Face au fanatisme, il faut prendre conscience de l’importance du corps et des pulsions

Évidemment. La façon de vivre ses désirs et ses pulsions sexuelles a tout à voir avec le fanatisme: si les kamikazes se sentaient autorisés à se faire péter la rondelle comme bon leur semble, sûre qu’ils ne se feraient pas sauter la cervelle au milieu des braves gens.

Et puis patatras! La suite de la tribune est une succession d’âneries :«Une des fonctions pérennes des religions a été d’aider les mâles à organiser, gérer et contrôler leurs pulsions. Faire de la masturbation un péché et de l’adultère un crime était certes répressif, mais avait au moins le mérite de reconnaître le penchant inné des hommes pour ces comportements. A leur sujet, les études de genre abandonnent le terrain en décrétant obstinément que «l’un est l’autre (…). Le discours humaniste serait mieux entendu s’il regardait en face le fait criant que les initiatives terroristes sont prises à 100 % par de jeunes corps mâles ». En un paragraphe, quatre conneries.

Passons sur le fait que cette imbécile porte une soutane en fond de culotte et ne devrait pas tarder à militer pour le port obligatoire de la burka, afin de soustraire les femmes aux regards, aux pulsions, voire aux viols de ces pauvres mâles, secoués, bien malgré eux, par des désirs naturels qui les dépassent. Et dont le seul salut est  désormais de faire allégeance à Daech. D’ailleurs, c’est bien connu, il faut une paire de burnes pour faire le Jihad: aucune shahida n’est à recenser, aucune gonzesse n’a jamais pris la route de Syrie ou envisager de faire sauter des bonbonnes de gaz dans un lieu public. Les femmes ne se masturbent pas, n’ont pas de pulsion, mais l’instinct maternel.

Bref, Nancy Huston mélange tout. Elle confond désir et testostérone, virilité et masculinité, études de genre et Manif pour tous: pour elle, c’est le corps qui nous fait femme, c’est le corps qui nous fait homme.

Une vision essentialiste des désirs qui la rassure, mais nous enferme dans ces stéréotypes dangereux que les gender studies s’attellent, justement, à déconstruire en démultipliant les frontières, en ouvrant des champs expérimentaux fertiles, en se posant en alternative vitale aux clichés sur les masculinités et les féminités: les désirs et les pulsions n’ont pas de visage spécifiquement masculin ou féminin. Nos féminités et nos masculinités changent de visages selon nos amant(e)s.

La seule vérité objective, c’est la jouissance.

Si Nancy Huston est obsédée par la virilité c’est parce qu’elle n’a pas les couilles d’affronter la sienne. La virilité n’est ni masculine, ni féminine. Mais bel et bien une puissance d’affirmation de soi dans ce monde de brutes qui nous entoure.

par Agathe André

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