Neutre ou ne pas Neutre
Par Jépé de la Vega

Jépé de la VEGA signe à la pointe du stylo

 Alors comme ça, avant de faire un petit tour sur Canal pour soigner ses bobos, François Hollande est allé en Suisse ? Pour quelqu’un dont l’ennemi c’est la finance, aller en Suisse c’est comme un écologiste qui irait visiter la cité du progrès… Ça revient à se jeter dans la gueule du loup… Il n’est quand même pas allé leur vendre des Rafales aux Suisses. Ils sont neutres… Pourquoi ? Parce qu’ils sont entourés de montagnes qui les protègent des courants d’air… Comme François Hollande quand il fait un petit tour sur Canal pour soigner ses bobos… Du coup, ils n’ont jamais réussi à être dans le sens du vent. C’est pour ça qu’ils sont neutres, les Suisses. Tellement neutres que si on leur donnait à choisir entre la peste et le choléra, ils opteraient pour la grippe parce que c’est quand même avec la grippe qu’un laboratoire pharmaceutique peut se faire le plus de pognon à aller placer dans leurs banques ! Ils sont tellement neutres, les Suisses, que pour ne pas choisir entre le vide et le plein, ils ont inventé le gruyère ! C’est bien d’être neutre, mais ça ne permet pas de gagner une élection Présidentielle… T’imagines François Hollande en 2017, qui se présenterait à nous et qui qui viendrait nous dire :

– J’ai bien réfléchi, la droite la gauche, le libéralisme, le social libéralisme, l’extrême droite, le communisme… En fait, je n’arrive pas trop à savoir ce qui est bien ou mal… Alors… Je suis neutre !
– Vous êtes centriste ?
– Pire, je suis neutre. Le centriste il adopte une position centrale entre droite et gauche ou tantôt à droite, tantôt à gauche, moi je suis neutre.
– Vous, vous en foutez alors…
– Non, non, ça me touche, n’allez pas croire… Tous ces gens dans la rue, au chômage, ces migrants qui se noient, ça m’afflige, mais c’est au niveau des solutions que je bloque… Il y en a, mais je n’arrive pas à savoir quelle est la bonne, je vous dis… Alors, je suis neutre ! Je ne prends point parti… Dans tous les sens du terme ! La preuve c’est que même mon parti, j’en ai fait du vent… Enfin des courants… Mais ça revient au même. Et d’ailleurs ne me demandait pas de choisir entre les courants, je suis neutre !
– Mais vous êtes lâche…
– Non, je suis neutre… Ça peut être courageux, d’être neutre : Ça ne protège pas forcément. Dans un match de foot par exemple, le ballon, il est neutre… Eh ben c’est lui qui prend le plus de coup de pied !!!

Vous imaginez… Un dirigeant qui refuse de diriger, de choisir, d’opter et qui se fait élire pour ça. Du coup, ce sont les autres qui décident : Les autres dirigeants, les autres pays… Enfin, à condition que les autres ne soient pas neutres. Et si justement, ils l’étaient aussi… Les autres… Neutres ! Tous neutres… Imaginons puisque nous avons décidé d’imaginer. Imaginons que personne ne choisit et laisse faire… Du moins sur l’essentiel. Plus de grandes options politiques, de grandes confrontations économiques, de grandes tendances philosophiques, de grandes idéologies, d’utopies… Finalement ce n’est pas imaginer qu’il faut, c’est juste regarder. Ça paraît absurde au départ mais on en viendrait presque à penser que tout le monde est neutre. Que tout le monde regarde sans choisir entre les protagonistes : D’un côté les forces financières et productrices et de l’autre l’affaiblissement des ressources et des hommes. Ce qu’on nous vend comme des grands équilibres économiques ou comme la loi du marché nous évite, pour l’instant, les grandes déflagrations mondiales. Et c’est ça qui nous permet, dans le confort de nos démocraties, de rester neutre… Mais jusqu’à quand ?

par Jépé de la Vega

# [Les derniers articles de Jépé de la Vega]

La une de Charlie