Les nominés: Pavageau et Mélenchon
Par Thierry Rocher , le 23 octobre 2018

Thierry ROCHER renvoie la censure

Parfois, la machine s’emballe et on se dit que, pour ce qui est de la conscience individuelle, personne n’est dans la maîtrise. Les donneurs de leçons sont forcément plus exposés que les autres car ils ont oublié un trait d’humeur élémentaire: la porte ouverte à l’intelligence est l’humilité. La semaine écoulée a vu deux pantins qui se gargarisent en permanence de démocratie, d’éthique, d’avancées sociales, enfin tout ce qui devrait alimenter l’amour des gens ou tout du moins l’empathie, deux pantins qui ont desservi leur cause à grande vitesse.

Le flicage orchestré, chez FO, par Pavageau, éphémère patron depuis fin avril, a desservi la cause syndical comme rarement. Les militants ou syndicalistes de base vont devoir ramer comme des fous pour redonner un peu d’éclat à la cause syndicale qui était déjà moribonde. Cela va au-delà du simple fait divers qui pousse le responsable vers la sortie. C’est tout un mouvement et plus loin que cela, une démarche professionnelle qui est décrédibilisée. Les ambitions personnelles annulent le collectif. Je pensais que cette évidence était depuis longtemps assimilée par les dirigeants de ce type d’organisation mais non ! On en est encore là en 2018! Quelle avancée dans le passé. Je souhaite bonne chance à Pavageau dans sa nouvelle carrière policière car, au regard de ses méthodes très personnelles, je ne vois pas ce qui pourrait justifier un refus de la police de l’accueillir dans ses rangs. C’est triste pour tous ceux qui, au quotidien, font passer l’intérêt collectif avant toute perspective individuelle. Pavageau a donné une bonne claque au syndicalisme et a dû refroidir bon nombre de ceux qui se posaient la question de s’engager ou non.

Sur le devant de la scène, également, celui qui subit un complot groupé de Macron et ses amis, de la justice, des journalistes mais aussi, comme j’ai eu l’occasion de le dire, des Mormons, des Francs Maçons, et des supporters du PSG, j’ai nommé celui qui, heureusement pour la liberté n’arrivera jamais au pouvoir, le malheureux Mélenchon. Je dis malheureux car je crois, à l’observer dans ses gesticulations, qu’il l’est réellement, comme tous ceux qui ont assimilé profondément le sentiment de persécution, et de victimisation dès qu’ils ne maîtrisent plus des événements négatifs venant de l’extérieur. Il faut d’ailleurs que la colère l’emporte pour laisser apparaître de façon criante le mépris latent pour les gens comme il dit (enfin un peu plus de 55 millions de personnes qui n’ont pas voté pour lui en 2017). Ce mépris pour les « gens » que l’on reproche à Macron, le président des riches, mais qui, chez l’admirateur de l’humaniste Castro, s’affiche très facilement au grand jour, notamment face aux journalistes qui ne lui posent pas les bonnes questions. Après le stade de la compassion, j’ai envie de me dire qu’il va prendre la décision qui l’entraînerait vers une nouvelle sérénité: prendre des vacances au Venezuela, ce pays tellement agréable et surtout où il y a de plus en plus de place pour vivre, avec tous ces « gens » inconscients qui ne voient pas leur bonheur quotidien et s’en vont dans les pays voisins pour essayer de manger à leur faim.

Tout comme Pavageau l’a fait pour le syndicalisme, Mélenchon le fait avec la politique. A part sa garde rapprochée qui le suivra en toute circonstance, à qui a-t-il pu donner envie de s’engager en donnant l’exemple d’un citoyen qui n’est pas au-dessus des lois? Parfois la forme balaye le fond. Le fond n’est plus audible et personne n’est là pour lui dire, n’ose lui dire ! Je ne suis pas triste pour Mélenchon qui va continuer à jouer au tribun jusqu’à ce que ses forces le lâchent mais triste pour tous les sans grades, les obscures qui avancent avec un idéal, à une idée de liberté qui n’est pas à géométrie variable.

On a les combats qu’on mérite. Une majorité se fout de la politique, on peut continuer à faire grossir le chiffre et dans ce cas, qu’est-ce qu’on dit ? On dit merci Mélenchon !

Dernière minute: on apprend que Jean-Luc Mélenchon n’aurait lu ni « Les Pensées de Qi Shi Tsu » ni « Les réponses de Qi Shi Tsu ». Certains comportements peuvent ainsi s’expliquer !

 

Par Thierry Rocher

# [Les derniers articles de Thierry Rocher]

Patrick FONT - Souvenirs d'un cowboy d'opérette