Nutella de toutes les batailles
Par Naqdimon Weil , le 30 janvier 2018

NAQDIMON fait son malin

Ah évidemment, on pourrait parler de Davos, de bilatéralisme contre multilatéralisme, ou réfléchir à la portée des réformes de Jupiter Macron, ça serait pas mal. On pourrait aussi s’exciter un tantinet sur l’offensive turque contre les Kurdes, ok, c’est bon, les gars, vous avez combattu Daesh en première ligne, ça fait 5 ans que vous morflez sous les bombes de Bashar, mais c’est pas tout ça, faut penser à songer à aller vous planquer sous le tapis avec la poussière, on a autre à foutre qu’à s’intéresser à votre pays rêvé, c’est pas notre affaire, ou alors, faudrait que vous soyez envahis par Israël, là, on pourrait vous soutenir. On pourrait également parler un peu des migrants, pas parce ce que Moix est impoli quand il en cause, mais parce qu’ils sont repoussés dans les coins sombres, histoire de ne pas faire moche dans le tableau de France qui win, celle où tous les pays du monde veulent investir des milliards, on en a de la chance ! Ou on pourrait se marrer avec le terme « controversé », que les journalistes propres sur eux utilisent pudiquement pour parler des merdes antisémites de Céline, ou de l’antisémite Maurras, ou de M’Bala M’Bala, champion toutes catégorie de la dégueulade antisémite…

C’est sûr, on pourrait parler de tout ça mais on louperait l’information essentielle de la semaine, c’est-à-dire la baston de 15 crevards pour un pot de Nutella. Je dis bien « crevards », pas pauvres, pas smicards, pas Rmistes – je ne sais pas exactement comment on dit avec le RSA, mais vous voyez le principe -, non, « crevards », tout simplement. C’est-à-dire des peigne-culs prêts à se foutre sur la gueule pour 2 balles de réduction afin de parfaire l’obésité de leurs chiards hyperactifs. Alors, là, pardon, mais même si on n’aime pas la pâte chocolat-noisettes de chez Ferrero, même si vous préférez tremper votre tartine livarot-banane dans votre chocolat chaud du matin, ne le niez pas, vous en avez bouffé sévère du Nutella, cette semaine. Sur tous les tons et de toutes les façons. Entre les Zéconomistes de Gauche, qui en font la démonstration de la pauvreté galopante du pays et les Zanalystes de Droite, qui en profitent pour en rajouter sur la déconfiture  – de fraises – morale de la Nation. Bref, soit les pauvres sont tellement pauvres qu’ils sont prêts à s’entre-égorger pour bouffer de la cochonnerie sucrée pour moins cher, à bas le Capitalisme et la Mondialisation !, soit le Français est un sale type qui ne cherche que son plaisir immédiat pour le moins cher possible, si ce n’est pas du malheur !

Putain, elle est belle, l’image du peuple qu’ils ont tous, là ! C’est rassurant sur la vision de la Démocratie que trimballent les politiques, les journalistes et les intellectuels. Parce que 20 ou 25 connards se sont chicornés dans les allées d’un quelconque supermarché pendant une promo, voilà les entomologistes du populo qui descendent de l’Olympe et qui viennent nous expliquer à quel point on est malheureux, maltraités ou mal élevés… Elle est un rien saumâtre, celle-là ! Un pot de friandise au chocolat-noisettes, deux baffes et un cri d’hystérie et ça y est, y en a des qui nous dressent un portrait apocalyptique du pays et de ceux qui y habitent, comme ça, vite fait sur le bar. Enfoncé, Tocqueville, à la ramasse, Sartre, aux chiottes Habrmas and co, ne cherchez pas plus loin, collez un pot de Nutella dans toutes les études sociologiques et les réflexions philosophiques, ça fera la farce.

La vache, ce que ça m’agace ! Car, ceux qui pensent que le pauvre est capable de buter son voisin pour 2 balles et qui se dit de Gauche, il me fait peur, non, pas peur, il me donne envie de lui tarter la tronche à coups de pelle ! Quant à celui d’en face, qui retombe dans les clichés des classes dangereuses que même au XXè siècle on trouvait cacochymes, faudrait qu’il aille voir les mémères emperlouzées se maraver la tronche à grands coups d’étoles en fourrure quand Saint Laurent ou Lancel vendent à 3000 boules ce qui en valait 6000 la semaine précédente.

Ce n’est pas la pauvreté ou la mondialisation sauvage qui font que des beaufs se fracassent pour de la confiture au chocolat ou un tee-shirt siglé YSL. C’est le manque de dignité. Et ça, c’est la chose du monde la mieux partagée.

En plus, moi, j’m’en tape, je préfère le beurre de cacahuète.

par Naqdimon Weil

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