Les obligations de la fonction
Par Thierry Rocher , le 13 novembre 2018

Thierry ROCHER renvoie la censure

Chaque boulot véhicule son lot d’obligations. Vouloir s’en libérer expose les rebelles à de graves dommages. Par exemple, un président de la république qui déciderait que les commémorations méritent une remise à niveau collective et instaurerait une journée du souvenir de la bêtise incluant tous les morts, victimes innocentes du Mal (guerre, terrorisme… etc..) se verrait mis au pilori de la bienséance castratrice. Alors, que d’honorer les morts, sans dénoncer la bêtise qui a causé leur malheur, ne sert à rien. Juste se complaire dans l’émotion pour préparer une prochaine page mortifère.

Un coup d’œil sur d’autres obligations, comme celles d’un journaliste ou d’un employé d’une chaine de télévision qui aurait l’outrecuidance de ne pas être solidaire et de considérer que le Téléthon n’est pas de mise pour lutter contre les maladies quelles qu’elles soient. Que ce combat pour la santé dépend de l’État qui ne doit, en aucune façon, comptabiliser les moyens financiers pour le bien-être collectif. Peut-on le clamer haut et fort quand son employeur construit des programmes de charité business?

Et les obligations de réserve qui musèlent tous les employés, témoins ou collaborateurs d’indignités, de malversations dans leurs entreprises ? Doit-on accepter que cela fasse partie de l’emploi qu’on occupe ? L’employé de banque et le racket quotidien des anonymes, l’employé EDF et sa conscience non nucléarisée, le syndicaliste et la lucidité sur ces congénères, le distributeur et les enfants exploités fabriquant ses produits, le commercial d’un labo pharmaceutique et la santé des pays pauvres., etc…

Eh oui, les obligations de la fonction, c’est une série d’indécences programmées qui font que l’on s’en accommode puisque le voisin semble s’en accommoder sans difficultés.

Alors, au milieu de ce triste tableau, la question fondamentale reste posée: la dignité au travail conduit-elle inévitablement au chômage ?

Mais malgré tout, n’oubliez pas, les amis, le 17 novembre, jour important. Le 17 novembre, la bonne raison d’être réunis tous ensemble ….contre la morosité pour « Qi Shi Tsu et moi », à 19h30, au Nez Rouge, le bateau, au 13 quai de l’Oise, 75019 Paris (Réservations: 01 42 00 71 99)

 

Par Thierry Rocher

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