On s’en va mais c’est pour de rire
Par Anthony Casanova , le 21 juin 2016

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Anthony Casanova par Babouse

Notre journal, le Coq des Bruyères, s’apprête à faire une toute petite pause estivale de 2 mois. Oui, chez nous, on peut rire de tout mais on ne blague pas avec les vacances! Mais avant de vous laisser vivre l’actualité sans nous, il faut bien jouer le jeu une dernière fois. Et c’est justement un jeu, qui n’en est plus un, qui fait l’actualité: le foot.

En France comme ailleurs, le sport, et plus particulièrement le football, est une «religion». Et tous les deux ans, on tombe dans le mysticisme avec les compétitions internationales. Si ce genre de compétition m’indispose c’est plus en raison d’une profonde aversion du patriotisme que d’une animosité quelconque pour tout ce qui concerne le spectacle désopilant de 22 millionnaires se disputant un ballon durant 90 minutes. C’est pour cela, qu’en mécréant convaincu, je n’espère qu’une chose: la défaite de l’Équipe de France!

Vivant en France, rien que d’imaginer le spectacle dans les rues et à la télé une fois la coupe dans la poche des bleus m’angoisse. Attention, il est vrai qu’en voyant les hooligans russes, ça donne à penser qu’il existe des supporters bien plus cons que les autres… car au final, tous ces supporters vociférant leur hymne, à s’en faire péter le groin, me donnent envie d’être apatride. Mais loin des yeux loin des oreilles.

Le foot ce n’est pas que du sport c’est aussi de la politique, et ce n’est pas un hasard si nos chers amis du gouvernement ou de l’opposition suivent de près les aventures des « Bleus ». Ils savent qu’en cas de victoire, les manifestations contre la Loi travail s’atténueront et qu’il y aura un désintérêt général pour tout ce qui n’est pas lié au ballon rond. C’est pathétique de regarder l’engouement et l’enjeu politique d’un simple match de ballon. Comment peut-on accorder une quelconque confiance à un homme politique qui mélange le sort dérisoire d’une équipe de foot à celui d’un pays entier? En quoi la défaite ou la victoire de l’équipe de France devrait-elle bouleverser notre quotidien?

Après la séparation entre L’Église et l’État, il va falloir œuvrer pour la séparation entre le sport et L’État. Les sportifs ne représentent qu’eux même. Le sport professionnel n’est pas un vecteur d’intégration, c’est un cache-misère. La municipalité n’a pas assez de fric pour vous acheter un livre chacun? Vous aurez donc un ballon pour 22!

Tout ça pour dire que durant nos vacances, nous vous laissons en compagnie du foot, du Tour de France et des Jeux olympiques mais aussi des attentats, des guerres, des petites bassesses politiques, de l’ascension de Trump, des faits divers, de la météo… bref, de tout ce qui rythme l’actualité généralement.

Malgré tout, prendre des vacances c’est primordial puisque, avec la paye, c’est la seule est unique raison d’avoir un boulot. Bien sûr, dire ceci, en ces temps où la majorité des gens galèrent pour trouver un job voire pour le conserver peut paraître indécent. Et pourtant… soyons sérieux, si le travail était notre principale source d’épanouissement, c’est que notre vie manquerait cruellement… de vie.

Alors oui, vive les vacances! Vive la glandouille, le farniente, l’ennui, et surtout le temps que l’on prend à voir passer le temps doucement. Même si, à bien y réfléchir, c’est à l’actualité que l’on forcerait volontiers à prendre enfin ses congés.

par Anthony Casanova

PS: Le Coq des Bruyères sera de retour le 06 septembre 2016

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