Once upon a time, les Zinzinsoumis

par | 14 Jan 2020

NAQDIMON fait son malin

Bonjour, bonjour les enfants, ça me fait plaisir de vous voir, asseyez-vous bien sagement, Jean-Adalbert, sors les doigts de ton nez et toi, Jessica, pose ce téléphone ou je le balance par la fenêtre, car maintenant, c’est l’heure de votre conte. Alors écoutez bien, car c’est une bien belle histoire.

Il n’y a pas très très longtemps, dans un pays pas très très lointain vivait une tribu d’êtres étranges qu’on appelait les Zinzinsoumis. Les gens du pays les trouvaient plutôt rigolos, quoi que souvent plus cons que des poules catatoniques et aussi utiles qu’un balai sans poil auquel il manquerait le manche, mais ils les aimaient bien tout de même. Pourquoi ?, tu me demandes, Jean-Kevin. Car les cris crétins des Zinzinsoumis rappelaient à beaucoup de gens leur jeunesse révoltée et leurs idéaux d’avant et que comme dans ce pays pas très très lointain, on préfère se dire que c’était mieux avant, les habitant pensaient – quand ils pensaient, ce qui n’était pas leur quotidien – que la tribu en question était peut-être parfaitement débile, mais au moins ses membres étaient tous très gentils. Et tout ça allait bien, les Zinzinsoumis bramaient des bêtises à tous les vents, les habitants du pays les regardaient en souriant, bref, c’était une bien belle chose.

Bon, d’accord, parfois, souvent même, les Zinzinsoumis disaient n’importe quoi, même face à la réalité, car dans leurs têtes vides, ils vivaient tous au joli pays des rêves bleus. Ainsi, après que Gros-Caquet, leur chef adoré, soit arrivé quatrième à la Grande Course en Sac traditionnelle qui devait désigner le roi du pays pas très très lointain, ils avaient clamé partout qu’il avait presque gagné, il aurait suffit d’un rien, une paille, une peccadille et que s’il avait remporté la course, le monde aurait été plus beau, le soleil plus chaud et les glaces bananes-chocolat gratuites. Alors certes, tous les habitants comprenaient bien que c’était de la connerie en branche, car ils savaient tous compter jusqu’à quatre, mais ils faisaient comme si de rien n’était, ils hochaient la tête en souriant et laissaient Cros-Caquet caqueter tout son saoul, ça ne dérangeait pas grand monde, en fait.

Seulement, à force de dire n’importe quoi n’importe quand, il arrivait plus souvent qu’à son tour que les Zinzinsoumis fassent n’importe quoi et surtout de bien bonnes grosses conneries qu’ils essayaient de justifier après. Par exemple, quand dans le pays, on parlait la laïcité, au lieu d’écouter, ils criaient que c’était une sale maladie et qu’il fallait vite se soigner, c’est vous dire s’ils étaient encore plus crétins qu’une famille de bulots sous acide. Et ensuite, quand parfois, on le leur faisait remarquer, ils criaient que c’était de la faute des dentistes qui mettaient de l’amalgame partout et ils tapaient du pied en faisant la tête. Quand on jouait aux gendarmes et aux voleurs avec eux, ils filoutaient en disant que leur personne était sacrée et qu’on n’avait pas le droit de les toucher, sinon, c’était de la triche. Ça faisait parfois rire les habitants du pays pas très très lointain, même si ça en agaçait plus d’un, mais comme ceux-là ne voulaient être mis dans la sale baraque de la fachosphère, ils fermaient bien leurs gueules.

Parmi les Zinzinsoumis, il y avait Gare-Ido, une fille qui avait de bien drôles de manières. Par exemple, elle disait à tout le monde que l’argent c’était caca, que la télé c’était rien que des mensonges et qu’il fallait se méfier des patrons mais dès qu’elle l’avait pu, elle avait commencé à travailler pour tout plein d’argent à la télé payée par un grand patron. Mais ça non plus, ça ne gênait personne et surtout pas les Zunzinsoumis qui, je vous le rappelle, les enfants, étaient tous plus stupides qu’une soupe aux cailloux. Et Gare-Ido aimait tellement dire des conneries qu’elle n’en était jamais rassasiée et qu’elle allait toujours plus loin dans la débilité, jusqu’à friser avec des formules qui puaient tellement que même le munster se plaignait. Mais elle n’en avait rien à foutre, Gare-Ido, car elle avait en fait une arme secrète qui lui permettait de dire n’importe quoi. C’est qu’elle savait que personne ne pouvait écouter ses conneries sans avoir besoin d’un Lexomil© et de deux bouteilles de scotch. Et même quand elle tenait des propos qui daubaient fort l’antisémitisme, elle s’en moquait, car elle ne risquait rien, les Zinzinsoumis n’étaient pas capable de reconnaître l’antisémitisme, même s’il avait dansé le tango devant eux. C’est vraiment vous dire s’ils étaient vraiment cons comme des enclumes, ces Zinzinsoumis.

C’est fini pour aujourd’hui, les enfants, la prochaine fois, je vous raconterai l’histoire des Touverts.

Par Naqdimon Weil

Par Naqdimon Weil

Naqdimon Weil est rédacteur. Il est aussi chroniqueur. Il est surtout social-démocrate universaliste, laïcard et sioniste. Il est gravement quinquagénaire et profondément provincial. Et, évidemment, il est dans le Coq.
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