Osez le mademoiselle
Par Anthony Casanova , le 11 octobre 2011

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Le sympathique mouvement « Osez le féminisme », qui s’illustra il y a quelques mois avec la campagne « Osez le clito », vient de proposer la suppression du terme « mademoiselle », pour ne plus user que du bon vieux « madame » à l’égard des « quilles à la vanille », même quand elles n’ont que 20 ans dans les seins ou dans les yeux. Sous prétexte que mademoiselle » signifierait, étymologiquement parlant, une connerie vieillotte sur la virginité, elles ne supportent plus de dévoiler leur vie privée à une administration qui ne demande même pas l’équivalent aux mecs ! Et alors ? Et bien, elles veulent qu’on les appelle « madame », un point c’est tout, sinon ça va bouder.

Les filles, les filles, les filles, pourquoi les féministes pensent-elles constamment que les hommes sont évolués, et que les femmes sont en retard ? C’est dans cet état d’esprit que voyant les hommes s’en aller tomber à la guerre, vos aînées voulurent, au nom de l’égalité, partir y mourir aussi. Mesdemoiselles, et si parfois vous aviez raison ? Au droit d’avoir une fleur au fusil, vous n’auriez pas pu réclamer que les hommes gardent la crosse en l’air ?

De la même manière, plutôt que de sacrifier le « mademoiselle » sur l’autel des avancées du « beau sexe », ne voudriez-vous pas, puisque traditionnellement on enterre « la vie de garçon » d’un bonhomme avant le mariage, demander à ce qu’on appelle les hommes célibataires des « mectons » ou des « garçons » ? Si l’égalité, pour vous, c’est de faire tout pareil que les mecs, commencez par trouver le plus rapidement possible le féminin du mot « beauf », vous allez en avoir besoin.

Qui pouvons-nous, vous et moi, mes jolies soeurs, si le mot « mademoiselle » à un parfum de liberté et de jeunesse ? Ce parfum qu’un Musset, meurtrit (pléonasme), reprochât à l’une de vos semblables : « Vous avez le fatal pouvoir De nous jeter par un sourire Dans l’ivresse ou le désespoir », ou encore chez un Verlaine qui jalousait vos bonheurs champêtres : « Je meurs si je mens, Je les trouve heureux, Tous ces culs-terreux, D’être tes amants ». De tout temps, l’absence d’une bague à votre annulaire provoqua les railleries, la honte, le tout magnifié par les stupides chapeaux des « catherinettes » qui sont bien la preuve que la bêtise est l’ennemi de la liberté.

Et aujourd’hui que vous n’êtes plus les esclaves d’être une « Madame de… » sous peine de jeter l’anathème sur votre « honneur », vous voudriez vous battre pour délaisser ce « mademoiselle » qui aurait pu être le symbole d’une indépendance enfin acquise ! Mais c’est « Madame » qu’il faut foutre aux rebuts ! Soyez une « Mademoiselle » à vie, n’en déplaise à Saturne qui vous fait délaisser le rire des amants pour la sécurité d’un mari. Et je dis ça alors qu’ayant une morale aussi fine que votre lingerie, je ne fais pas plus la différence entre une femme « libre » et une fille « prise », qu’entre du vin de table et le sang du Christ… c’est vous dire si je peux être distrait, voire je-m’en-foutiste. Oui les gonzesses, refusez de vous faire nommer « madame », mot inventé par des hommes pour signifier, poliment à d’autres hommes, que vous apparteniez à un autre.

Ah les belles de « Osez le féminisme », vous aviez si bien commencé en vantant le clito, que j’espérais que vous finiriez par faire du porte-jarretelles votre drapeau ! Pourquoi ? Simplement parce que le corps est aussi important que l’esprit… et qu’être belle, parfois futile, ou sophistiquée, n’est pas le synonyme de la gourde, bien au contraire.

Alors je ne sais pas si « mademoiselle » raisonne réellement comme jouvencelle à vos oreilles, mais aux miennes c’est « madame » qui fait sacrément vieille conne.

par Anthony Casanova

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