Ottoman dit
Par Naqdimon Weil , le 2 octobre 2018

NAQDIMON fait son malin

Moi, honnêtement, je n’aime pas dire du mal des gens. Enfin, disons que je n’aime pas beaucoup dire du mal des gens en général et même en particulier, sauf de deux ou trois margoulins, de quatre ou cinq mercantis, de quelques dizains de boutiquiers marchands de sirop ou vendeur de terreur, voir d’une petite centaine de pisse-froid, de traîne-lattes, de pousse-mégots, de fesse-mathieu et de branle-panneaux. Il peut alors m’arriver de m’agacer contre les susdits et de lâcher mon ire et ma verve à leur endroit. Mais sinon, non. Parce que, finalement, je ne suis pas si bien placé que ça pour faire la morale à autrui et qu’on fait ce qu’on peut avec ce que l’on a. En fait, je ne daube que fort rarement sur les auteurs auteurisants, les chanteurs chantants ou les acteurs acteurisants. Finalement, je n’en cause que quand ils sortent de leurs métiers respectifs pour se rouler dans la soue de la médiasphère la plus populacière imaginable.

Tiens, par exemple, prenons Depardieu, dit Gros Gégé, l’acteur préféré des Français quand ça n’en est pas un autre. En ce qui me concerne, Gros Gégé m’emmerde souvent. Je l’ai trouvé peu crédible en Cyrano, chiant en Edmond Dantès, fatiguant en attardé mental. En plus, comme je n’aime pas le cinéma de Bertrand Blier, où, selon les spécialistes en spécialités, il aurait trouvé ses meilleurs rôles, il ne bénéficie pas du bonus « cinéma indépendant » dans mon panthéon du 7e Art. En revanche, je le reconnais, je l’ai trouvé bon dans « Elisa », désarmant dans « Quand j’étais chanteur » et même très émouvant dans ses reprises de Barbara. Bref, j’ai pour Depardieu, l’artiste, des sentiments aussi mitigés que l’eau tiède qui coule de votre mitigeur.

Mais alors, pourquoi donc que je vous en cause-t-il, me demanderont les plus éveillés de mes lecteurs ou ceux qui ont décidé de m’interroger juste pour m’agacer ? C’est simple. Parce que derrière l’acteur, et ce n’est pas facile facile d’être derrière Gros Gégé, il y a l’homme. Et l’homme me pue au nez de manière ravageuse. Dès que l’ancien valseur des Valseuses ouvre sa grande gueule pour la ramener sur la Vie, l’Univers et le reste, j’ai des envies soudaines de déclencher la machine à coups de boule rotatifs pour sa tronche. Ce docte gras-à-lard qui vient m’expliquer comment je dois voir le monde me tortille sauvagement le neurone à démocratie. Et quand je vois l’aimable de bande de Gauchistes Canal +, Kervern et de Delépine en tête, venir se pâmer aux pieds du gros sac du cinéma français, j’ai carrément envie de sortir la pelle de combat.

Car le gentil Gros Gégé, l’aimable et si populaire Depardieu, le poétique Gérard est en fait un putain d’enfoiré de première bourre. Que ce type soit payé des millions pour tourner dans les bouses télévisuelles de Josée Dayan, peu me chaut. Mais qu’avec ce blé, qui, étonnamment est un peu le mien et le vôtre, il court se réfugier en Belgique pour ne pas cigler d’impôts en France, voilà qui est parfaitement minable. Qu’il soit prêt à sucer la pomme et lécher le fondement du moindre dictateur qui passe pour trois fifrelins, c’est franchement dégueulasse. Qu’il vienne chanter les louanges démocratiques de Poutine à la télé française, c’est carrément honteux.

Vous connaissez la dernière de Gros Gégé ? Il vient de demander la nationalité turque. Turque. Pas Kurde. Lui, le défenseur du jambon gras et du pinard du même métal, il va demander sa naturalisation à Erdogan, le proto-autocrate islamiste ? Si ce n’était pas tragique pour les opposants à l’AKP, les homos, les démocrates, les Kurdes et les Halevis, ce serait tordant. Cette baleine souffreteuse sautille de dictature avouée en démocrature chafouine pour s’étaler dans toute sa bassesse et son manque de finesse politique sans que sa (basse-)cour n’y voit rien à redire ?

J’attends avec impatience que le plus gros acteur de France demande à Bachar al Assad la nationalité syrienne et un poste dans l’armée nationale de cette jolie contrée aux 500 000 morts avant de finir de vomir mon quatre-heure.

par Naqdimon Weil

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