Un papa, une maman, le retour des morts vivants
Par Agathe André

On the road with Agathe ANDRÉ

Agathe Andre by Espe

Et allez… revoilà cette bande de paumés, moins convaincus que convaincants, parés à instrumentaliser l’enfance sur l’autel de leur connerie pour défendre le droit à la discrimination au lieu de céder à l’élan civilisateur de l’égalité des sexes et de la démocratie sexuelle.

Poussée au cul par la croisade polonaise anti-IVG et les déclarations du Pape, salement courtisée par les candidats de la primaire à droite, La Manif pour tous, ce collectif de coquilles vides et de crânes d’œufs au service de l’Église catholique, annonce une «grande démonstration de force» à Paris, le 16 octobre prochain.

Une nouvelle marée rose cucu et bleu neuneu, aussi dégueulasse à la vue qu’une poignée de dragées au goût, déferlera sur le Trocadéro. Une horde de cisgenres rétrogrades, sexistes et homophobes venus de toute la France, défilera sous un mot d’ordre, #NePlusSubir, quand nous allons devoir nous farcir, encore, leurs inepties sur la GPA -car les gays ne sont ni des hommes, ni des pères- et sur la PMA -car les lesbiennes et les célibataires ne sont ni des femmes, ni des mères. Et ce, en vertu d’un principe sorti tout droit de la côte d’Adam: «un enfant est toujours le fruit d’un père et d’une mère». Autrement dit: le sexe de l’homme et de la femme détermine des comportements et des vertus spécifiques non interchangeables et répartit la fonction parentale de chacun selon les lois de la nature, «un papa=une bite hétéro», «une maman= une chatte hétéro».

Sauf que la nature ne dit pas ça. Elle dit simplement qu’un enfant naît de la fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde et de la croissance d’un embryon dans l’utérus d’une femme. La nature n’est pas plus bavarde que ça. Le sexe biologique et l’orientation sexuelle ne prédisposent à rien, ni à la stérilité, ni à la douceur, ni à l’autorité: l’éternel féminin et masculin n’existe pas, l’éternel maternel et paternel pas davantage.

L’hétéroparentalité, l’homoparentalité, la monoparentalité ou la co-parentalité renvoient aux questions ordinaires de la parentalité -comment élever un être humain? Qu’est-ce qu’être un bon parent?

La seule différence notoire entre chacune de ces tribus contemporaines en mutation : chez les homos et les femmes célibataires désirant devenir parents, la volonté de faire famille est particulièrement réfléchie, l’incohérence des lois en vigueur ne leur laissant guère le choix…

L’identité se construit au contact de l’altérité. Aussi, l’autre qu’il soit du même sexe ou non, reste un autre. Mais pour les réac’s qui manifesteront dimanche, l’homophobie est une question de survie: renoncer à croire l’homosexualité «contre-nature», c’est admettre que le patriarcat repose sur un système sexuel purement fantasmé. D’où cette éternelle rengaine apocalyptique quand les corps et les désirs des femmes et des hommes s’émancipent: «la famille disparaitra, l’autorité du père sera détruite et l’espèce s’éteindra.»
La Manif pour tous, c’est le vautour qui pisse sur son propre cadavre. Le dernier sursaut d’un ordre symbolique à l’agonie.
Crève charogne.

par Agathe André

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