Pars à Dayz, pépère!
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Pour commencer, une toute petite remise au point économico-sémantique.
Ô ma lectrice, tu n’es pas sans connaître mon goût immodéré pour la sémantique, qui n’a d’égal que mon incompétence crasse et totale en matière d’économie, mais tant pis, je me lance, comme dirait Passe-muraille, (pour le coup expert en lancer de lui-même.)
Il s’agit, ici, de parler «d’optimisation fiscale.»
Oui, soyons précis, car c’est la précision qui fait le larron.
Si tu mentionnes sur ta déclaration (d’amour-) d’impôts:
-l’investissement dans une entreprise d’intérêt public,
-les dons à une association humanitaire ou non gouvernementale (ou les deux) ou
-les quatre-vingts Euros mensuels dont tu gratifies l’héroïne qui vient nettoyer ta crasse,
tout ça, c’est de l’optimisation fiscale.
(Je note, au passage, qu’il y aurait sur ce dernier exemple, pour s’orienter vers une certaine parité en matière de ménage, de quoi employer de manière utile les handicapées neuronales par ailleurs (pré)occupées à vouloir rendre la tâche impossible à notre descendance en voulant installer l’écriture dite «inclusive» à l’école.)
-Aller acheter un jet privé sur l’île de Man, grâce à un montage financier faisant passer le chemin du roi Minos pour un aller et retour depuis ta chambre à coucher à tes chiottes, (ce qui est quand même le comble quand c’est pratiqué par des escrocs qui trouvent trop complexe le code du travail), tout ça pour économiser les onze millions d’Euros de TVA destinés à construire les routes et les hôpitaux du pays à qui tu dois d’être devenu ce que tu es, c’est de l’enculerie (fiscale.)
Surtout que tu t’y reprécipiteras, dans ton pays, pour t’y faire soigner gratos à la première rage de dents.(Musique de la chanson enfantine: «j’ai lié ma botte.»Oui, c’est certain, on pourrait être honnêtes,
Mais, nous le fisc, on préfère l’enculer,(Refrain): Moi et mes potes, c’est nous qu’on a la maille,
Et on dépote, pour vite tout planquer,

Moi, c’est au noir que j’adore les pépètes,
J’en veux encore, j’en ai jamais assez, (au refrain)

Dollars et francs, c’est pour moi et mes potes,
Y’a plus qu’la thune qui nous fasse bander, (au refrain)

Il y a peu de chances, pour qu’un jour on nous pince
Nous, les meilleurs, parce qu’on a le blé, (au refrain.)

Oui, ô ma lectrice, j’ai décidé de reprendre ta formation musicale à zéro, et de te faire chanter des textes à vocation d’actu universelle sur des musiques simples et belles, ce qui me place, sur ce coup, à l’exact opposé de Benjamin Biolay.

Tu aimes?
En voilà une autre:

(Sur la musique de «Le lundi au soleil», de Claude François:)

«Quelle chouette rencontre,
Ces «Paradise papers»
Je suis content, quand j’apprends,
Que juste à la porte
De notre vieille Eur-
-Ope, on peut planquer tant d’argent,
C’est moi qui suis pas normal,
Si j’avais su, j’aurais fait,
Un gros tas de pognon sale
Pour aller m’ach’ter
Deux-trois jets privés,

Du moment où qu’ça paye,
Ce qu’on veut, c’est seul’ment se goinfrer,
Nous, on n’aime que l’oseille,
Tant qu’on s’ra pas derrière les barreaux
Même des trillards, ça s’ra jamais trop,
On se défonce, on se shoote
Tous les jours à l’oseille, »

Bon, pour terminer, je viens d’entendre ce lundi matin sur France-inter que notre premier ministre parle, en fronçant la barbe, de «suroptimisation fiscale.»
Et sans s’excuser de le dire, pour une fois.
Cool!
Mais on aimerait que le choix des mot soit suivi par le choc des actes.

par Christophe Sibille

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