Patrick, les végans et moi
Par Thierry Rocher , le 17 avril 2018

Thierry ROCHER renvoie la censure

En hommage à Patrick Font et aux très nombreux repas pris ensemble, cette chronique écrite pour la Revue de Presse de Paris Première, en avril, un coup de projecteur sur le monde végan assez loin de notre quotidien.

5% des Français se disent végans, ce mouvement en constante progressi=on méritait une expertise. Alors, tout d’abord, définition: Le veganisme est une façon de vivre qui consiste à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation.Pour mieux comprendre le phénomène, j’ai essayé de me véganiser. Je suis un peu végan puisque je m’arrête de manger de la viande tous les jours, entre chaque repas. C’est un début. Et dans l’après-midi, pour me détendre, désormais je mache un chewing-gum au-lieu de petits morceaux de rumsteck comme je le faisais avant. J’ai un ami, accusé par des végans de ne pas aimer les animaux qui disait: « si j’aimais pas les animaux, j’en mangerais pas. » Je peux le comprendre; si je n’aime pas la tarte aux pommes, j’en mange pas, c’est pareil !

Alors, le végan a compris que tuer les animaux pour les manger, c’est pas bien. C’est d’ailleurs pour ça que quand je consomme des huîtres, je les mange vivantes, c’est moins cruel. Et pourtant, quand on y pense, croiser le regard d’une huître, ça donne pas envie de la prendre en bouche. Oui d’accord, c’est pas uniquement vrai pour les huîtres, vous avez raison. Quand on prend conscience qu’un steak est issu d’un animal et pas seulement de la barquette qui l’emballe, c’est un vrai choc émotionnel. Heureusement, il y a des steaks au soja. Ah… un steak soja au quinoa, c’est un régal. On en mangerait sur la tête d’un pouilleux. C’est une expression végan parce que le végan protège aussi les poux. Et pour la forme, c’est bien. Franchement, on ne court pas moins vite après avoir mangé un steak de soja qu’un steak de cheval. Les végans préfèrent garder les bêtes comme animaux de compagnie. Une bonne idée, les vaches peuvent être d’une compagnie agréable, il parait qu’elles sont très censées, sauf les vaches folles bien sûr.

Bon, les gens se posent des questions sur les végans, par exemple: un mangeur d’andouillettes qui embrasse une végan peut-il être contaminé? En fait non, même si une végan ne sera jamais chaude sur l’andouillette.

Et les œufs? On arrête de manger des œufs le jour où on comprend que ça traumatise les poules de voir qu’on leur pique. Une poule qui est plus facile à vivre qu’une végan puisqu’elle avale n’importe quoi.

Terminé aussi de boire un bon vin avec du fromage; le végan supprime le superflu: le fromage.

Mais attention, être végan, ce n’est pas que dans l’assiette, c’est dans tous les domaines. Par exemple, on supprime la couette avec des plumes. Fini, les couettes à plumes, surtout si on dort nu; à poil dans les plumes, ça va pas.

Fini aussi la laine, que ce soit pour les slips ou les préservatifs.

Fini le cuir. Donc, pour les soirées SM, il faut arrêter le cuir et choisir le skai. On s’y fait. Ce n’est pas Stéphane Rose qui me contredira.

Comme je veux être végan, j’ai aussi viré la peau de bête sur laquelle ma femme s’allongeait nue devant la cheminée pour regarder la rediffusion de la Revue de Presse. Maintenant, on a des tabourets en bois, c’est moins érotique mais à nos âges, on se relève plus facilement. En tout cas, le plaisir en toutes choses, les amis. Alors, pour finir, une pensée du célèbre philosophe Qi Shi Tsu qui ne confond pas l’être humain et l’animal : « La différence entre les animaux et moi, c’est quand on dit, ne vous laissez pas abattre, moi, je me mets à table! »

Par Thierry Rocher

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