Peillon, tiens bon !
Par Ze Fred , le 12 novembre 2013

La crotte-nique à Ze FRED, l’apolitique incorrect

 

Pour une fois qu’un ministre de l’éducation fait chier le monde, dans le bon sens, on ne va pas cracher dessus ! Dans cette lettre ouverte, Monsieur le ministre, je me permets de te tutoyer car, après être parti de chez mes parents, je me suis très mal élevé. En tant qu’anar de plus en plus indécrottable, je n’irai plus foutre les pieds dans un bureau de vote. Je n’aime pas le pouvoir mais quand un ministre parvient à faire briller une ampoule au-dessus de sa tête, c’est tellement rare que ça mérite d’être souligné. Une bonne idée, ce n’est pas forcément quelque chose de parfait ou d’abouti. Ca peut tout simplement être une amorce, un genre de pétard qui nous saute en pleine gueule. La réforme Peillon, c’est, en gros : « Je vous ai pondu un super truc, démerdez-vous avec ! », ce qui peut vouloir dire : « Prenez-vous en main, c’est vos mioches après tout…». S’attaquer au rythme scolaire, c’est se pencher sur le rythme de vie des gosses. Alors là, c’est une grande première ! Jusqu’ici, les mômes évoluaient au rythme de la connerie ambiante…

Les communes n’auraient pas les moyens de financer le périscolaire, paraît-il. Eh bien, c’est l’occasion pour le « citoyen » de s’impliquer dans la vie associative, de sortir du « Y a qu’à, faut qu’on… » et de demander des comptes aux élus locaux, en leur disant : « Ah ! Comment ça, y a pas de moyens ?! Vous vous foutez d’ma gueule ?! Du pognon, y en a toujours pour vos rond-point de merde, vos ZAC hideuses qui font des kilomètres de long et vos parkings pour garer ces 4X4 qui nous enchlinguent le tarin ! Par contre, pour les mioches, y a jamais d’argent ! Eh ben c’est terminé ! Maintenant, vous allez financer le périscolaire, sinon votre siège de conseiller général risque de devenir éjectable… ». Evidemment, ça nécessite d’imaginer plein de trucs, de changer nos habitudes, bref, de regarder plus loin que le bout du doigt du sage quand il nous montre la lune…

Une fois arrivé à l’âge adulte, on n’aime pas trop être dérangé dans son train train. On se rassure en écoutant le silence des pantoufles. On veut bien s’occuper de chiards, à condition qu’ils se tiennent à carreau, sans moufter, comme des catalogues de la Redoute sur une étagère Ikea…Cette fois-ci, il ne s’agit plus de concevoir des calendriers scolaires pour faire plaisirs aux commerçants et aux professionnels de l’hôtellerie. N’en déplaise à tous les acteurs d’une vie économique qui nous écrase la tronche, maintenant, ce sera : « Les mioches d’abord ! ». Du moins, on l’espère. En effet, les lobbys conservateurs liés à l’éducation, dotés d’une incroyable force d’inertie, sont tellement puissants que cette réforme risque de partir en couilles.

On a vu une majorité d’enseignants se mobiliser pour supprimer le goûter du matin à l’école ! Quelle révolution mes aïeux ! Vain dieu ! A part faire chier les mômes, je ne vois pas ce que ça a apporté ! Il paraît que c’était pour combattre l’obésité. Pourtant, il y a d’autres façons de lutter contre le gras ! Qu’on commence par arrêter de les foutre devant des ordis, des téloches, des play-station et autres conneries numériques ! Allez la marmaille ! Dehors ! Allez, dans ce qu’il vous reste de forêt, jouer à Robin des bois ! C’est dans les buissons qu’on apprend la vie ! Pas chez Jules Ferry ! J’ai été enseignant, je suis content de ne plus l’être ! Y en a eu des réformes, dans l’éducation ! J’en ai vu des manifs de pédagos, depuis les années 70 ! Quand on voit l’état de délabrement de l’école française, en 2013, on a raison de penser que l’avenir des gosses est le cadet de nos soucis. L’école est ce qu’on en a fait : Un super market qui veut nous vendre du singe savant docile et sans esprit critique. J’ai un exemple qui illustre bien ceci. En tant qu’éduc, je m’occupe de gamins en difficultés, notamment d’un jeune de 11 ans qui a été inclus dans une école primaire dite « normale ». Un jour, il est revenu, comme d’habitude, bardé de devoirs. Il avait une leçon d’instruction civique à s’avaler. Voici ce que ça racontait :

« La Ve République, est l’actuelle forme du régime républicain en vigueur en France
Elle est régie par la constitution du 4 octobre 1958 approuvée par voie référendaire..
la Constitution de 1958 est rédigée sous l’autorité du gouvernement, par une équipe conduite par Michel Debré.
Un referendum est organisé en 1962 par le président de Gaulle pour modifier, à nouveau le mode d’élection du président de la République. Il introduit le principe de son élection au suffrage universel direct. ». Il devait apprendre ça. On ne lui a pas expliqué ce que sont une constitution, un référendum et le suffrage universel direct. On ne lui a pas dit pourquoi il y avait une Vème république, à la place de la IVème…Il aura eu sa leçon d’instruction civique. Il n’en aura rien retenu mais l’essentiel est que cette leçon ait eu lieu. Comme l’avait écrit Prévert, à propos de l’éducation nationale : « Tout condamné à vivre aura la tête bourrée. »

Alors, je te le dis, Monsieur le ministre de l’éduc : Faut rien lâcher ! Ne ressemble pas à ton gouvernement, à ton 1er ministre, à ton président ! Comme le rappellent si bien les copains du Front Libertaire : « La résignation est un suicide quotidien ! ». Ceux qui sont contre les 4 jours et demi, sont ceux qui étaient contre les 4 jours tout court ! On a la gauche la plus con du monde ! On veut bien lutter contre le capitalisme, à condition de ne surtout pas le supprimer ! Vaste programme ! Le jour où il faudra manifester « pour une école qui rend moins con », il y a gros à parier, qu’on ne sera pas plus de 4…

L’auriez-vous su ?

On parle beaucoup de Colombey les Deux Eglises grâce au Général qui est venu crécher dans ce trou. Pourtant, ce village connut, également, son heure de gloire entre 1790 et 1794, à cause de Robespierre. En effet, ce dernier fit dresser une église républicaine pour convaincre les adorateurs de la calotte de rejoindre ce qu’il restait de sans-culotte. Ce village se réveilla, un jour, avec deux églises. Ce crétin de Maximilien avait fait remplacer la messe en latin par une lecture du Contrat Social de Rousseau. Mais, il était furieux car l’église calotine ne désemplissait pas. De rage, il fit exécuter 3 bigots et menaça de recommencer. Les cloches du clergé cessèrent de sonner définitivement. Les cathos décidèrent de continuer la lutte. Leur messe démarrait après et finissaient avant celle des patriotes. Du coup, les révolutionnaires croyaient que l’église d’en face n’était plus fréquentée. Erreur…

La lecture du Contrat Social avait des vertus soporifiques. De plus en plus de fidèles, dotés de leur bonnet phrygien, s’endormaient et ronflaient à pleines narines. Robespierre considéra cette attitude comme contre-révolutionnaire. Chaque dimanche, il faisait passer au couperet, tous ceux qui montraient des signes de somnolence. Quand on entendait le « chlak ! » de la guillotine, on savait que c’était la fin de la messe républicaine. C’était un des petits charmes de l’An II. Puis, un jour, l’adjudant Merda mit fin à cette joute ridicule en arrêtant Robespierre et les cloches des culs bénits se remirent à sonner. Le temple anti-calotte devint un atelier de poterie gérée par le comité des  « Manchots de l’Esprit Saint ». 150 plus tard, les communistes voulurent en faire une Maison du Peuple. Oui mais voilà, il n’y avait plus de peuple, à Colombey. Le couteau de Guillotin, les campagnes napoléoniennes et la guerre de 14 étaient passés par là. En 1970, grâce à un bal tragique, cette bourgade connut un regain de célébrité. Et qu’est-ce qu’on dit ? Merci Professeur Choron !

par Ze Fred
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