Penser avec les Blacks blocs
Par Thierry Rocher , le 8 mai 2018

Thierry ROCHER renvoie la censure

Il y a quinze jours, j’évoquais la convergence des erreurs au sujet des méthodes employées dans les revendications multiples qui s’accumulent en France. Et je dois dire que j’aurais dû attendre un peu, et en particulier le rassemblement du 1er mai à Paris, pour visualiser tout ce qu’il faut faire pour rendre positif un état qu’on est censé combattre. Les fameux Blacks blocs ont donné à l’inconscience politique ses lettres de noblesse. Je parle d’inconscience politique car si je conçois que l’on peut être en colère, que des décisions gouvernementales peuvent générer une colère légitime, si on veut combattre, aller dans le sens de l’efficacité, on se doit à un minimum de lucidité. C’est vrai que casser un Mac Do et un garage Renault a fait vaciller le système capitaliste. C’était limite que tout bascule. Le système bancaire a eu chaud. Alors on me dira qu’on est dans le symbole. Que casser des biens matériels, ce ne sont que des biens matériels et qu’il s’agit de multinationales qui exploitent les travailleurs. Il est évident que tout le matériel urbain détruit est une réponse au capitalisme sauvage. Les abribus seront remplacés avec les impôts des contribuables. Mais personne ne m’avait informé qu’il y avait des abribus Mac Do. Petite parenthèse pour dire que les Blacks Blocs sont des gastronomes puisqu’ils n’ont pas détruit de kebabs (l’esprit bio certainement).

Alors, j’ai publié, il y a quelques jours, des petites choses pour faire référence aux jeunes qui allaient le lendemain encaisser le chèque (capitaliste) de papa/maman mais j’avais oublié qu’il y avait aussi des vrais travailleurs;  mais oui des travailleurs avec un emploi, par exemple, des informaticiens saturés au bord du burn out ou même des enseignants stressés qui n’ont pas le temps d’aller chez un psy. La violence est un langage même si son vocabulaire semble limité.

Alors, chez combien des 1200 Blacks blocs répertoriés le 1er mai à Paris, peut germer l’idée d’efficacité pour réellement foutre le bordel dans le système bancaire et sur les marchés? A vrai dire, je n’ai pas la solution miracle mais il faut bien reconnaître qu’il y a suffisamment de hackers qui ont fait leur preuve dans le piratage informatique pour trouver des équipes structurées convaincues à la Cause. Là, on sortirait du folklore bidon, on entrerait dans une autre dimension: attaquer les riches au cœur du système.

La violence est inutile, par essence. Mais comment faire comprendre à des esprits limités politiquement que se défouler en cassant ne sert à rien pour l’objectif qu’on s’est fixé?

Je ne parle pas des actes de désobéissance civile qui auraient un impact plus fort mais pour lesquels la cagoule, la tenue ne serviraient à rien pour passer inaperçu. Ne plus payer ses impôts, ses billets de train par solidarité…etc … Mais là, c’est plus risqué qu’un pavé dans une vitrine!

Alors les Blacks blocs, si vous donnez du boulot aux forces de sécurité, j’aurais aimé que vous en donniez plus aux journalistes qui pourraient parler de vous. Malheureusement, les médias sont mal vus, pas du tout bien accueillis. Depuis les tentatives journalistiques avec les cradistes de Notre-Dame des Landes, c’est une constante; sans doute parce que les journalistes ne sont pas fiables mais de parti pris.

Voilà! On n’est pas encore sorti des clichés, les amis. On est même en plein dedans. Mais, comme direz le célèbre philosophe Qi Shi Tsu : « Marchez dedans, ça porte bonheur ! ».

Par Thierry Rocher

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