Petite bafouille à Caroline Fourest
Par Anthony Casanova , le 16 avril 2013

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

 

Ma chère Caroline Fourest, je ne sais trop comment vous le dire, alors j’irai au plus simple… je vous aime. Oui, je vous aime, et pour dire vrai, je vous jalouse un peu. Je sais, je sais, la jalousie est un vilain défaut qui, combiné à toutes mes autres tares, me conduira certainement en enfer. Mais ce qui me rassure, c’est que vu votre façon d’avoir tous les culs-bénits à dos, nous irons en enfer ensemble.

J’entends déjà votre esprit cartésien me questionner sur la raison d’un amour aussi vain qu’idiot, puisque outre le fait que nous ne nous sommes jamais rencontrés, nous avons un point commun qui, paradoxe à part, nous rend incompatible : nous préférons tous deux la gente féminine. Ô fatalité !

Mais ce que j’aime par dessus tout en vous, chère Caroline, c’est votre esprit qui donne envie de paraphraser Brassens, pour vous déclamer que si les fleurs se mettaient à penser, c’est à vous, Caroline, qu’elles feraient songer. Je sais j’ai l’air sot, je rougis, vous me rendez lyrique. Mais comment faites-vous pour être à ce point un épouvantail à cons ? Vous avez contre vous les fanatiques religieux, les racistes, les antisémites, les illuminés du communautarisme, les nationalistes, les royalistes, tous ceux que je désigne – par flemme j’en conviens – par le terme de « salauds », ils vous haïssent tous ! Bravo ! Félicitations, vous êtes, et je n’ai pas honte de le dire, un modèle pour tous ceux qui pensent que la noblesse c’est de ne jamais courber l’échine face à la bêtise humaine.

Ah qu’ils sont cons, ah qu’ils sont moches vos détracteurs. Bien sûr, nombre d’entre eux n’ont jamais pris la peine de lire vos livres – comme votre recueil de chroniques « Quand la gauche a du courage » que je ne saurai que conseiller – mais ça ne les empêche pas de bêler avec les agneaux que vous êtes la réincarnation du « diable ». Un diable dont il faut à tous prix empêcher les conférences, les débats, les déplacements, bref, de vivre votre vie de journaliste aux idées « politiquement correctes », comme disent les cons, c’est à dire qui défendent l’humanisme, les Droits de l’Homme, la laïcité… bref, tout ce que j’aime.

Mais pourquoi vous jalouser me direz-vous ? C’est simple, j’avoue m’enorgueillir de tout nouvel ennemi, et par le biais de ce journal satirique, on peut dire que j’ai réussi à m’en faire un sacré paquet… mais vous ! Quel talent ! Des barbus, des curés en soutane, des néo-nazis… mais où donc trouvez-vous toute cette vitalité pour les enrager au point qu’ils font de vous le symbole de leur haine de l’humanité, de leur peur, et de leur médiocrité.

Ce qui a le don de me fasciner, c’est que chacun vous reproche d’appartenir à un camp qui vous conspue tout autant. Les communautaristes vous accusent d’être raciste, les racistes vous vomissent d’être une sioniste cosmopolite, les juifs fanatiques vous condamnent d’être contre la politique israélienne pour favoriser l’islam, les islamistes vous conchient d’être à la solde d’une Europe catholique, les catholiques vous maudissent d’être une athée fanatique favorisant le communautarisme… et à tout cela, il faut rajouter la rage que vous provoquez en étant pour le « mariage pour tous », ce qui tendrait à démanteler la famille parce que – accrochez vos ceintures – vous militer pour en faire de nouvelles. Un régal pour l’amateur d’absurde que je suis ! Vos ennemis seraient les abrutis idéals pour un sketch des Monty Python ! Et tout ceci serait drôle, si vous ne risquiez à tout moment d’être lynchée.

« Cours Fourest » est, semble t-il, le cri de ralliement des dégénérés qui vous poursuivent. Victor Hugo avait bien raison d’affirmer que les calembours étaient des pets de l’esprit. Cependant, on peut mettre en notre sauce une métaphore du film « Forrest Gump » à votre compte : les cons, c’est comme une boîte de chocolats, on ne résiste jamais au plaisir d’en bouffer !

par Anthony Casanova

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