Petite bafouille à un militant UMP
Par Anthony Casanova , le 8 octobre 2013

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

Cher adversaire sur l’échiquier politique, mon petit camarade qui n’en est pas un, brave adversaire,

Ne nous le cachons pas plus longtemps, on ne se comprend pas. Tu n’arrives pas à admettre mon exaspération de Sarkozy, je ne me résous pas à accepter que tu n’aies pas voté Hollande. On pourrait indéfiniment s’envoyer à la gueule des noms d’oiseaux, tu me parlerais de Cahuzac, moi de Morano… et tous les deux on finirait par se disputer en refusant de se voir assimilé à Eric Besson, Bernard Tapie ou Bernard Kouchner.

De loin, nous paraissons irréconciliables, et c’est surement vrai. Tu trouves que l’Etat est trop présent dans les entreprises, et je pense, au contraire, que le capitalisme doit être régulé par le Droit du travail. Ça pourrait paraître anodin, mais pour nous, c’est un truc à se bouffer le pif.

Cependant, gageons que même si l’un pour l’autre nous sommes un con, on sait tous deux que notre engagement réciproque, que nos idées, nos combats, existent avec le sentiment d’avoir la meilleure démarche pour rendre le monde plus harmonieux. Nous souhaitons, tous deux, qu’il n’y ait plus personne qui crève la dalle, qui dorme sous les ponts, que nous ayons tous un boulot qui nous botte, que nous soyons libres d’être ce que nous voulons, et qu’on puisse s’acheter le dernier iPhone.

Et oui mon vieux, soyons sérieux, on sait bien que tous les deux, nous voulons que les choses avancent… au mieux. C’est notre opposition, et le respect de nos opinions qui rendent crédibles la République, et malgré tout… ça nous tient à cœur.
Certes avec l’UMP, les gaullistes et les centristes n’ont plus l’occasion de débattre sur la place publique, et les alliances sont plus floues, moins idéologiques… mais de là à songer au FN pour s’accoquiner,  il n’y a pas qu’un pas mais tout un marathon à ne pas franchir !

Une bonne fois pour toute, le Front National n’est pas à la droite de la droite, il est en dehors du jeu républicain. Personne n’est dupe : une personne qui vote pour le FN ne le fait pas pour le modèle économique qu’il prône, elle ne vote pas pour sa politique culturelle, pour une réforme de la retraite, pour une vision du système de Santé, pour l’amélioration de l’Education Nationale… non, on le sait, et on nomme ça pudiquement : « ras-le-bol » ou « vote sanction ». Que de beaux euphémismes pour nommer le rejet de l’autre et la discrimination sous toutes ses formes.

Alors quand l’un de tes « chefs » se demande qui est le plus sectaire entre les descendants de Jaurès et ceux du parti de Jean-Marie Le Pen, et bien il agît comme un salaud. Qu’à la tête du FN il y ait un Jean-Marie, une Marine ou un Kevin, peu importe, on ne confond pas ses adversaires avec ses ennemis ! On ne fait pas semblant de ne pas savoir sur quelle corde merdique tire le FN. Qu’on veuille donner aux électeurs frontistes un autre choix que l’impasse de la haine, c’est logique !  Mais en aucun cas en rendant crédible ce parti en le mettant au même niveau que les autres.

La gauche et la droite fonctionnent comme un couple qui passerait sa vie à s’engueuler, mais qui, pour le bien de notre société, ne peut se passer l’un de l’autre. L’extrême droite n’est pas à prendre comme un nouveau partenaire de coucherie pour un triolisme sympa, mais comme une putain de maladie sexuellement transmissible dont on doit se protéger avec le pacte Républicain.

Alors mon vieux, nous qui voulons le meilleur pour chacun de nous, ne commençons pas à parler de « peste et de choléra » pour justifier le « flirte » avec le pire. La seule solution c’est la capote républicaine, c’est de voter couvert, si nous voulons continuer à débattre, à nous affronter, et parfois à nous accorder sans que la bête immonde menace notre liberté.

par Anthony Casanova
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