Philippe Val est méchant (2)
Par Christophe Sibille , le 21 avril 2015

Christophe SIBILLE l’homme au micro

(Une fois n’est pas coutume, je vais rebondir sur le sujet traité par mon excellent directeur en chef la semaine dernière. Mais comment vais-je réussir à être original ? Il a déjà tout dit !

Tant pis. Il y a des choses qui, comme le préposé à la distribution du courrier le drelingue si bien, méritent les deux fois.

Mais qu’est-ce qu’il peut les agacer, putain !! Il les énerve, bordel ! Et des gens de tous bords, de toutes tendances ! Il les a toujours irrités, mais pas toujours les mêmes, et pas toujours en même temps ! Rien que pour ça, il mérite toute notre attention, et qu’on ne s’arrête pas à l’aspect, disons, un peu « donneur de leçons » de la personne.

A noter, d’ailleurs, que ceux qui ne dédaignent pas à lui caguer sur la tronche en pointant du doigt cet aspect désagréablement bénin sont très souvent les mêmes qui mouillent devant les vidéos du gourou Etienne Chouard. Clips qui parsèment cette poubelle non concernée par quelque forme de tri sélectif qu’est parfois la toile.

Oui, cher Naqdimon, j’insiste, je veux parler de « la personne », et non « du personnage ». Car la personne, c’est l’être dans son unicité, sans tenir compte du regard des autres. Contrairement au personnage, qu’on définit couramment comme l’image que l’on donne d’une personne dans certaines circonstances.

Ce qu’aiment à faire les gens qui aiment détester. Et, tout particulièrement,  détester Philippe Val.

Certes, il fut un patron autoritaire. Il a viré des gens, à Charlie-hebdo, à France-inter. Et aussi dans la petite entreprise Font et Val, dont j’ai eu la joie de faire partie. Et dont je fus viré.

Philippe n’a pas toujours été très élégant dans sa manière de virer certains de ses collaborateurs. Certains l’ont appris eux-mêmes par courrier, et quelquefois quelques jours après avoir été en sa présence dans des circonstances plutôt conviviales. Dont aucun élément, en tous cas, ne laissait présager une telle issue. J’aurais donc des raisons particulières de lui en vouloir.

Mais qui sont-ils, ces pourfendeurs de Philippe Val ?

Des gens certes très intelligents.

Coup de bol, vu que Philippe trouve, à juste titre, que c’est dur d’être aimé par des cons. Il doit donc logiquement aimer à être haï, vilipendé, traîné dans la merde, couvert de dégueulis, et même accusé d’apprécier l’UMP par des bipèdes qui, quoique souvent à la limite du psychopathe, sont indiscutablement pourvus d’un certain nombre de neurones. Si on excepte, évidemment, les antisém … Pardon, les antisionistes, qui hurlent à l’Islamophobie dès qu’il défend la publication des caricatures de Mohammed.

Il est à noter que les deux premiers ennemis irréductibles de notre présumé dictateur sont eux-mêmes des chefs eux-mêmes très humanistes, et attentionnés pour leurs escl … Pardon, pour leur petit personnel.

J’ai nommé Daniel Mermet, qui sous-paye et harcèle ses subordonnés jusqu’à la tentative de suicide, et Siné, qui, une fois viré de Charlie, et après avoir mis Val en procès, ne laisse à aucun des dessinateurs, pourtant tous excellents, le soin d’avoir la « Une » du blog sur papier … Pardon, du  journal créé suite à son éviction. Tout pour sa gueule. 

On trouve incohérent le parcours de Val ; « oui, comment cet ex gauchiste, (sic), peut-il être, de glissement devenu Sarkozyste ? ».

Tiens, à ce sujet, une anecdote vécue …

Juillet 1979. Les millions de morts pour la juste cause de la révolution culturelle n’ont pas encore pu trouver l’empathie de tous les romantiques admirateurs du Djihadiste Mao Zedong. Trois de ceux-ci sont à cette soirée. Plus moi. Plus Philippe. Ils défendent bec et ongles le grand homme et son bilan. Ils demandent son avis à Philippe ce qu’il en pense ; réponse du préempté gauchiste : « moi ? Je préfère Giscard d’Estaing !! »

Ses détracteurs, que ce soient ceux qui le voudraient en entier dans leur camp ou ceux qui voudraient l’éjecter intégralement du leur, n’ont visiblement pas compris. Val n’est dans aucune des boîtes où aimeraient le placer ceux qui aiment les boîtes. Ni écolo, ni gaucho, ni socialo, ni UM –pot, ni, évidemment, facho. Il est seulement Valiste.

Il déteste les dangers dont le désir de perfection nous menace, et il a bien raison. Et son dernier livre, qui a l’impudence de prétendre qu’un individu peut avoir mainmise sur sa vie au-delà du déterminisme social, point de vue que la vulgate sociologique défend avec les œillères idéologiques qui la caractérise, le prouve.

Pour finir en mocheté, (oui, en beauté, ce n’est pas dans mes cordes), je vous renvoie, sans plus d’explications, vers un article de « Backchich « qui date d’un peu plus d’un an. Bakchich, un des journaux démocratiques bien connu du « Web ». Les lecteurs du « coq des Bruyères », donc toi, ont même droit ci-dessous au lien qui les renvoie vers cette prose exceptionnelle de drôlerie et d’objectivité Républicaine pour en décrypter le savant argumentaire.

-Philippe Val a écrit les « Versets érotiques », il a relancé « Charlie-hebdo », il a mis Guillaume Gallienne et Jean-Claude Ameisen à l’antenne de France-Inter et, mieux encore, il a atomisé la palme d’or « Entre les murs », (qui aurait plutôt mérité le masque et le tuba) en marchant dedans du pied gauche.

-Dans Bakchich, Sébastien Fontenelle étale sa bile, et nous expose de manière vraisemblablement inconsciente la manière dont il se perçoit lui-même à travers   le titre de son dernier livre : « même pas drôle, Philippe Val ».

Je sais pas vous, mais moi, je préfère le premier.

http://www.bakchich.info/blogs/2013/11/18/apprenons-a-distinguer-le-dessin-de-charlie-du-dessein-de-minute-62901

 

par Christophe Sibille

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