Philosophie du quotidien
Par Thierry Rocher , le 9 avril 2019

Thierry ROCHER renvoie la censure

Le message de Qi Shi Tsu, rendez-vous quotidien sur Facebook, c’est terminé depuis le 7 avril. Aussi, comme un certain nombre de « fidèles lecteurs » me l’ont demandé, je vous livre, aujourd’hui, cinq des derniers numéros.

Qi Shi Tsu vous parle. Quand on est chef d’état, à force de côtoyer des escrocs et des dictateurs, ne passe-t-on pas son temps à revoir son vocabulaire? Honnêteté, dignité, respect, solidarité, humanisme sont-ils des mots qu’il faut revisiter en permanence si l’on veut être capable d’assumer sa tâche au quotidien? Tout le monde sait que l’on est prévenu avant de prendre des fonctions à la tête d’un état, surtout si l’on veut diriger un peuple qui n’est pas perdu sur une île isolée qui n’intéresse personne. Mais entre l’abstraction des perspectives et la réalité quotidienne, il y a parfois un gouffre que la conscience d’un individu à l’intelligence moyenne ne perçoit pas rapidement. A force de se mettre les doigts de l’homme bien profond, les droits s’égarent dans les obligations économiques. Et la question fondamentale reste posée: à force de sucer les dictateurs, est-on capable de tout avaler?

Qi Shi Tsu vous parle. La rumeur, les fake news, ça devient un sport planétaire. Qui sont les plus malades? Ceux qui véhiculent les conneries ou ceux qui y croient parce que comme disent les Prix Nobel de la pensée «Il n’y a pas de fumée sans feu». Alors, le complotisme n’est jamais loin. On avance vers l’intelligence en reculant, ça évite de voir la vérité en face. Mais que font les psychiatres pour gérer tous ces êtres en perdition qui feraient mieux d’aller trinquer au bistrot du coin, histoire d’aérer leurs neurones. D’où vient celle volonté de croire qu’il y a un ensemble de forces qui œuvrent dans l’ombre pour vous attaquer ? La rumeur qu’on faisait courir autrefois car le bonheur suprême pour les refroidis du bulbe a toujours été le pouvoir de nuisance qui a trouvé sa vitesse de croisière avec les réseaux sociaux où plus c’est gros plus ça passe comme dirait Trump, un spécialiste.

Qi Shi Tsu vous parle. Ah ces jeunes Algériens dans les rues pour réclamer de la démocratie face à des forces de l’ordre pacifiques, cela fait plaisir. Des jeunes qui marchent avec l’espoir au coeur sous le soleil qui brille. Le tableau est presque trop beau. Et le pouvoir qui tente des manœuvres pour éloigner le président fossile et s’éviter des poursuites pour corruption aggravée. C’est beau des jeunes qui réfléchissent même avec une expérience limitée de l’idée de démocratie, de celle qui a fait le fond de commerce de notre France des Droits de l’Homme qui n’a souvent que l’emballage en magasin. La rue Algérienne va donner des leçons à la chienlit française où chacun se croit du bon côté. Des leçons d’intelligence qui nous viendraient d’une ancienne colonie? Mais où va-t-on ? Et comme diraient les derniers rapatriés du sud de la France apolitiques d’extrême-droite: « c’est pas du travail d’arabes!»

Qi Shi Tsu vous parle. A regarder autour de soi, on s’aperçoit qu’on peut très bien vivre, sans lire un livre, sans fréquenter les musées, sans aller au théâtre ou au cinéma et en ne côtoyant que des gens qui ne savent même pas que ces outils culturels existent. Il y a quelque chose de rassurant à cet état de fait. C’est rassurant pour ceux qui s’en foutent et qui se disent qu’ils ne perdent pas leur temps à des choses sans intérêt et peuvent ainsi avoir du temps à consacrer à l’essentiel: supporter le PSG, les jeux de la Françaises des Bœufs, les annivs des enfants chez Mac Do….et c’est rassurant pour les autres, les intellos qui ont un sentiment de supériorité inavoué avec plein de commisération pour ceux qui n’arriveront jamais, malgré des efforts sympathiques parfois, à être à leur niveau. Le tout est de bien choisir son camp, c’est le prix du bonheur insouciant.

Qi Shi Tsu vous parle. En point de mire: mon anniversaire début mai. Et qui dit anniversaire, dit cadeau. Alors pour donner des idées aux amis je vous livre quelques pistes même si je sais que ce que je vais évoquer sera difficile à concrétiser. 1er cadeau souhaité: une paire blacks blocs empaillés pour mettre à la campagne. Et comme je ne suis pas franchouillard, n’importe quelle nationalité fera l’affaire. Deuxième cadeau: une soirée avec des spécialistes féminines du nem, disons deux ou une paire. Troisième cadeau: les mémoires d’un humoriste qui n’a pas la grosse tête. Difficile à trouver, je sais ! 4ème cadeau: manger des huitres avec la femme de mes rêves, à la pointe du Raz, un soir de tempête (sans oublier quelques bouteilles de Saint-Véran, ou de Quincy). Voilà! Mais qu’on se le dise, je suis ouvert à d’autres cadeaux, l’important étant d’en recevoir !

Par Thierry Rocher

# [Les derniers articles de Thierry Rocher]

Patrick FONT - Souvenirs d'un cowboy d'opérette