Plus rien, nadir

par | 21 Déc 2021

Bon, je vais être honnête, moi qui vous cause bi-hebdomadairement sauf y a 15 jours rapport à qu’on n’a pas sorti de Coq pour des raisons raisonnables d’occupation des uns et des autres, je suis pas super super costaud quand on me cause d’astronomie. Attention, quand on vient me ripoliner le baveux avec l’astrologie, je deviens très balaise. En insultes. Parce que si j’aime bien les conneries, j’aime pas les couillonnades qui se foutent du bon peuple. Mais, bref, revenons aux étoiles et à l’espace. Donc, je suis plutôt une bille question astrophysique et reconnaissance des planètes, j’arrive même pas à me souvenir de la formule mnémotechnique pour classer celles de notre système solaire, c’est vous dire. J’ai bien deux trois copains passionnés de la chose qui m’en ont causé de tout ça, mais franchement, si je ne déteste pas mater les astres, je préfère regarder les filles, je suis un affreux mâle hétéronormé cis-genre pas déconstruit qui s’assume.

Donc pourquoi que je vous parle du nadir, la position strictement inverse du zénith pour une observation spatiale, c’est-à-dire pile-poil sous les pieds de l’observateur ? D’abord, parce que ça fait un calembour et que Casanova déteste les calembours, ce qui est déjà une excellente raison, faut toujours agacer son Rédac’chef, ça lui alimente l’influx. Et surtout parce que c’est par là que je dois zieuter si je veux voir où se trouve la Gauche de nos jours. Oui, je sais, je vais encore me plaindre de ma famille politique, mais franchement, rester de Gauche aujourd’hui, c’est comme se faire larguer tous les jours par la même demoiselle et en redemander. Sérieux, je ne sais pas comment vous faites pour garder foi dans ces rigolos, mais là, moi, ça me dépasse, les bras m’en tombent des mains.

Parce que dans la série « Au fond du trou, je creuse encore », on est servi. Alors, je ne vais pas faire le catalogue complet des conneries, entre ce givré de Mélenchon – non, plus de petits noms ou de surnoms rigolos pour ce rebut de la politicaillerie la plus navrante – qui préfère les sympathiques Poutine ou Xi Jinping à n’importe quel Américain et qui soutient les antivax de la Caraïbe comme une corde soutient le pendu, cette courge ultime de Garrido qui veut se « réconcilier avec les terroristes » et qui touche les sous de Bolloré sans que ça ne pose de problèmes à son âme de Gauche, Hidalgo, prête à rejoindre La Franfe Infoumive après un Primaire, merde, j’attendais mieux d’elle, et Taubira, la rock-star des plateaux qui ira seulement si on la supplie et qui tient des discours absolument moisis sur la vaccination, ben moi, tout vieux social-démocrate que je suis, je ne peux plus. Je ne peux plus encadrer les lamentables postures de ces branle-panneaux, hautains comme des évêques au bordel et si plein de suffisance qu’ils pourraient en exploser. Et je vous passe les pitreries de Coffin, les aberrations de Corbières, les approximations de Ruffin et toutes les autres imbécilités.

Et ne croyez pas que la Droite me fasse triper quinze secondes, c’est pas parce qu’ils ont choisi Zezette Épouse X qui serait passée par le Couvent des Oiseaux pour les représenter qu’ils gagnent une once d’intérêt de ma part. En gros, c’est toujours le même discours libéralo-sécuritaire à la con, teinté des idées de ce bas-du-Front de Ciotti, et dont l’ensemble dégage le délicat parfum de fosse à purin qui semble s’échapper de ma télé chaque fois que Zemmour ouvre son claque-merde. Lui, parfait, rien à dire, malgré ses imbécilités et ses mensonges, il a tellement capté le débat que toute la Droite et l’extrême-Droite lui courent au cul, comme un corniaud colle au derche d’une chienne en chaleur. Ce serait à se tordre de rire si ce n’était pas aussi tragique. Je ne suis pas de Droite et j’ai pas l’intention de l’être, mais si mon adversaire politique naturel se met à ressembler à une bande de poujadistes bavochant juste pour faire plaisir à l’autre tocard, moi, ça me désole, elle mérite mieux que ça, la Droite. Même la Droite la plus bête du monde.

Je pourrais aussi dérouler mon fil sur le gouvernement, entre ses manquements et ses allers et retours, son indécision maladive et ses choix à l’emporte-pièce, mais finalement, je ne vais pas m’entraîner au missile sol-sol sur lui, vu que je suis maintenant certain de devoir lui refiler ma voix dans 4 mois, afin d’éviter les encore pires. Toute ma vie citoyenne, j’ai toujours voté pour, désormais, je suis obligé de voter contre. Contre tous les autres qui arrivent ex æquo au concours du politique le plus débile et le plus démagogue. C’est triste comme une série policière de France 3 du dimanche soir avec Francis Perrin dans le rôle principal, c’est vous dire. J’ai pas envie d’être En Marche, je préférerai rester le cul sur ma chaise à mater des Marvel sur Disney +© ou des DC sur Netflix®, mais j’ai pas trop le choix ou alors, je vais être obligé de me tartiner une des deux blondes réacs comme Présidente, merci, mais non merci.

Et ce qui me rend encore plus fou de rage aujourd’hui, ce sont les élégies faites à Laurent Bouvet qui vient de nous quitter, victime d’une saloperie génétique qui a été hélas plus balaise que lui. Quand j’entends tous ces crétins à la crème d’andouille expliquer que cet intellectuel laïque avait quitté la Gauche pour la Droite, alors qu’il s’était contenté de rester ferme sur les fondamentaux de ce qui doit être le socialisme, ça me donne envie de leur mettre des grandes tartes dans la gueule. Avec une pelle. En acier trempé. Tous ces décatis du cervelet qui ne pigent pas que rejeter les inepties gauchisantes et indigénistes, ce n’est certainement pas rejoindre ce lamentable gugusse de Zemmour me colle dans une rage noire. Bouvet n’a jamais trahi ses idéaux, lui, il les a affirmés et affermis, toujours, invariablement, sans se trahir pour gratter quelques voix parmi les plus imbéciles des électeurs.

Alors, si je fais le bilan de cette fin d’année 2021, la pandémie flambe toujours, la Gauche est en soins palliatifs, la Droite joue « Qui sera plus réac ? » avec un histrion télévisuel, pendant que l’extrême-Blonde attend de ramasser les miettes, le gouvernement fait ce qu’il peut, mais avec si peu de charisme et finesse qu’on peut croire qu’il le fait mal et Laurent Bouvet est mort. Ça ne présage rien de bon pour 2022, au niveau du niveau de ma tension et de ma colère.

Pas tellement envie de me ruiner la santé à cause de ces cons-là.

Va falloir que j’en cause avec Casanova. Sans lui faire de calembour, sur le coup.

Par Naqdimon Weil

Par Naqdimon Weil

Naqdimon Weil est rédacteur. Il est aussi chroniqueur. Il est surtout social-démocrate universaliste, laïcard et sioniste. Il est gravement quinquagénaire et profondément provincial. Et, évidemment, il est dans le Coq.
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