Plutôt l’hosto que la Courneuve
Par Christophe Sibille , le 25 septembre 2018

Christophe SIBILLE et sa lectrice

J + 1. De retour chez moi depuis vingt-quatre heures. Sur les «starting-blocks» depuis quatre semaines. Soit à peu près le même temps après que le médecin-chef du centre de suite de soins et de réadaptation dans lequel j’étais le patient pas le plus patient qui soit m’ait dit: «vous savez, Monsieur Sibille, vous êtes un miraculé.» Ouaiiiiiiiiiiiiis!!! Ô, ma chère lectrice, toi qui n’as encore rien fait pour moi, (Oups, je n’ai rien dit! Tu me lis, quand-même… du moins le prétends-tu), est-ce que par hasard tu pourrais le dégoter le «06» de Jean-Pierre Mocky? J’ai une idée géniale de scénario pour lui, avec un vélo. Et avec un mec dessus. Vélo dont la roue avant décide tout d’un coup de partir en live de son côté, et paf! le Sibille. Et ça te fait rire? Avec Pierre Richard dans mon rôle. Et Alexandre Benalla dans celui de la roue, le «remake.»

Ouais, ben, même si quitter l’hôpital est quand même presque aussi jouissif que ne jamais y aller, se retrouver tout seul chez soi, après huit semaines d’hospitalité avec un personnel trois étoiles, et avec une nourriture… et nourri … Se retrouver chez soi, donc, avec l’interdiction d’une autre position que l’allongée, sinon avec un corset qui te broie le torse et te cisaille sous les aisselles, rendant l’écriture de cette chronique aussi aisée que sauter deux mètres en «Fosbury» pour Mimy Mathi, va, je le crains, m’obliger à te demander ton indulgence pour la potentielle indigence de ce papier. Nonobstant, je vais faire de mon mieux.

Chère lectrice, tu t’imagines bien que j’occupe le temps infini que me confère cette immobilité relative de manière totalement constructive. A m’engueuler sur «Facebook.» On ne se refait pas. Ça a commencé avec une publication sur l’extermination des enfants au Yemen, que j’ai partagée. Avec un «chapeau» qui disait à peu près ceci: «Quand il n’y a pas de juifs à faire chier, on ne l’entend plus beaucoup, l’extrême-gauche pro-palestinienne». Oui, je sais, quand tu fais partie de la France insoumise, du nouveau parti anticapitaliste ou même du parti communiste, comme quelques-uns de mes amis, (oui, je suis très ouvert et tolérant), ça ne fait pas plaisir. D’un autre côté, ce n’est pas fait pour.

Et d’autant moins quand tu te sens un peu merdeux à avoir fait des langues, (féminin de pipes), pendant toute la fête de l’humanité à une post-pisseuse, libérée des geôles israéliennes au bout de six mois, (geôles dans lesquels le menu proposé semble nettement plus avenant que celui de mon hosto, au vu des formes épanouies de la donzelle.) Alors qu’elle avait copieusement appelé au meurtre, par n’importe quel moyen, de civils; après avoir baffé un soldat israélien, encouragée par sa mère. Génitrice elle-même réalisatrice de «tutos» fort précis pour être plus efficace avec un couteau anti-juifs. Et qui a été elle-même organisatrice de meurtres de civils israéliens. Reçue comme une reine, à la Courneuve, la Ahed Tamimi!

Et je me suis plu (à verse) à imaginer la situation (inverse); un ado israélien, dans la bande de Gaza, filant des coups de latte à un «dignitaire» (donc indigne) du Hamas, en appelant à zigouiller des fedayins… Descendu sur place, et sans qu’on lui laisse même l’occasion de tester la bouffe hallal. Hé bien, ça n’a pas raté. Les grands mots lâchés, tout de suite. «Donneur de leçons», «qu’est-ce que tu en sais que les gens de gauche ne sont pas de ce combat-là aussi», «les palestiniens sont traités comme les juifs en 1940», et, évidemment, le mantra définitif, «connard de sioniste.»

Alors, aux quatre cancres imbéciles qui se sont partagé ces indéniables, (bien que peu originales), perles, je vais répondre dans l’ordre: le plus simplement possible.
-Je ne donne jamais de leçons. Je les vends. Faut pas déconner, non plus.
-Le ratio entre cagades anti-israéliennes de ces autopersuadés du camp du bien et leurs protestations contre la honte des massacres yéménites; à la louche, de 10 à 1.
-J’ignorais que «les juifs de 1940» avait nié à l’état allemand le droit d’exister.
-Et, pour finir, rappel succinct de ce qu’est le sionisme, justement: «droit pour les juifs d’avoir un état souverain», et, par extension, «soutien à l’état d’Israël.»

Les antisémites profonds ont une illusion d’optique qui leur fait placer «inconditionnel» entre «soutien» et «à». Un peu comme si ne pas cautionner la casse programmée du programme social issu du conseil national de la résistance par Macron m’obligeait à gueuler: «mort à la France.» Bon, je ne sais pas toi, mais moi, j’ai bien envie de finir là-dessus.

par Christophe Sibille

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