Podemos? Pueden ser estúpidos, claro
Par Naqdimon Weil , le 25 février 2020

NAQDIMON fait son malin

 

En cet hiver qui ressemble de plus en plus salement à un printemps, certainement pour cause de dérèglement climatique ou parce que Dieu a décidé de nous refaire le coup du Déluge mais à l’envers, quel farceur, celui-là, moi, je qui vous cause hebdomadairement, je trouve que le temps est à l’orage. Les discussions sont électriques, les arguments et contre-arguments foudroyants et les réactions tempétueuses. Dans ce maelström – j’adore ce mot, il me fascine depuis que je l’ai découvert dans un Jules Verne, lors de ma lointaine jeunesse, je ne sais plus lequel, mais en fait, on s’en fout – de prises de positions toutes plus outrées les unes que les autres, sauf bien sûr les miennes, car je suis un modèle de modération et de pondération, certains atteignent des niveaux olympiques de déconométrie patentée.

J’en veux pour preuve la décision de quelques maires espagnols issus de Podemos, le parti de la Gauche de la Gauche de la Gauche de la Gauche de Mes Deux qui, pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps, ont décidé de boycotter, voire d’interdire, tous les produits venant d’Israël. Pas des Territoires occupés – selon la nomenclature généralement énoncée dans les médias -, pas de certaines entreprises, non de tout Israël. Au nom du peuple Palestinien, bien sûr. Dire que je trouve ça d’une connerie sans nom est un euphémisme. Mais, comme c’est à la mode, je crains de n’obtenir de la part des lecteurs qui ne sont pas déjà passés sur Youtube afin de suivre un tuto « Beauté et Harengs fumés » à peine l’élévation d’un sourcil sur le ton du « Oui, bon, d’accord, mais est-ce si surprenant ? ». Et ils auront raison, la Gauche de la Gauche de la Gauche de la Gauche de Mes Deux a tellement l’habitude de s’essuyer ses espadrilles équitables sur le dos de l’État hébreu que le signaler tombe dans la tautologie, ce qui ne signifie pas raconter une histoire de Toto, évidemment. Donc, en effet, pourquoi souligner une nouvelle ineptie antisioniste de cette mouvance, digne représentante du « camp du Bien », confite dans ses certitudes et ses diktats moraux qui sentent le rance ?

Parce que, ce coup-ci, ces faux-derches de la solidarité internationaliste, ces humanistes en carton-pâte, ces décérébrés de la pensée décoloniale tombent carrément le masque. Certes, depuis longtemps, je dis et j’affirme que ceux qui se proclament « antisionistes » ne sont que des antisémites qui n’ont pas le courage de s’accepter comme tel. Oui, c’est vrai, je continue à penser que la « Cause Palestinienne », notez les majuscules, est le cache-sexe d’un impensé puant et malsain, car monolithique et incapable d’esprit critique. Évidemment que c’est une lamentable farce, organisée par les clowns tristes du BDS, qui ne connaissent en territoires disputés que ceux qui touchent Israël et aucun autre, ni le Sahara occidental, ni le Tibet, ni la Papouasie. Ni Ceuta et Melilla – sauf la sénatrice Maribelle Mora –, comme c’est amusant. Bref, c’est un air connu

Mais là où Podemos, ou du moins un paquet de maires de villes de ce parti, dépasse toutes les bornes communément admises comme infranchissables, c’est leur appel à boycotter les simples citoyens israéliens. Donc, un Israélien de Shalom Ahchav – La Paix Maintenant –, par exemple ou d’autre association de ce type est quand même par nature l’Ennemi, qu’il faut non seulement ignorer mais également repousser. Voilà qui devrait faire plaisir à la regrettable Isabelle la Catholique et à ses petits potes de l’Inquisition Espagnole…

Ce weekend, dans la ville d’Alost, en Belgique, en Flandres, précisément, se tenait le traditionnel carnaval. Avec son traditionnel défilé. Et ses traditionnels costumes. Et son traditionnel antisémitisme. À la vue des photos gerbantes de cette mascarade de mange-merde, il y a eu des réactions, des tas de réactions, dont la mienne, pour dénoncer ce dégueulis minable, masqué sous le droit à l’humour et à la liberté de caricaturer. Ces peigne-culs se planquent sous la couverture de Charlie pour pouvoir vomir leur petite haine recuite. Et ça leur revient dans la tronche à Mach 2, ce qui n’est pas dommage.

Mais les gentils maires de Podemos ne risquent pas ça, eux, ils ne sont pas antisémites, seulement antisionistes.

Comment dit-on « Bonnet blanc et blanc bonnet » en espagnol ?

par Naqdimon Weil

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