La politique c’est quoi ?
Par Thierry Rocher , le 4 décembre 2018

Thierry ROCHER renvoie la censure

En cette période animée, dirons-nous, comme une obligation de se poser pour réfléchir un peu au pourquoi du comment. Je suis un peu fatigué de voir le déficit d’intelligence et d’imagination qui se constate tous les jours. Je ne le dis pas trop fort pour ne pas être taxé de prétention.

La politique, quand on observe toutes ses facettes, c’est principalement deux aspects: d’un côté les décisions qui concernent le bien collectif, l’efficacité et de l’autre le symbole. Ce dernier, même s’il n’a pas de poids majeur dans la vie du collectif d’une nation sert de repère, d’éclairage moral au service de la crédibilité des décideurs.

Actuellement, dans cette partie, un certain nombre d’anomalies qui vont rapidement devenir insupportables à mesure que la souffrance populaire s’accentue.  Au moment, où l’on annonce qu’il n’y aura pas de coup de pouce au SMIC, l’information de la hausse des rémunérations des collaborateurs ministériels, 15% en moyenne, la palme allant à l’entourage de Grivault avec 25%. Les retraités parlent, pour la majorité d’entre eux, de leurs difficultés quotidiennes et nous avons toujours en point de mire nos 4 présidents retraités qui coûtent une douzaine de millions d’euros annuels aux contribuables pour une utilité qui demanderaient quelques explications, sans parler de la colonie d’anciens Premiers Ministres qui coûtent également une fortune difficilement justifiable. Evidemment, tout ça n’arriverait pas si la politique arrêtait d’être un métier pour devenir une fonction; statut qu’elle occupe dans les pays scandinaves pour le bien de la collectivité.

Les sommes évoquées avec ces différentes fonctions sont dérisoires mais enlèvent toute crédibilité aux donneurs de leçons qui bénéficient de ces avantages.

L’autre partie plus conséquente est l’efficacité collective avec les racines de l’inégalité provoquée et grandissante. Les deux domaines qui creusent l’injustice, c’est bien sur la rémunération et l’impôt. La rémunération est devenue indécente à l’image des 25% d’augmentation de dividendes des entreprises du CAC 40 pour l’année écoulée. Dividendes qui peuvent masquer l’incompétence de dirigeants capables de gagner à titre personnel même s’ils ont fait perdre l’entreprise. L’historique de Carrefour est significatif. La rémunération  n’a rien à voir avec le paiement de l’impôt puisque les pros de l’optimisation fiscale sont là pour rendre légale une escroquerie basique.

La colère devant l’injustice fiscale ne peut que s’amplifier quand l’hypocrisie gouvernementale est trop flagrante. Pourquoi est-on incapable de faire payer l’impôt dû à des structure comme Google, Airbnb, Amazon etc…? Pourquoi abandonner la taxe sur les transactions financières? Pourquoi ne pas taxer Total pour la fameuse transition énergétique? Pourquoi laisser polluer les mers par des cargos non taxés? Pourquoi ne pas négocier pour la taxe sur le kérosène puisque son absence  est le résultat d’un accord international?

Alors, les actions du moment me désolent bien sûr, avec une nouvelle fois des actes sans envergure, le plus souvent pathétiques et pitoyables. On peut comprendre la colère mais il faut la dépasser et savoir ensuite ce qu’on veut faire. J’avoue que faire s’entendre des gens qui réfléchissent un peu et des beaufs lepénistes n’est pas simple. Il faut arrêter de croire que les merdes qui se sont illustrées par la violence ont une conscience politique. Et l’idée qu’on ne peut pas se faire entendre sans tout casser est désespérant de bêtise.  Le rejet des partis politiques est peut-être un moment fondateur mais doit offrir rapidement des perspectives en évitant de se mesurer aux risques du populisme. vouloir être rebelle et révolutionnaire mérite autre chose, en 2018, que les fourches et les gourdins du Moyen-Age. Je ne vais pas m’étaler ici sur les cibles, mais gueuler contre l’état est souvent bien facile alors que les décideurs ne sont que les sbires de structures financières autrement plus puissantes. Alors, je n’ai rien contre le symbole des passages gratuits aux péages d’autoroute puisque c’est un juste retour d’équilibre après la privatisation de ces routes qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Mais l’efficacité est ailleurs et les spécialistes informatiques le savent.

En tout cas, Mélenchon et Le Pen retrouvent une raison de vivre, et ce bonheur, ça n’a pas de prix, eux qui n’ont à ma connaissance, pas remboursé Bruxelles pour leur absentéisme notoire.

Par Thierry Rocher

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