Pouce!
Par Naqdimon Weil , le 6 mars 2018

NAQDIMON fait son malin

Ce qui est dur, quand on est persuadé être un amateur éclairé de rock’n’roll depuis toujours et qu’on a fondé son sens de la poésie sur Brassens et Nougaro, c’est de se rendre compte qu’on ne s’appuie que sur des chansonnettes de variétoche pour se faire comprendre. Tiens, pas plus tard que la semaine dernière, moi qui vous cause, je faisais référence à Starmania. Sérieusement, Starmania, quoi…  Et ben là, pareil. Pas The Clash, pas les Beatles, pas un texte de Tonton Georges qui me vient en tête, mais une scie du Top 50. Encore une production de Michel Berger, d’ailleurs, à croire que j’aime bien ce type – dont je me contrefous en règle générale –  alors qu’en fait, ben non ! Donc, depuis un certain temps, j’ai la chanson « Le Paradis blanc » qui me fait le 800 mètres dans la caboche. Vous me direz « C’est super, ça nous passionne à mort, mais, nous, on s’en tape, c’est pas le sujet de ta chronique, alors, va-s-y, comme d’hab, tu vomis tes imprécations colériques sur X ou Y, tu cognes comme un sourd sur Wauquiez ou Méluche, à toi de voir, nous, on veut juste ricaner en te lisant ». Certes, c’est plutôt ça, le contrat tacite entre nous, je m’énerve, vous lisez, si ça vous fait marrer, vous mettez un pouce en l’air sur Fatchebouc, ou même un beau commentaire, et hop, on colle ça à Pertes et profits et on passe à la suite.

N’empêche.

N’empêche que comme le chanteur amateur de blondes – ben il est passé de Sanson à Gall, c’est un signe, tout de même – moi aussi, j’ai des envies d’Arctique, de silence, de froid et de calme. Bon, dans un paquebot avec tout le confort moderne et bien chauffé, faut déconner, j’ai pas l’âme d’un zadiste à dreadlocks, moi, je veux bien l’aventure, mais dans les limites du raisonnable, si j’ai pas ma douche chaude et mes trois expresso par jour, c’est le drame absolu. Mais tout de même, je réitère, j’irais volontiers me balader du côté du Spitzberg, mater une ou deux aurores boréales, observer les ours blancs et les baleines à bosse, voir les manchots – ah non, merde, c’est les pingouins qui vivent dans l’hémisphère nord ! Les manchots, eux, ils perchent en Antarctique et, s’ils ne volent pas, leurs ailes leur permettent de nager dans l’eau. Voilà, ça, c’est fait, il ne faut jamais perdre une bonne occasion de se cultiver un peu – et tout le toutim. Je me suis même procuré un catalogue de croisière, histoire de renseigner. Putain, va falloir que je vende un rein pour m’offrir ça ! Tant pis, je vais vendre un des reins de Ranson, il me doit bien ça.

Et pourquoi ai-je ce fantasme de banquise, me demanderez-vous, parce que vous êtes bien polis et qu’il faut bien causer un peu ? Parce que je fatigue. De tout. Tout le temps. J’en ai ras la casquette des politiques qui paraissent vouloir jouer à celui qui sera le plus con, avec le soutien des peuples européens qui se complaisent dans des révoltes d’ado. J’en ai plein le cul des militants de tous bords, qui m’explosent leurs fistules politiques à la tronche en me collant anathème sur hérésie, au nom de leurs différentes fois politiques et/ou religieuses à la con. J’ai le sac plein des complotistes et des relativistes, des homéopathes et des approximatifs, des zadistes, des barbus mangeurs de fromage de chèvre sans OGM, des révoltés du Bounty à cause de l’huile de palme, des curés de campagne écolos qui ne savent pas lire une putain d’étude scientifique. Je veux du silence, du calme, de la profondeur et de la distance. J’en ai ma dose des hurlements d’hystérie dès qu’un clampin a un pet de travers. Tiens, même moi, avec mes éruption à contretemps, je me fatigue tout seul, je m’épuise moi-même, c’est dire.

Alors, allez chanter dans le poste avec un bicorne de gendarme ou un voile intégral sur la tronche, passez raconter des conneries poisseuses à des mômes dans des écoles pour futurs requins de la finance, inventez-vous un « média » à votre gloire et virez tous ceux qui pensent que vous n’êtes pas Sol Invictus, soutenez Al Sissi ou Xi Jinping ou le Pape ou mon cul, adorez ou vomissez la dépouille désormais bien froide de Jean-Philippe Smet, car vous soutenez la connasse de femme ou ses crétins d’enfants, moi, finalement, tout ça, je m’en cogne ! NW, ne me cherchez plus, moi, je suis parti au cap Nord.

Mais si j’y croise un pingouin avec un badge France Insoumise ou Les Républicains ou le PIR – du pire -, je lui explose la tronche, direct. Promis.

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

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