Pourquoi la plupart des comédiens devrait soutenir le FN
Par Thierry Rocher , le 24 septembre 2013

Thierry ROCHER renvoie la censure

Quelques jours après l’émotion suscitée par la présence de Jean Roucas à l’université d’été du F.N . à Marseille, je voulais apporter ma pierre (en tant que Rocher je me dois de le faire) au débat non pas pour la jeter mais pour m’asseoir dessus et réfléchir.

Beaucoup de points communs entre les artistes, les comédiens et le parti du borgne. Tout d’abord, le fond de commerce du F.N., c’est la peur, peur de l’autre, de celui qui est différent..on connait la chanson. Le F.N., c’est le parti de la peur. Et comment vivent la plupart des comédiens , si ce n’est dans la peur quotidienne de l’absence d’engagement et de cachet. La peur de perdre le statut d’intermittent du spectacle. Par voie de conséquence, le comédien ou l’humoriste qui perd facilement son humour quand le concurrent vient lui prendre sa place regarde, avec angoisse, les nouveaux talents débarquer dans son pré carré. Une nouvelle fois la peur comme dénominateur commun dans la réaction épidermique, marque de fabrique du F.N. Le Front National est aussi le parti de la frustration avec la recherche permanente du bouc-émissaire qui est la cause de son mal être et de son aigreur.

Que dire alors de cette cohorte de frustrés qui crient en chœur, une fois qu’ils se sont mis d’accord sur la raison évidente de leur vie ratée ? Et que dire de cette masse de comédiens frustrés qui passent leur temps à contempler avec horreur les emplois que d’autres beaucoup moins talentueux viennent leur voler sans vergogne ? La frustration est à l’évidence un point commun entre les militants et les artistes. Et que dire de cet égo surdimensionné que l’on retrouve chez les chefs de la basse-cour frontiste et ces comédiens souvent seuls à être persuadés de leur génie. Cet égo qui permet, en choisissant la bonne intonation, et le juste volume de faire passer les pires mensonges en réalité politique.

Cet égo qui réussit à pourrir pas mal de soirées où les non-comédiens subissent la représentation permanente qu’imposent les comédiens à leur entourage dans la vraie vie, sans doute le résultat d’un manque de jeu sur scène ; la tentation étant de dire que si quelqu’un joue suffisamment dans un lieu dédié au jeu, il ne se croit pas obligé de le faire dans la vie de tous les jours. Alors, l’absence de recul qui caractérise le militant F.N au point qu’il est incapable de voir les contradictions de la pseudo pensée Facho Nationale, pensée économique hexagonale ou positions européennes, a son pendant chez le comédien dont le manque de lucidité l’empêche trop souvent d’arrêter sa carrière alors que ses enfants aimeraient le voir exercer un vrai métier capable de les nourrir dignement.

Alors, pour en revenir à Jean Roucas qui m’a souvent amusé et fait rire dans les loges des Deux Anes, Jean Roucas, symbole des planches et le F.N qui ne sent malheureusement pas encore le sapin, les déclinaisons de ces raccourcis de pensées sont évidentes. Et donc, à tous ceux qui, comédiens ou non, auront compris le véritable sens de mon message, je dirais simplement « et encore bravo ! ».

par Thierry Rocher

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