Primaires de rien
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Youhou, les «Femen»?
Qu’est-ce que vous faisiez, le jeudi 5 janvier dernier, sur le coup de 21h50?
Vous aviez une séance d’aquaponey?
Non, je demandais ça comme ça.
Attika Trabelsi, ça vous dit quelque chose?
Cette pauvre chérie, qui, on le rappelle, a pu intégrer l’école normale supérieure et ouvrir son entreprise grâce à la République française, une, laïque, et indivisible, a été invitée pour rencontrer Manuel Valls, candidat à la primaire dire «de gauche», au cours de «l’Emission politique», sur France 2.
«Chouette», me dis-je, «enfin une qui va en profiter pour remercier le ciel d’avoir pu bénéficier du parcours brillant auquel ses aptitudes lui donnaient droit, ce qui n’aurait pas été le cas si elle avait eu la malchance de naître dans un pays qui lui aurait interdit l’école, qui l’aurait planquée derrière un tissu, mariée de force à un brutos adipeux né trois générations avant elle, et, accessoirement, charcuté un peu la chagatte, afin que le futur époux ne puisse pas mettre sa frigidité sur le compte du fait qu’il soit lui-même pathétique au plumard, avant de la répudier quand elle eût été devenue une épave de trente-cinq balais à force de mises bas. Ou de la lapider si elle avait voulu vérifier dans d’autres bras si c’était vraiment normal d’avoir eu envie de calancher à chaque rapport sexuel avec lui.»
Mon cul!
On peut, certes, reprocher pas mal de choses à Manuel Valls.
Mais pas: «Marianne, elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre». Ni: «Ce que représente ce voile, c’est un asservissement de la femme».
Comment ça, non?
D’accord!
Alors, essayons de dire à un homme, musulman ou non, d’ailleurs: «couvre-toi avec ce truc, ou tu vas être objet de concupiscence pour toutes les femmes qui te croiseront, et elles auront le droit de te violer».
Hé ben, Attika, elle était pas d’accord.
«Je me sens humiliée, bafouée, par vos propos», qu’elle a dit à Monsieur j’ai utilisé le 49-3 sous la violence.
«Avec mon voile, on me refuse l’entrée dans une banque».
Ah, non, ça, ce n’est pas si tu as un voile, c’est si tu n’as pas de thunes, faudrait pas mélanger les torchons et les pépettes, là.
«Je veux être libre de porter mon voile».
Libre de porter un instrument d’oppression, pour l’abandon duquel ses consoeurs risquent leur vie outre Méditerranée?
Et elle se revendique féministe?
Pourquoi pas des vampires vegan, pendant qu’on y est?
Et puis, merde, en Khâgne, on n’apprend pas la Boétie?
«Le discours de la servitude volontaire», ça lui dit quelque chose, à la suffragette auto-engrillagée-hyperdiplômée de mon zob?
Entre Manu, qui n’a pas osé lui dire qu’il l’autorisait à se couvrir la gueule pour peu qu’elle la ferme, Benoît, qui nous affirme qu’il n’y a que des mâles aussi dans les cafés européens, et Vincent, qui compare le sort des musulmans aujourd’hui avec celui des juifs il fut un temps en l’imputant à la laïcité, elles commencent un peu à fleurer le chiottard de camp de réfugiés, ces primaires de gauche.
En plus, il n’a pas dit: «il fut un temps», le prof de philo qu’a reçu son agreg par retour de courrier!
«Il y a quarante ans»!
Kiceti, qui va être heureux d’avoir échappé à Nüremberg?
Giscard d’Estaing?
Bref, puisque c’est comme ça, je chante.(Musique de « pas de boogie-woogie », Eddy Mitchell).«Dégage, Flanby, à chacun mon tour,
Sans déconner, venez voter,
-Mais pour quelle brelle va t-on se prononcer,
Putain, la poisse, faut pas s’gourrer,»Voici, d’abord, François d’Rugy,
Arnaud Montebourg, Benoit Hamon,
Et puis si t’as pas encore choisi,
Jean-Luc Bennhamias, Vincent Peillon,
Mais tu verras pas Benoît Apparu,
Lui, il est avec François Fillon,
Mais aucune importance car vois-tu,
Que ce soit Valls ou droite, on l’a dans l’fion,

Et les primaires, moi, ça m’fait peur,
Plus cancer que ce truc-là, tu meurs,

Ah le sourire, fou-rire oui c’est d’enfer vos primaires qui foirent,
J’arrête pas le fou-rire, délire, oui c’est d’enfer, vos primaires qui foirent,
Ca va être un four, une urne c’est pas une poubelle,
A ç’propos j’ai oublié Sylvia Pinel,
Ah oui, le sourire, fou-rire oui c’est d’enfer vos primaires qui foirent!

par Christophe Sibille

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