Primaires Socialistes
Par Thierry Rocher , le 11 octobre 2011

Thierry ROCHER renvoie la censure

On vient donc d’assister à la grande première : la primaire socialiste. Un beau succès avec les deux millions et demi de votants ce qui a agacé la droite à l’image d’un Jean-François Copé agressif et fustigeant ces 4% du corps électoral non représentatif des Français. Comme quoi qu’il y ait eu, 500 000, 2 millions ou 4 millions de personnes l’argumentation aurait été la même pour ce politicard arrogant dont le seul mérite politique est de détester Xavier Bertrand. Un deuxième tour Hollande-Aubry, ce qui est pour mois dommage puisque Hollande-Aubry, c’est le même discours, avec l’une qui parle et l’autre qui se tait en prenant des poses mitterrandiennes, en se disant que le fond finira bien par épouser la forme. Quand on a le même prénom, on peut penser que ça aide à se faire un nom. Le discours de gauche de ces primaires, c’est bien évidemment celui d’Arnaud Montebourg. Et c’est la surprise du scrutin. Après les 39% de Hollande, les 31% d’Aubry, les 17% de Montebourg plus que Royal, Valls et Baylet réunis, c’est l’événement. Que des sympathisants de gauche votent pour un discours moins convenus, qui sort de la poussière, et des idées polissées du socialisme de Neuilly, ça fait plaisir. Ca fait plaisir que peut-être, il y aura un poids à l’arrivée, que le fameux vote utile que les gens sans imagination mettent en avant pour chaque élection aura une portée insoupçonnée. J’ai moi-même voté Montebourg pour différentes raisons, n’en déplaise aux Copé ou Yves Thréard du Figaro, assez haineux à son égard.

Et Montebourg, ce ne sont pas que des mots. Pas que des idées celles d’une VIème république ou de la démondialisation raillée par ceux qui ne nous ont apporté que l’échec avec une vision contraire, mais derrière ça, des faits, comme arriver à affronter tout le monde en voulant amener Jacques Chirac, président, devant la justice ou lutter pour mettre de l’ordre dans la section des Bouches du Rhône du P.S et inquiéter le potentat Gérini dans une région où les socialistes ont cultivé les méthodes douteuses depuis des décennies grâce à leur professeur hors norme: Gaston Deferre. Montebourg qui a également eu le courage, dans ces conditions, d’aller à Marseille, pendant ces primaires, dans la rue, parler de transparence, d’honnêteté et de principes de gauche et républicains, alors que des sympathisants locaux craignaient pour son intégrité physique. Alors, ces primaires, même si, pour la démocratie, c’est anecdotique, ça fait plaisir. Et à tous ceux qui me disent que ça ne sert à rien d’aller voter, je leur réponds qu’ils ont raison, ça ne sert à rien mais qu’à force d’additionner ce qui ne sert à rien individuellement, on arrive à faire avancer les choses dans la vie.

Alors, il ne faut pas se tromper de combat, et c’est bien sûr au printemps que les grands choix se feront. Pas d’illusion à venir non plus dans le contexte du moment. Mais le frémissement à gauche de ces primaires permet de penser qu’il y a un nombre grandissant de gens qui ne s’abritent pas derrière la pensée unique ni le politiquement correct de gauche assez désespérant et que la toute petite marge de manœuvre politique avec la droite peut être suffisante pour changer la vie des plus défavorisés. Alors, pour dimanche prochain, à ceux qui pensent qu’un euro pour la démocratie, c’est pas si cher que ça, et que le P.S. malgré Valls et ses copains, peut être de gauche, je dirais : « Et encore bravo ! ».

par Thierry Rocher

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