Printemps de Bourges, la genèse (1/6)
Par Jean-Pierre de Lipowski

Dans la mémoire de Lipowski

Jean-Pierre de Lipowski, également connu sous son nom de producteur « Jean-Pierre Moreau », nous raconte ici les débuts du premier festival français de la chanson dont il fut membre fondateur : le Printemps de Bourges. Cette semaine, la protohistoire de ce Printemps de la Chanson avec la naissance d’ « Ecoute S’il Pleut »…

En décembre 2015, je reçois un coup de fil de mon camarade Daniel Colling, patron du Printemps de Bourges, soit historiquement le premier Festival Chanson de France (pour être précis, Daniel Colling en est désormais l’ex-patron, il a en effet passé la main à une nouvelle équipe en juillet 2015). On est à la veille, me rappelle-t-il, du 40e printemps de notre Printemps. Et oui, créé en 1977, on peut faire les comptes jusqu’à avril 2016, cela fait bien 40. Si je reçois cet appel, c’est que je fais partie des membres fondateurs encore attachés, de près ou de loin, au Printemps de Bourges, ou tout simplement encore vivants, certains ayant eu la malencontreuse idée de nous fausser compagnie, mais sans partir avec la caisse, on le sait, les linceuls n’ont pas de poche.

A ce propos, mélancolique, le présent article est l’occasion d’un grand coup de chapeau à deux autres membres fondateurs du Printemps, aussi essentiels qu’éminents, qui viennent de nous faire la mauvaise blague de nous quitter, sans prévenir : François Clavel dit « Fernand », qui en fut l’administrateur souriant et enjoué, et Alain Meilland, comédien, chanteur, animateur culturel, sans qui notre Printemps n’aurait sans doute pas été « de Bourges ».

Si Daniel Colling m’appelle au téléphone fin 2015, c’est qu’il veut que je cogite à un texte expliquant comment on en est arrivé à créer un Printemps de la Chanson – après ce sacré long hiver où le showbiz traditionnel avait plongé un art musical aussi éminemment populaire qu’éminemment non reconnu – tout en disant le pourquoi d’un tel événement, suite logique, quand on y regarde de plus près, d’une précédente création, celle d’Écoute S’il Pleut… C’est ce que je me suis appliqué à faire, en tentant d’être aussi fidèle à l’histoire que naturellement subjectif…

Logo du Printemps de 88 à 95, inspiré du kokopelli amérindien

« Je te présente Daniel Colling. »

Le type qui vient de dire ça, c’est une espèce de grande baraque, large d’épaule, tignasse brune ondulée mi-longue, moustache à la Cavanna avec lequel il partage d’ailleurs sa belle tronche d’aventurier littéraire, il s’appelle Maurice Frot.

On est début 1976, il est quelque chose comme 23 heures, on est sur la scène du café-théâtre Le Vrai Chic Parisien, et les derniers spectateurs de notre spectacle, à succès, La Démocratie est avancée, sont en train de quitter la salle.

Maurice Frot est arrivé jusqu’à notre troupe théâtrale, celle de Patrick Font et Philippe Val, via son camarade le génialissime pianiste Paul Castanier. Maurice et Paul, dit Popol, ont été durant une dizaine d’années les compagnons de route d’un monument de la chanson française : Léo Ferré.

Maurice Frot, Léo Ferré, leur copain René Lochu, et Paul Castanier

Patrick Font et Philippe Val, ce fameux duo de chanteurs-humoristes Font et Val qui va faire les grandes heures de la scène… comment dire ? libertaire, de 1972 à 1995, ont créé en 1973 leur propre troupe qui, du jour où elle s’installe au café-théâtre Le Vrai Chic Parisien, fondé par Coluche, prend le nom de Troupe du Vrai Parisien suite à la donation de ce label que leur fait (gratos) ledit Coluche. Dans cette compagnie, je suis comédien-attaché-de-presse-régisseur-administrateur-balayeur, on n’avait pas peur du cumul des mandats au café-théâtre.

Flashback de deux ans : un beau jour de 1974, Philippe Val, inconditionnel de Léo Ferré, voit un de ces hasards de la vie le mettre en présence du magique pianiste de son idole, ce délirant Paul Castanier dont il a admiré le génie musical durant des années ; seul au piano derrière Léo, Popol remplaçait un orchestre symphonique. En 74, Paul n’a plus trop de boulot depuis qu’il a quitté Léo Ferré l’année précédente, et Philippe lui propose de venir bosser dans notre compagnie. Son copain Frot ne tarde pas à venir nous voir au Vrai Chic, Philippe Val est ainsi heureux d’avoir, sans le vouloir, réuni deux des angles du triangle mythique de la scène anarchisante, Ni Dieu ni maître, des années 70.

Retour début 76 : « On va manger un truc ? » dit Philippe Val qui a toujours faim. On se retrouve tous à la brasserie Le Munich, rue de Buci Paris 6e, un resto qui a le bon goût de servir jusqu’à pas d’heure des huîtres de qualité, et qui nous rafle à chaque fois plus de sous qu’on vient d’en gagner dans la représentation théâtrale du jour. A table, je me retrouve en face de ce Daniel Colling… La plupart des dîners n’ont pas vraiment de conséquences, mais il y a de foutues exceptions, celui-là va incurver mon parcours pour des années.

Daniel Colling

Colling, 30 ans, moustachu comme Frot, taille moyenne, râblé, l’œil malin, talentueux dans sa tchatche, conséquente – il a le verbe facile et convaincant -, me raconte sa vie. Né à Lunéville, il a été prof dans un lycée technique de Nancy mais, s’emmerdant plus qu’un peu dans l’Éducation nationale, ce passionné de spectacle, doté en prime d’un sens inné de l’organisation, crée dès 1967 une première association dédiée à la chanson française : Forum ; Forum laisse place en 1970 à une seconde assoc’ ayant le même objet : Odeum. Ses programmations de l’époque ? Brassens, Barbara, Nougaro, Reggiani, Moustaki, Ferré… Que du meilleur, n’est-ce pas, dans ce domaine où, à l’époque justement, on compte aussi pas mal de pire. On aura l’occasion d’y revenir. C’est justement à l’occasion de l’organisation d’un concert Léo Ferré en 68 dans la – superbe – salle Poirel de Nancy que Colling va faire une rencontre déterminante pour son avenir, celle du secrétaire-régisseur-factotum de Léo : le précité Maurice Frot. Immédiate sympathie entre ces deux types qui n’ont pas besoin de traducteurs, ils parlent la même langue.

Colling ne veut pas rester à Nancy, ville sympathique mais par trop étroite pour le dynamisme des jeunes entrepreneurs, aussi décide-t-il de passer le pas fin 69 : il file sa dem’ à l’Éducation nationale, monte à Paris. De 70 à 73, on le retrouve directeur de production pour Pierre Gairret, patron des Concerts Mazarine. Pour Gairret puis pour l’Alice Productions de Jean-François Millier, il monte des tournées artistiques et crapahute à travers la France pour les superviser, telle celle d’un Léo Ferré avec le groupe rock Zoo en 1971, ou celle, mémorable, de Ferré-Charlebois en 72, ou encore celles des Alan Stivell, Baden Powell et autres Nougaro. Quand tu es on tour durant cinq ans comme Colling, tu apprends plus qu’un peu ton métier et, accessoirement, tu te lies d’amitié avec une tripotée de gens aux quatre coins de la France, des bonnes volontés, des passionnés œuvrant comme toi dans le spectacle. Notez que ce carnet d’adresse, ce réseau, ces complicités vont s’avérer d’importance pour la suite des événements… Là aussi, on va avoir l’occasion d’y revenir.

En juillet 75, survient un événement qui va marquer Daniel, l’organisation de l’Alice Festival à Cazals, dans le Lot. A la fréquentation des 15 000 folkeux rassemblés en rase campagne, saouls de musique et de chaleur, Colling va attraper un virus, incurable, celui du festival… Ceci expliquant cela, c’est en effet avec ce coup de foudre musical de Cazals que lui prennent ses premières démangeaisons festivalières ; deux ans plus tard, les suites de cette fièvre estivale vont donner le Printemps de Bourges.

Aparté-anecdote : au registre des coups de foudre, je me souviens surtout d’un sacré coup de jus, à Cazals… Si on anticipe d’un cran sur la présente histoire et si on fait un bond d’un an de plus, je me retrouve au second festival de Cazals, été 76 donc, pour lequel Colling m’a réquisitionné. Ça sera d’ailleurs ma toute première formation au titre de régisseur de grande scène, initiation qui me vaudra par la suite d’avoir cette même responsabilité aux fêtes du PSU de la Courneuve que Colling va superviser en tant que régisseur général. A Cazals, plein juillet 76, sécheresse, d’ordinaire on pète de chaud ; ce soir là, orage de canicule, il tombe des cordes. François Béranger s’apprête à monter en scène sous le chapiteau où quelques milliers de festivaliers, impatients, scandent son nom. C’est le moment que choisit un abruti, resquilleur fâché de devoir payer ses trois balles pour entrer sur le site, pour nous couper le jus. A la hache. C’est mon tout premier souvenir de Colling face à l’adversité. Noir total, public qui hurle. Colling me dit « Calme la foule, on va réparer ». Comment que je calme la foule !? J’ai plus de sono. Je chope une lampe torche, monte sur scène, m’éclaire le visage, et je hurle à mon tour, mais juste un peu plus fort que 3 000 personnes et, de mémoire, je vous prie de me croire, a capella, c’est pas facile. Je ne sais plus ce que je leur dis, genre « Tout va bien, on est dans le caca mais soyons optimistes » et je rejoins Daniel au moment où il part en courant, sous les trombes d’eau, pour remonter le long du gros câble électrique alimentant le chapiteau. On n’a pas de mal à repérer où c’est coupé vu que, côté où subsiste le courant, ça étincelle. Colling dit à un type de filer au transfo pour couper la sauce. Le type court, vole. Une minute de flottement toujours sous cette putain de pluie, plus d’étincelles sur le câble, Colling sort un couteau, va pour le dénuder. « T’es sûr ? dis-je, c’est quand même du triphasé 380 volts…
– T’inquiète ! y a plus de jus.
Et vas-y que j’te dénude le câble pour épissure, les godasses baignant dans l’herbe détrempée. Je l’observe, passablement inquiet, m’attendant à le voir décoller comme flèche d’un arc électrique. Et ça va pas manquer, vu qu’une bonne âme, trouvant le disjoncteur à zéro, remet le jus alors que Colling est toujours en train de tripatouiller les gros fils de cuivre. Il se prend une pêche maousse, sûrement pas du 380, il serait mort, mais probablement une bonne phase à 220 ; j’avoue que, sous la pluie, j’ai pas mis le doigt pour mesurer l’ampérage. Daniel scotché, lâche le câble, se rejette en arrière puis hurle : « Quel est le putain de con qui a remis le jus ! » Je fonce ce coup ci au transfo pour recouper la sauce et y rester en garde… Béranger montera en scène avec une demi-heure de retard, et Colling ne grillera pas cet été là ; heureusement, car avec qui aurions nous fait le Printemps ?

Mais revenons à la brasserie Le Munich de 1976 où, avec ce condensé de jeunesse collinguesque, on a eu le temps de finir nos huîtres ; on n’ira guère plus loin ce soir là, à table, que ce reniflage commun où l’on se trouve, et l’un et l’autre, éminemment sympathique. Il se passe quelques semaines, puis un jour Maurice Frot m’appelle au téléphone. « Dis-moi, Jean-Pierre, j’aimerais bien te voir, autour d’un pot ou d’une bouffe, si tu as une heure à perdre. Je viendrai avec Daniel Colling, tu sais le gars de Nancy que tu as rencontré l’autre soir… On voudrait te parler d’un truc. »

Il me semble, mais c’est pas très important et d’ailleurs on s’en fout, que c’est chez moi que se fait cette rencontre. Frot et Colling m’y exposent une drôle d’idée. Daniel caresse le projet d’une sorte d’agence artistique, complètement différente des secrétariats d’artistes classiques. « En fait, dit Daniel, l’idée est de monter une structure, s’occupant d’artistes, mais bâtie en Société Civiles d’Artistes, soit les intérêts des artistes et de leurs représentants mis en commun, sur le modèle d’une société civile d’artistes ayant prouvé son efficacité : la SACEM. On dérogerait ainsi au profil des agences artistiques traditionnelles, tant par l’implication des artistes – ce serait leur société – que par l’autofinancement communautaire, en quelque sorte, et du coup on évite le côté des entreprises à vocation purement commerciale tenues par les sempiternels imprésarios. »

Il faut rappeler qu’on est encore dans les vagues, culturello-socio-politiques, de l’onde de choc mai 68, et qu’il y est plus que question de réinventer un nouveau monde dont le pur profit ne doit plus être la pierre angulaire.
«  Ah, OK, dis-je, j’ai pas tout compris mais je saisis un peu l’ambition des choses… Et donc ?
– Et donc, dit Maurice, on voudrait bien t’embarquer dans cette aventure… »
Maurice avait-il su, par je ne sais quel biais – Popol ? -, que je commençais un peu à en avoir ras le pompon de la troupe du Vrai Chic Parisien (et ce pour différentes raisons qui n’ont rien à voir avec le présent épisode et que je raconterai un autre jour dans mes mémoires) ? Toujours est-il que s’il me fait ce type de proposition, c’est que, peut-être, je suis en état de l’entendre.
« Et on a même le nom de ce secrétariat d’artistes, continue Maurice en riant. Dis-lui, toi, Daniel.
– Écoute s’il pleut, dit Daniel en écho.
– Non, je pense pas, dis-je en tendant l’oreille.
– Non… rit Daniel, Écoute S’il Pleut, c’est le nom.
– Écoute S’il Pleut !? répète-je, ah ouais… c’est… un peu…
– Incongru ? dit Maurice me l’ôtant de la bouche, mais c’est ça qui est génial ! Une entité artistique qui, pour une fois, ne s’appelle pas Art-en-Scène, Art-Media, ou Art-mon-cul-on-the-commode, ça ne s’oublie pas ! C’est comme ton café-théâtre, Vrai Chic Parisien, ça n’évoque pas le théâtre mais, une fois que t’as compris, ça s’impose à la mémoire.
– Et vous l’avez trouvé où, ce nom, si ce n’est pas indiscret ? »
Les deux affidés se marrent. Maurice reprend : « On se creusait la tête pour le nom, balançant tout et n’importe quoi dans la voiture de Daniel en rentrant chez lui dans l’Essonne. A un moment, on est sur le pont qui enjambe une petite rivière dont Colling voit le nom sur un panneau. Comme on en est à sortir tout ce qui nous vient par la tête, il dit tout haut le nom de cette rivière : L’Écoute S’il Pleut

 Maurice Frot : « Mais c’est ça le nom, nom de Dieu ! »

– Et là, poursuit Colling en s’esclaffant, y a Maurice qui hurle dans la voiture – il m’a fait peur : « Tu l’as, tu l’as ! » Qu’est-ce que j’ai ? » que je dis, et Maurice : « Mais le nom, nom de Dieu, le nom ! Écoute S’il Pleut, c’est ça le nom, c’est génial ! »
Et voilà, sans jamais avoir foutu le moindre orteil dans ce ruisseau de l’Essonne, j’ai plongé tête la première dans cet Écoute S’il Pleut, sans me douter que beaucoup d’eau allait ensuite couler sous les ponts et oubliant aussi que les petits cours d’eau peuvent, potentiellement, faire de grandes rivières.

Colling trouve très vite des bureaux rue Vercingétorix, Paris 14e, fenêtres sur cour, pas de lumière, pas chers. Il s’ingénie à fédérer autour de l’entreprise des secrétaires d’artistes un peu fragiles, dans leur quotidien, car bossant depuis leur appart, donc isolés. Il va y avoir Jean-François Foucault, pour le jazz ; Anna Sibert, secrétaire de Mouloudji ; le rocker-folkeux Daniel Bornet, homme de confiance de Malicorne, groupe folk qui casse la baraque dans ces années 70 ; ma propre compagne d’alors, Viviane Dussin, commence là un parcours dans le milieu artistique qui va lui tenir au corps durant des années ; moi, je me retrouve en charge d’une tranche café-théâtre et musique, en toute logique, avec des olibrius tels Font et Val, déjà nommés, Marianne Sergent, Jean-Paul Farré, Yvan Dautin, Michèle Bernard, Bernard Douby… Un peu plus tard, nous rejoindront Béatrice Fay – elle abandonne Bordeaux où elle est organisatrice de concerts pour bosser avec son fiancé, en l’occurrence Daniel Colling -, et Isabelle Plume, aussi aérienne que son nom, qui va gérer des allumés (Higelin, Brigitte Fontaine et Areski…) émargeant à l’époque dans la maison de disque de Pierre Barouh, Saravah.

Notre boulot au jour le jour dans notre fond de cour ? Celui d’un agent d’artistes, à savoir qu’on passe notre vie au téléphone et sur le télex – le fax ne viendra que plus tard et, lui arrivé, on sera encore loin d’imaginer ce que vont être un beau jour les emails – pour trouver des concerts à nos artistes, et optimiser leurs tournées afin de leur éviter le grand écart kilométrique : un jour Dunkerque, le lendemain Toulouse. Et de mémoire, surtout pour les artistes peu connus, c’était jamais du genre simple.

Le premier catalogue d’Écoute S’il Pleut va offrir une longue liste d’artistes, avec des chanteurs ou groupes qui sont déjà vedettes ou en passe de l’être, Mouloudji, Higelin, Lavilliers, Malicorne, Magma, Henri Texier, Daniel Humair, Michel Portal, Bernard Lubat, Dick Annegarn, Areski et Brigitte Fontaine, Yvan Dautin, Font et Val… ainsi qu’une tripotée d’autres, plus jeunots, qui ont encore tout à prouver. En 78, c’est au tour d’Hubert-Félix Thiéfaine, de Charlélie Couture, de Renaud de rejoindre le bataillon ; 66 artistes au total… c’est juste énorme et notre brutale irruption dans le show-biz va en étonner plus d’un, en faire s’esclaffer plein d’autres. D’une manière générale, on ne donne pas cher de la peau de cette Colling Team… et on aura bien tort, car si on pioche quelques noms dans cette addition de talents, genre Higelin, Lavillos, Renaud, Font et Val, Thiéfaine, Couture… on sait maintenant combien cette agence Écoute S’il Pleut a su, avec son nez creux, flairer le vent de l’Histoire…

Fin de cette première époque ; la semaine prochaine, le show versus bizness où les fonds baptismaux du Printemps de Bourges.

par Jean-Pierre de Lipowski

Cet article est extrait du webroman « Otium », de Jean-Pierre de Lipowski, ou, selon les dires de l’auteur, il raconte « sa vie, son œuvre, ses ongles cassés », avec force photos, archives son et vidéos et, accessoirement, humour.

Liens: site de J-P Lipowski

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