Putain de nostalgie !
Par Naqdimon Weil , le 21 novembre 2017

NAQDIMON fait son malin

Évidemment, j’aurais dû te parler des conneries de Plenel, Imam de la Mosquée de Médiapart, qui prend sa moustache pour la barbe du Prophète et toute caricature de sa vaniteuse personne pour une trahison de la Divine Parole. J’aurais également pu t’entretenir des intellos en peau de lapin et des humoristes à la mie de pain qui renvoient dos à dos la rédaction de Charlie, menacée de mort, et celle de Médiapart, menacée dans son orgueil et qui pensent ainsi être au-dessus de la mêlée alors qu’ils sont simplement en dessous de tout. Il aurait été malin de te causer du montage antisémite que cette vieille chose flasque de Filoche a piqué à cet étron gluant de Soral et qui a entraîné de la part de l’ancien inspecteur du travail, non pas une excuse par c’était antisémite mais un vague borborygme parce que c’était pris au mauvais endroit. Ca aurait été malin de te raconter comment Jupiter Macron réinvente la Démocratie participative en étant le seul participant au choix du nouveau chef des Enmarchistes. Tu aurais peut-être voulu savoir comment, à chaque jour qui passe, Wauquiez arrive à mener le pédalo de Les Républicains encore plus à Droite, quitte à attaquer la falaise.

La logique géopolitique exigerait que je te cause de la tarte dans la tronche que vient de se prendre notre cousine Germaine, Tata Angela qui n’a plus de majorité et qui est dans la Gross Scheisse, ce qui risque de nous y entraîner, qu’est-ce qu’on se poile… Et aussi du psychopathe de Pyongyang versus le sociopathe de Washington, des Saoudiens qui veulent casser la gueule des Iraniens mais au Liban pendant que le Hezbollah continue ses massacres en Syrie, et je ne te raconte même pas les derniers rapports catastrophiques sur les camps de migrants en Libye et le réchauffement climatique qui a passé la 4è, histoire de nous arriver plus vite que prévu sur le coin de la tronche.

Bref, y avait de quoi faire et je ne doute pas que mes petits camarades scribouillards ou crobardeurs du Coq vont se faire un devoir de t’informer de tout ça. Seulement, moi qui te cause, j’ai eu 16 piges en 1980. Et quand tu as eu fini tes crises d’acné au début des Eighties, soit tu écoutais du Abba et Celebration de Kool and The Gang, soit tu pogotais sur Clash et tu te déchirais les oreilles avec Touch too much, sur le Highway to hell, le dernier où Bon Scott faisait encore sauter la jeunesse avant de claquer comme un con à même pas 34 ans, et You shook me all night long, poussé à mort dans les aigus par un Brian Johnson au sommet de son art. Soit tu écoutais du Dick Rivers et du Daniel Guichard, mais alors, moi, je ne te causais pas, faudrait quand même pas déconner, non plus. Alors franchement, le lendemain de la mort de Malcolm Young, co-fondateur avec son frère de 16 ans, Angus, d’AC/DC et guitariste rythmique de génie, j’ai pas bien envie de te raconter le marigot politique et de te dire ce que je pense de ceci ou cela, de toute façon, ça n’y changera rien.

Tu vois, ma jeunesse est morte un soir d’octobre 1980, le 29, pour être précis, quand Brassens a cassé sa pipe au lieu de la fumer. J’aime toujours Brassens, Tonton Georges, y a pas mieux pour trousser un texte qui te met sur le cul avec une musique tellement plus complexe que ce que les cons imaginent. Mais question riff, honnêtement, tu repasseras. Un autre soir, en 2002, assis dans un restau avec une demoiselle que j’avais fermement l’intention de pousser à des extrémités que la morale réprouve et Marc Dorcel filme, cette conne m’a pourri la soirée, niqué la libido et fait saigner mon adolescence en m’annonçant, comme si de rien n’était, la mort de Joe Strummer. Et depuis, fini Joey Ramones, ciao Lemmy Kilminster, bye-bye Bowie, et maintenant, c’est Malcolm Young qui défuncte. Brian Johnson est devenu sourd, Phil Rudd s’est barré, Cliff Williams se consacre à la pêche, reste ce pauvre vieil ado d’Angus, mais qui n’est plus que la caricature de lui-même. Et si c’est pour voir Axl Rose se dandiner en poussant des glapissements de teckel castré, merci, mais moi, j’arrête AC/DC. Putain, que c’est loin, ma jeunesse !

Mais où sont les neiges d’antan, bordel ?

par Naqdimon Weil

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