Qu’est-ce qu’un expert?
Par Thierry Rocher , le 16 juin 2020

Thierry ROCHER renvoie la censure

 

A partir de la chronique de la Revue de Presse de Paris Première du 8 juin où j’ai traité des vrais et des faux experts (enfin de la façon de les reconnaître !) je livre aux lecteurs du Coq une adaptation et une analyse généraliste du sujet. Des parties en plus, d’autres en moins par rapport à mon brillant exposé télévisuelle !

Ces dernières semaines, nous avons pu écouter des experts dans tous les domaines, tellement nombreux qu’il a fallu réquisitionner les paperboards qui ont manqué presque autant que les masques. Car un expert, pour être crédible se doit d’avoir un paperboard, à moins bien sûr de travailler à BFM TV, centre d’élevage d’experts bien connu. Le paperboard permet d’être formel car, on le sait, les experts sont formels.

Le tableau, dessiné par l’admirable Frédéric Deligne, vous permet de visualiser l’augmentation des prix en quatre ans, des écran tactiles numériques (de 1000 à 3000 € en moyenne), et la stabilité des écrans tactiles papier, 150 € en moyenne.  Évidemment, un écran à 3000 € permet de mieux comprendre l’exposé, c’est évident, parole d’expert commercial !

Mais comment débusquer les faux experts? Dans le domaine médical, les années de formation sont primordiales pour dire qu’on ne sait pas. On l’a vu avec le Coronavirus. Parfois, un expert peut le devenir avec une formation réduite. Toujours pour le virus, on l’a vu avec le professeur Mélenchon et sa vision d’un avenir apocalyptique qui a permis de sauver de nombreux Français du Covid, puisque, désespérés, ils ont préféré se suicider. Pour être expert, le look compte beaucoup. Prenez le professeur Raoult (enfin… prenez-le, c’est une image) eh bien son look d’Indiana Jones lui a causé du tort et a fait que beaucoup n’ont pas cru à  la date du 9 août comme jour de la disparition à 100% du virus. Je vous le dis mais ça reste entre nous, car vous le savez, expert d’accord, mais en tant que virologie, je peux conserver quelques lacunes.

Les experts politiques, il y en a beaucoup mais attention aux imposteurs; on a vu certains journalistes venir sur les plateaux avec une écharpe bleue ou verte. Mais ça ne trompe pas le téléspectateur éclairé qui sait que la justesse des propos passe par le rouge de l’écharpe.

On voit aussi beaucoup d’experts économiques qui viennent donner les perspectives d’avenir en parlant du passé pour expliquer qu’on ne refait pas l’histoire.  Pour info, ce sont des gens qui sont payés.

L’expert peut-il changer de sujet? Mais oui, on a l’exemple de Pascal Praud, spécialiste du foot, devenu MVDQPST (Moi vous dire quoi penser sur tout), même si beaucoup pense que chez lui, ça tournait plus rond avec un ballon.

Experts de l’humour qui ont fleuri ces derniers temps sur Internet! Et d’ailleurs, un expert de l’humour doit-il être humoriste ? C’est mieux. Quoi de mieux qu’un humoriste pour être critique sur les autres humoristes, qui par définition sont beaucoup moins drôles que lui.

Mais l’expert est souvent accusé d’alcoolisme. L’expert boit, oui l’expert tise. Mais beaucoup sont contre, il s’agit des contre expertises. Oui, le vocabulaire est important. Spécialiste ou expert? Pour n’importe quel sujet, un spécialiste est-il un expert? Par exemple, Monsieur Mac Donald, sa spécialité, c’est la cuisine mais est-ce que Mr Mac Donald est un expert de la cuisine?

Expert, c’est, on le sait, le plus souvent une qualité masculine; un expert. Mais il y a aussi l’experte. On dit experte en repassage, experte du ménage. Il ne faut pas être sexiste et priver les femmes de ces nobles tâches qu’elles affectionnent.

Avant de finir, un coup de chapeau aux experts en assurance qui font l’unanimité de ceux qui n’ont jamais affaire à eux.

Alors, comme disait le célèbre Qi Shi Tsu: «Quand on dit qu’un expert veut noyer le poisson, c’est vraiment qu’il est très fort, très fort d’avoir trouvé un poisson qui ne sait pas nager!»

Par Thierry Rocher

 

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