Question de vie ou de mœurs
Par Guillaume Meurice

Guillaume MEURICE défraye sa chronique


À l’heure de la mondialisation, difficile pour les peuples du monde entier de conserver leurs rites, leurs traditions séculaires. Des habitudes perpétuées au fil des siècles pour le plus grand bonheur des amateurs de particularismes identitaires. Face aux interrogations suscitées par une société globalisée, elles apportent des réponses rarement remises en question.

Il en est ainsi d’une coutume locale des îles Féroé, archipel farouche et sauvage exilé au large du Danemark. Tous les ans, des centaines de personnes se réunissent dans une crique pour s’adonner à un singulier spectacle : se ruer sur des bancs de dauphins, armés de toutes sortes d’objets contondants, dans le seul et unique but de blesser mortellement les cétacés. Ceci dans une mer qui, au fur et à mesure, rougit de honte, et dans un climat de fête et de communion avec la nature. Plus précisément contre la nature.

Dans nos civilisations polissées autant que policières, il est devenu difficile de se défouler à peu de frais. Qui plus est sur des êtres sensibles et pacifiques dont on ne risque aucune vengeance, ni rancune en retour. Qui plus est dans un cadre rendu légal par le folklore hérité des ancêtres. L’extermination de dauphins à la machette et à la barre à mine permet cette catharsis tout en faisant la nique à ceux qui crient Sus aux coutumes !

Évidemment ce spectacle ne va pas sans susciter quelques réactions indignées parmi les défenseurs de la cause animale. Mais combien parmi eux ont réellement assistés à cette cérémonie ? Peut-on se forger un avis objectif sans avoir pris la peine de se déplacer pour essayer de comprendre, sans avoir vécu l’intensité de l’évènement ? Le débat est ouvert. Faut-il avoir vu ou participé à un massacre pour se forger une opinion sur ce dernier ? Comme pour la corrida. Comme pour la lapidation.

Dès lors, pourquoi ne pas imaginer d’autres types de rituels qui perdureront peut-être à travers les époques. Par exemple, crever les yeux d’un panda et le lâcher sur le périphérique parisien. Clouer un koala vivant sur une planche et lui lancer des fourchettes. L’imagination de l’Homme est sans limite dans ce qu’il a le culot de nommer la cruauté animale, la bestialité.

En attendant qu’un jour, une nouvelle coutume décrètera de couper les mains de celles et ceux qui se rendent coupables de telles abominations. Et que les garants du respect des traditions au nom de l’identité culturelle se charge de la faire respecter pour des siècles.

par Guillaume Meurice

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