Reconnaître un gros con d’un antisémite
Par Anthony Casanova , le 26 mars 2013

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

Prenez un Juif… et bien, croyez-le ou non, si vous faites fi de son nez crochu, de son regard libidineux, et de ses doigts fourchus, alors vous vous apercevrez qu’il peut aisément passer pour un étranger lambda. Cependant, malheureusement pour nous, tous les antisémites ne portent pas une petite moustache noire, une mèche sur le côté, et ne se baladent pas le bras tendu pour assister à un « spectacle » de Dieudonné.  C’est aussi pour cette raison que bien des gens n’arrivent jamais à conclure qu’une action est antisémite ou non.

Durant le règne de Sarkozy, au rythme des « petites phrases », il m’est arrivé – et je ne fus pas le seul – d’accuser Claude Guéant, Eric Besson, ou encore Brice Hortefeux d’être un tantinet racistes. Ce à quoi, on me répondait « qu’il ne fallait pas agiter le chiffon infamant du racisme à n’importe quelle sauce, quand bien même elle eut un arrière-goût auvergnat. Ainsi, entre ceux accusés d’agiter en permanence le chiffon du « dérapage » et ceux qui ne pensent jamais à le sortir, s’en suit un débat interminable sur « une phrase aux consonances douteuses » fait-elle de son auteur un raciste/antisémite/homophobe ?

Prenons l’exemple d’un Monsieur qui, rentrant chez lui en s’apercevant que le plombier n’a pas nettoyé après son passage, dirait à sa femme : « ça c’est vraiment un travail d’arabe »… peut-on en conclure que ce type est aussi raciste qu’il est antisémite lorsque il balance à son frère, n’ayant pas pris la peine de lui proposer le dernier carré de chocolat, : « oh le juif, tu pourrais partager ! » ? Et je ne parle pas du moment où ce même Monsieur – oui, Monsieur est très con – dit à son pote de bistrot : « on va pas partir sans avoir terminé la bouteille, on est pas des pédés. » Ce Monsieur, je vous pose la question, est-il à 100%, 30%, 18%, 0,1% raciste/antisémite/homophobe ?

En voyant les slogans de la « manif pour tous », personne – à juste titre – ne se gêne pour dire que ça transpire la haine du pédé. Alors pourquoi dès qu’il s’agit d’antisémitisme, tout le monde cherche des excuses, parle d’exagération, ou de zèle excessif ? Si l’on analyse la phrase de Mélenchon sur Moscovici lorsqu’il déclare que ce dernier est un « salopard » qui à « un comportement de quelqu’un qui ne pense pas français, (mais) qui pense finance internationale ». On peut, certes, comprendre ceux qui disent que le judaïsme de Moscovici n’est pas gravé sur son front. Alors serait-ce simplement de la maladresse ? Sans doute, mais pourquoi devrait-on se priver de la souligner ?

L’autre vrai problème que pause la sentence de Mélenchon, c’est de dire que Moscovici ne raisonne pas « français ». Pour un type qui nous cause sans cesse « d’international » au point d’en chanter le refrain, on peut se questionner sur l’intérêt de penser « français » pour résoudre un problème à Chypre ! Il aurait pu dire que Moscovici a « un comportement de quelqu’un qui ne pense pas socialiste, humaniste ou de gauche », mais que vient foutre la nation dedans ?  Parce que dans ces cas-là, on va avoir du mal à faire l’Europe et en résoudre les problèmes, si le critère c’est de « penser français ». Et pourquoi pas polonais ?

Tout ça pour dire aux supporteurs de Mélenchon, que le grand dilemme de la saillie de leur héros sur le « salopard » Moscovici est de savoir si elle tend plus de l’antisémitisme ou de la grosse connerie ?
Mais je comprends qu’il n’est pas aisé de désillusionner les fans de Jean-Luc… il faut se mettre à leur place, ils pensaient avoir un nouveau Jean Jaurès, et ils se retrouvent avec un autre Beppe Grillo.

par Anthony Casanova

# [Les derniers articles de Anthony Casanova]

Patrick FONT - Souvenirs d'un cowboy d'opérette