Romain Rouanet

Né la même année que la chute du Mur des Allemantations marquant la fin de l’apartheid entre les les gentils boches de l’Ouest et les méchants soviétiques de l’Est, il est ainsi beaucoup plus familier des promesses de l’écologie que celles du communisme. Plus solitaire qu’un ver, il préfère se comparer à un diamant par souci de narcissisme. Il commence à griffonner des histoires en cours de français sous la pression de l’Éducation Nationale et comme Dieu, il vit que cela était bon. Il continue donc d’écrire, d’abord en vers et contre tout, influencé par les poètes du micro d’argent et la linguistique nerveuse du détroit de Michigan, puis passe à la prose quand on lui offre du Pierre au pied du sapin, épiphanie littéraire, qui lui rappelle d’ailleurs beaucoup les enseignements de son père, mais avec de plus jolis mots et des phrases plus longues.

C’est aussi grâce aux femmes de sa vie qu’il doit son salut. La première, reine maternelle, qui lui a transmis les gènes de la sensibilité artistique sans rien demander en retour. La seconde, sirène aux cicatrices, qui lui a dit qu’il ne suffit pas de se croire bon écriveur, il faut donner des preuves au monde pour qu’il le croit aussi. Et la troisième, princesse bisontine, qui a passé son temps à l’insulter de mec talentueux juste pour qu’il se sente bien et ne décroche pas de son paragraphe pour aller engloutir des pintes. La première a donc posé la graine, la seconde a fait germer et la troisième a fait pousser. Qui a dit que les femmes devaient rester dans la cuisine alors qu’elles sont si douées pour le jardinage ?

Un jour, dans un moment d’égarement paniqué, il envoie ses maux en direction des Bruyères sans plus y croire que s’il avait proposé un cappuccino à Alice David. Et pourtant Maître Casanova, sur son laricio perché qui tenait en son bec un figatellu, bonjour les stéréotypes, lui offre sa chance. Depuis, il est un résident du poulailler, cerné par d’illustres référents, et sans vouloir se vanter, ça le rend aussi fier qu’un Coq en pâte.

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