La rue est à nouEs… pardon, à nous
Par Christophe Sibille , le 27 novembre 2018

Christophe SIBILLE et sa lectrice

 

Bonjour à toi, ô ma lectrice. Et, puisque tu veux des nouvelles du pays des meufs… de la nébuleuse des féministes, pardon, hé ben, je vais t’en donner. Puisque tant il est vrai que, le 24 novembre, a été organisée une «marche des femmes.» Pour gueuler contre les agressions sexuelles et sexistes. Nonobstant mon propos initial, (putain, je vais finir chez Finkie, moi), la première chose qu’on peut dire, (en élémentaire bon sens), c’est d’affirmer que ce genre de manifestation ne devrait évidemment pas avoir lieu d’exister.

Si les hommes, (qui sont les principaux agresseurs, quand-même), se comportaient vraiment en hommes, c’est à dire en prenant leurs compagnes dans leurs bras, en cuisinant avec elles de bons petits plats pour les déguster avec un bon vin choisi ensemble, (mais sauf si c’est du Saint Pourçain, faut pas déconner non plus! D’ailleurs, tu connais le dicton emblématique de la légitime défense: «œil pour œil, saint Pourçain»), et en laissant la femme de sa vie sortir seule le soir pour aller raconter plein de conneries sur lui avec ses copines pendant qu’il garde sa bière en regardant le match de foot avec les mômes en gardant sa bière. Ou l’inverse, pardon. (Mais non, l’inverse entre la bière et les mômes! Je sais bien, ô ma lectrice, que tu n’aimes pas le foot! Sans ça, tu ne serais pas ma lectrice! Par contre, la bière, putain, ce n’est pas le greffier qui lape ta part!) Et en mettant le réveil à deux heures pour aller la chercher chez sa pote, car les rues sont de moins en moins sûres.

La deuxième chose, c’est évidemment que, (vu que cette marche a, hélas, des raisons d’être), c’est que les hommes qui en sont et qui en ont, (des convictions que ce soit ça, être un homme, tu avais cru quoi), y aillent défiler avec leurs moitiés. Qui, vu que la femme est en tous points supérieure à l’homme, (bien des femmes vous leur diront), auraient plutôt prétention à être leurs doubles. Ben ouais, on veut, manifester avec (nos filles et) nos compagnes! Et tout contre elles, même que! Sauf que certaines ont manifesté la volonté d’inclure un espace non mixte dans la manif. Ben oui, qu’est-ce que tu veux, il y a une forme de féminisme qui ne supporte les hommes et les femmes ensemble que séparés.

Tu me diras, pendant qu’elles sont occupées à trier leurs semblables entre couillophores et mamelliformes, elles ne font pas de bêtises inutiles. Du genre confectionner quelques banderoles pour la venue en France d’Asia Bibi, qui se terre dans une bicoque au Pakistan, pendant que des centaines d’islamistes fanatisés tapent à toutes les portes pour la déterrer, la pendre et la crucifier parce qu’elle a bu un verre d’eau pas catholique. Évidemment, je ne suis pas le seul que cet ostracisme énerve. Et voici la réponse, sur «twitter», d’un nommé H. de M. de B., (oui, visiblement, un qui est passé entre les gouttes il y a deux cent vingt-neuf ans): «Ça me fait toujours grincer des dents, les hommes qui ne supportent pas les espaces non-mixtes. Parce que c’est l’espace public lui-même qui peut être considéré comme un espace non-mixte, où les femmes n’osent pas s’aventurer, par peur d’y être interpellées, harcelées, agressées.»

Mais t’es qui, toi, pour parler au nom «des» femmes? Tu les connais toutes? Ou ça t’excite le nœud de les «essentialiser»? (oui, ce verbe «essentialiser» m’énerve aussi, mais d’abord, c’est ma chronique, merde, et ensuite, si tu en as un mieux, je prends.) Ou alors, tu espères que cette bonne intention qui pave les enfers indigénistes et autres va t’ouvrir quelques plumards de gonzesses rendues béates par ta grandeur d’âme? Les mecs qui arborent en sautoir leur carte du club des mecs plus féministes que l’arène me cassent presque autant les ovaires que les gros machos prêts à foutre une beigne à une nénette montrant ostensiblement qu’elle n’apprécie pas qu’on lui dise pour la neuvième fois en cinq-cent mètres qu’avec les lèvres qu’elle a, elle doit sucer à la vitesse d’une Maserati «gran turismo.»

Bref, malgré la présence de Rokahya Diallo, de Caroline de Haas, malgré ce parfum de victimisation permanente, malgré les intersectionnelles, malgré celles (et ceux) qui brandissent le voile comme un étendard en comparant le droit de s’en couvrir à celui de mettre une minijupe ou du rouge à lèvres, malgré les philotransgenres non binaires à pois mauves, c’est quand même sympa de voir que ce rassemblement somme toute globalement pacifique, un peu universaliste malgré tout, et aux revendications claires et légitimes, a compté cinquante pour cent de participants de plus que l’autre, celui qui a voulu cramer la plus belle avenue du monde.

Il faut dire que le deuxième s’est épanoui avec le soutien de Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon, et François Ruffin. Et sous leurs applaudissements, m’sieurs-dames!

par Christophe Sibille

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