Scent of a Woman
Par Manon , le 9 avril 2013

MANON et les filles de joies

Margaret a rendez-vous avec Xavier samedi pour la nuit, il l’a eu quelques jours avant au téléphone pour convenir de l’heure, et il lui a demandé d’amener plusieurs tenues.
Lorsqu’il reçoit un message « Je suis désolée, je vais avoir 15 minutes de retard », il rigole, elle en a déjà 20 ! « Pas de soucis, prends ton temps ! ». Elle sonne à l’interphone, et quand elle arrive devant la porte, elle est surprise de la voir entrouverte.
– Entre, lui dit Xavier.
« Il est bizarre, songe Margaret, c’est la première fois qu’on m’accueille comme ça ! C’est un peu… goujat !  » Elle entre et découvre un homme d’une cinquantaine d’années en fauteuil roulant qui l’attend dans le salon, une bouteille de champagne sur la table. « Merde, c’est vrai qu’il m’avait dit qu’il était en fauteuil ! Faut que j’arrête de faire 20 000 trucs quand je téléphone, j’imprime rien sinon ! ».
– Bonsoir, Margaret, enchantée !
– Xavier, enchanté ! Tiens, assieds-toi, champagne rosé comme prévu !
Ils discutent un moment, puis :
– Tu es très belle, très élégante, parfait pour le restaurant ! Qu’as tu amené d’autre comme tenue ?
– Comme tenue ? Bah, ça, dit-elle en montrant sa robe, et ce qu’il y a en dessous, pourquoi ?
– Heu… je sais pas, c’est juste que je t’avais demandé si c’était possible que tu amènes plusieurs tenues, et vu que tu m’avais dit oui, sans soucis…
– Merde ! Je suis un boulet ! Désolée ! Ben, le restaurant n’est pas très loin de chez moi, alors si ça te va, tu me déposes chez moi 2 minutes et je prends des affaires…
– Ok ! Ca me va.

Ils passent un long moment à parler, puis partent pour le restaurant, en route elle récupère deux-trois affaires chez elle. Tout se passe très bien, ils rentrent et Margaret s’assoit en petite tenue, sur ses genoux. Ils finissent le champagne, fument et refont le monde.
– Si ça te dit, je vais aller dans la chambre me mettre au lit. J’aimerais que tu changes de tenue, j’aime beaucoup cet ensemble-là ! Te presse pas, fini ton verre et rejoins-moi, ok ?
– Ok.
Margaret s’apprête à quitter ses genoux quand elle remarque un camion de pompier passer devant l’immeuble :
– Hummmm c’est pour ça que tu veux qu’on passe aux choses sérieuses, tu as invité des amis pompiers ?
Il rigole, un deuxième camion passe.
– Surpriiiiiiiise ! Et oui, et comme tu peux le voir, j’ai mis le paquet !
– Oh oui ! Un troisième camion ! C’est trooooooop gentil !
– Ah, chérie, tu sais, tu m’as tellement séduit entre l’apéro et le restaurant que je me suis dis « Allez, sors-lui le grand jeu !  »
Margaret se met à sautiller sur ses genoux en claquant des mains
– Les pompiers ! Les pompiers ! Les pompiers ! Ouiiiiiiiiiiii !
Ils éclatent de rire tous les deux, elle se lève, commence à se changer et le laisse aller se mettre au lit.

– C’est bon, tu peux venir.
Elle le rejoint dans sa chambre, ils s’embrassent et continuent à parler un petit moment.
– Dis-moi, tu aurais de l’eau ? Le champagne c’est bien mais ça n’hydrate pas !
– Oui, désolé, j’ai oublié d’en prendre ! Y’en a dans le frigo.
Margaret se lève, sort de la chambre et se dirige vers la cuisine. Dans l’entrée elle s’arrête « Je suis bourrée ou vraiment y’a de la fumée qui passe sous la porte ? ». Elle s’approche, et ouvre la porte : on n’y voit pas à un mètre !
– Heu… Xavier ? Dis-moi, y’a de la fumée dans le couloir… on fait quoi ?
– Y’en a beaucoup ?
– Ben… oui ! Je pense qu’on ferait mieux de descendre, non ? Pourvu que ça n’ai pas bloqué les ascenseurs, bonjour les 3 étages en le portant, se dit-elle.
– Oui, habille-toi !
Elle prend ses affaires, et ils quittent l’appartement. Là, dans la fumée, ils croisent des pompiers en train de frapper aux portes :
– Bonsoir, on a un petit soucis, comme vous pouvez le voir je suis en fauteuil roulant, vous me portez pour descendre les gars ? rigole Xavier.
– Non, vous pouvez prendre l’ascenseur, l’incendie était au sous-sol, on le maitrise, mais on fait évacuer pour la fumée. C’est lequel votre appartement ? Parce qu’on est obligé de défoncer les portes à la hache quand personne ne répond…
– Oui, ça serait con de péter la mienne ! La 14 au fond !

Ils descendent avec un pompier, et sortent de l’immeuble. C’est l’hiver, les températures sont largement négatives, Xavier n’a pas pris de manteau et Margaret ne s’était pas vraiment habillée en pensant devoir affronter ce froid glacial plus longtemps qu’un trajet voiture-apparement-restaurant ! Peu à peu, tous les résidents descendent, certains portent des manteaux de ski, des moufles et des bonnets.
– Eux au moins, ils ont pensé à s’habiller ! J’ai l’air de quoi moi en robe et talons ? Je sais que j’aurais aimé dévergonder un pompier, m’enfin là…, rigole Margaret.
– C’est vrai qu’il fait un froid ! Dites les gars, vous savez combien de temps on va rester dehors ? C’est quoi qui a cramé ?
– C’est une voiture en sous-sol, le feu est éteint mais y’a beaucoup trop de fumée, on va devoir désenfumer, ça risque de prendre un bon moment, je dirais 2-3h avec l’extracteur.
– Super ! soupire Margaret. Eh, t’imagines s’ils avaient défoncé la porte pendant qu’on était en pleine partie de jambe en l’air ? Je crois que j’aurais halluciné, vu ce que je t’ai dit avant.
– Ah, bah, je t’ai pas menti ! Tu les voulais les pompiers, chérie ? Régale-toi !
– Mouais, je voyais ça plus… chaud en fait.
Quand les pompiers mettent en place l’extracteur de fumée, le bruit est assourdissant, Xavier regarde Margaret assise par terre :
– Bon… et sinon, samedi prochain… t’es libre ?

par Manon

# [Les derniers articles de Manon]

Patrick FONT - Souvenirs d'un cowboy d'opérette