Un scoop chasse l’autre
Par Thierry Rocher , le 15 octobre 2019

Thierry ROCHER renvoie la censure

On a connu la catastrophe Lubrizol réduite au niveau d’un incident industriel grâce à la disparition de Jacques Chirac, on vient maintenant d’avoir droit au génocide des Kurdes orchestré par l’humaniste turc Erdogan subissant l’écran de fumée de l’arrestation du faux Dupont de Ligonès. Mais visiblement, les rédactions, en particulier celles des chaines de télévision considèrent que les Kurdes, abandonnés depuis toujours n’ont pas le monopole de l’info prioritaire. Les décideurs se disent facilement, qu’après tout, quand on n’en parle pas, ça ne choque pas grand monde.

Une parenthèse: il faudra attendre un peu pour savoir si le faux n’est pas le vrai falsifié. Mais vers qui se tourner pour avoir une confirmation crédible? Et une autre question: combien de journalistes vont-ils voir leur carte professionnelle annulée ? En tout cas, une refonte des sources policières d’information s’impose. Mais, bien sûr, on le voit régulièrement dans l’actualité, c’est le plus fort, celui qui a le plus d’impact dans la société qui prend la place. Dans la mort, c’est flagrant. Par exemple, si face à un attentat, on apprend la disparition de Giscard, on peut se demander qui l’emportera? Une victoire en Coupe du Monde de foot efface-t-elle la mise en taule d’un ministre ou d’un décideur?

Le plus dur à apprécier, c’est la hiérarchie dans la mort. La compétition est permanente. Si le même jour, disparaissent Sardou et Barbelivien qui aura le plus de projecteurs? Sans doute, ni l’un, ni l’autre; sans doute seront-ils braqués sur la fête organisée par de vrais chanteurs pour célébrer l’événement. Sardou ou Barbelivien, rien à redire, le seul reproche que je puisse leur faire, c’est de chanter en Français. J’exagère: tout chanteur correspond à quelque chose, aux goûts du public à un moment donné, simplement, parfois, c’est bien que le moment s’arrête. J’ai un avantage sur eux: me concernant, aucune vision d’avenir. La mort ne m’offre que le plaisir de la perspective d’un repos que j’ose espérer éternel avec la certitude de la discrétion frisant l’anonymat.

Et à ce moment-là, repos des médias qui auront la sagesse de se taire.

En attendant je promets au public de ne pas me taire à la Grande Poste de Bordeaux (7 rue du Palais Gallien), les 17 et 18 octobre pour deux représentations de « Qi Shi Tsu et moi ».

Par Thierry Rocher

# [Les derniers articles de Thierry Rocher]

Patrick FONT - Souvenirs d'un cowboy d'opérette