Mais où s’en est allé le QI?
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Information essentielle de l’été puisqu’elle n’a duré que le temps d’un clic entre deux coups de soleil: le quotient intellectuel (QI) des Français aurait baissé de 3,8 points entre 1999 et 2009. Cette «information» rapportée par BFMTV en juillet n’a semblé surprendre personne sur le constat de dégénérescence de notre société. Eh oui, c’est un usage bien établi depuis que l’homme de Neandertal se lamentait de l’irrespect de la jeunesse en voyant l’homo sapiens faire des graffitis dans les grottes, toutes les générations imaginent les cons de demain un peu plus cons que ceux d’hier. Ainsi, tels des marchands zélés de dystopie, le futur nous angoisse tandis que le passé nous rassure. Ah qu’il est joli le temps passé où de croisades en inquisitions, de navires négriers à Auschwitz, les livres d’Histoire nous révèlent à quel point la vie «c’était mieux avant».

Cependant, si tout indique que les Clovis de jadis n’étaient pas moins demeurés que les Kevin de la prochaine pluie, une différence notable est à souligner depuis que culture et libéralisme économique filent un parfait et soporifique amour conjugal: les producteurs, directeurs artistique, programmateurs etc. ont compris que l’on n’avait pas besoin du talent pour faire de l’argent. Car s’il n’y a qu’un Mozart par millénaire et qu’un Brassens par siècle, on peut avoir une Danse des canards de façon hebdomadaire. Alors nul besoin de se faire suer le burnous à chercher la perle rare si les perles en plastique sont vendues au même prix.

Les gens ne sont pas «cons» mais les producteurs, directeurs artistique, programmateurs etc. ont envie qu’ils le soient. Ces parasites nourris à la pub et aux parts de marché n’ont, à l’instar de l’ancien PDG de TF1, que l’ambition de fournir «du temps de cerveau humain disponible» à leurs annonceurs. A quoi bon chercher le «nouveau» Michel Polac ou le «prochain» Bernard Pivot si Hanouna a du succès en remplissant son slip de nouilles? Les nouilles ça ne coûte pas cher, alors pour compenser ils peuvent bien payer à prix d’or une tête de nœud, non? Ainsi de Chantal Goya à Maitre Gims, de Patrick Sabatier à Arthur, on déverse à la face du public -qui n’en demandait pas tant- des «stars» qui auront toujours plus de «follower» que de vocabulaire. C’en est à se demander si, tant pis pour notre QI, la médiocrité ne serait pas un synonyme de rentabilité pour ces marchands de soupe lyophilisée.

Devrions-nous alors accuser la grande majorité de la sphère médiatique et artistique pour la perte de ces fameux 3,8 points de QI? Pour répondre à cette question que j’eus l’amabilité de me poser, allons à la source de cette info dont nous causait BFMTV le 24 juillet 2017: La chaîne d’information en continu cite, comme source, une enquête du journal Les Echos sans préciser que celle-ci date du 27 janvier, soit 6 mois plus tôt, et qu’elle rapporte les conclusions d’une étude publiée en 2015 ne se basant que sur un échantillon de 79 personnes. Bref, ce n’est pas de la désinformation mais un cas avéré de non-information. Cette enquête c’est du vent, et la seule chose qu’elle pourrait révéler c’est la chute libre du curseur de déontologie de BFMTV.

La population aimerait bien ne plus être prise pour ce que l’on pense d’elle, et ce serait bien le minimum syndical -dans une démocratie- que les élites cessent de prendre les cons pour des gens.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

 

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