Sista Fourest et Frère Tariq
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Version moderne de «l’Effet papillon», un gazouillis sur Twitter à Hollywood peut provoquer la chute d’un prédicateur islamiste en Suisse. Alors que Tariq Ramadan est venu rejoindre la longue liste des porcs que l’on balance, une invitée surprise fut conviée au casting de «l’affaire Ramadan»: la journaliste Caroline Fourest.

Il faut dire que Caroline Fourest travaille depuis maintenant treize ans à dévoiler Tariq Ramadan. Infatigable malgré les insultes, les calomnies et les menaces, Caroline Fourest n’a jamais perdu une occasion de rappeler la duplicité de cet homme qui fut trop souvent présenté dans les média comme un «intellectuel musulman moderniste». Malheureusement pour Tariq et ses sbires, Fourest a trouvé sur sa route Antoine Sfeir, Gilles Kepel, Mohammed Sifaoui, Jacqueline Costa-Lascoux, Leïla Babès… qui ont participé, avec elle, à enrayer le succès de Ramadan.

Pour avoir osé critiquer l’islamisme politique et ceux qui lui servent la soupe, Caroline Fourest fut accusée d’être une «sérial-menteuse». Quoi de pire pour une journaliste aussi méticuleuse que de voir son travail et ses investigations bazardés du sceau infâme du mensonge. De Pascal Boniface à Edwy Plenel, d’Aymeric Caron à Tariq Ramadan, tous usèrent envers Caroline Fourest de la maxime de Bacon «calomnions, il en restera toujours quelque chose!».

Ce que l’on reproche inconsciemment ou non à Caroline Fourest c’est d’être une femme libre qui entend bien le rester, et pour cela de défendre avec force l’universalisme, les Droits de l’Homme, le féminisme, et, bien sûr, la laïcité. Sans oublier cette clairvoyance qui insupporte ses détracteurs puisque le temps se borne toujours à lui donner raison.

Je relisais, il y a quelques semaines l’un de ses livres, Tirs croisés: La laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman coécrit avec sa complice, Fiammetta Venner, avec qui elle partage le même goût de l’exigence, du courage et de la témérité. Dans ce livre, datant de 2004, Fourest et Venner alertaient déjà sur le danger du mot «islamophobie» et sur l’impasse intellectuelle dans laquelle se perdent ceux qui tolèrent l’islamisme au nom de l’antiracisme. Caroline Fourest est ce genre de personne que l’on déteste parce qu’avec son petit sourire en coin elle vous regarde en vous disant «je vous l’avais bien dit». Mais au lieu de recevoir des excuses ou un simple mea culpa de ses détracteurs, ils redoublent d’animosité envers elle.

En fin de compte, elle a contre elle les fanatiques religieux, les racistes, les antisémites, les illuminés du communautarisme, les nationalistes, les royalistes… ils la haïssent tous. Des barbus aux curés en soutane, des néo-nazis à l’extrême gauche la plus crasse, tous lui reprochent d’appartenir à un camp qui la conspue tout autant.

Les communautaristes l’accusent d’être raciste.
Les racistes la vomissent d’être une sioniste cosmopolite.
Les juifs intégristes la condamnent d’être homosexuelle et contre la politique israélienne.
Les islamistes la conchient d’être homosexuelle, laïcarde et à la solde d’une Europe catholique.
Les catholiques la maudissent d’être homosexuelle et une athée fanatique.
L’extrême gauche lui reproche d’être une réactionnaire de droite.
La droite réactionnaire la juge comme une pasionaria homosexuelle gauchiste…
Et tous, sans exemption, la méprisent d’être toujours et encore «Charlie».

Autant vous dire qu’il faut une bonne dose de vitalité et la noblesse de ne jamais courber l’échine face à la bêtise humaine pour enrager tout ce petit monde qui fait d’elle le symbole de leur haine et de leur peur. Ah qu’ils sont cons, ah qu’ils sont moches ses détracteurs. Bien sûr, nombre d’entre eux n’ont jamais pris la peine de lire ses livres mais à chacune de ses prises de position, ils l’accusent de mentir et d’être la réincarnation du «diable».

Un diable dont il faut à tout prix empêcher les conférences, les débats, les déplacements, bref, de vivre sa vie de journaliste et d’essayiste. Mais tant pis pour les cons et tant mieux pour nous, Caroline Fourest est à la fois le chêne et le roseau: ni elle ne plie ni elle ne rompt, et encore moins sous la pression des salauds.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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